Edito
Auteur d’une lente transformation
Il est un contraste dont on parle peu, s’agissant de l’Esprit de Dieu. La Bible nous présente l’Esprit comme impossible à saisir et utilise pour en parler des images toutes puisées dans des éléments qui nous fascinent, car échappant à nos prises : l’eau, le feu et le vent. C’est qu’Il est sans visage, l’Esprit ; et même s’il est difficile d’imaginer le Père, Jésus nous affirme : « Qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14, 9).
En outre l’action de l’Esprit est elle-même imprévisible, surprenante, parfois soudaine comme ce jour-là à Jérusalem. Si le souffle de Pentecôte inaugure une nouvelle création, comme Celui qui planait sur les eaux lors de la première, s’Il met en route des hommes qui, jusque là étaient paralysés par la peur, Il va les pousser et les accompagner dans la belle aventure de l’annonce de l’Evangile.
Et, là est le contraste : Il va susciter peu à peu, chez ceux qui se fient à Lui, une lente transformation ; c’est celle que nous évoquons quand nous parlons d’un « laisser-faire », d’un «lâcher-prise ». Récemment quelqu’un me disait son agacement d’entendre ces formules, et me parlait de ses résistances issues de sa volonté d’autonomie.
L’enjeu de la transformation que peut opérer l’Esprit n’est rien moins que la naissance à la liberté dont témoignent, après Jésus, ceux et celles qui ont livré leur vie au Souffle de Dieu, au prix de longs combats, au prix fort de ce qui ne s’opère pas en un jour. Oserons-nous nous y risquer ?
Serge Ricaud, curé de Bouliac (Gironde)
Petite séquence de Pentecôte:Le souffle de Dieu planait sur les eaux
Et l’on s’éveillait à un monde nouveau.
Le vent de l’Esprit fait reprendre vie,
Une force nouvelle nous
envahit.
Doux murmure d’une
brise dans le silence.
Qui danse en nous comme une espérance.
Chant qui nous invite à la liberté
Et nous incite à plus de charité.
Feu dévorant qui habite en nos cœurs
Poussant les apôtres hors de leur torpeur.
Flamme qui nous embrase de Ton Amour,
Qu’il nous faut raviver les mauvais jours.
Telle une source d’eau vive jaillissante
Cascade d’eau pure, source apaisante.
Eau qui régénère et nous permet d’Etre
Car c’est d’en-haut qu’il nous faut renaître.
Saurons-nous nous ouvrir à cette naissance ?
Car c’est dans la mouvance de l’Esprit
Que l’on s’ouvre à la Vraie Vie.
Myriam ETEVENARD
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Angoulême (Charente) 


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