les bienheureux du purgatoire sur la façade de la cathédrale d'Angoulême (12° siècle)regroupant les églises suivantes:
St Pierre (cathédrale) / St Ausone / St André / St Martial
et Notre Dame d'Obezine / chapelle de Beaulieu
(plan de la ville)

* Nous sommes le
  
* Nous fêtons aujourd'hui
Cliquez ici pour des infos sur les saints du jour à fêter
* Pour nous écrire: cathedrale16[at]yahoo.fr 
* Pour trouver un article, tapez un mot-clé dans la case RECHERCHER" ... 

NOUVEAU !
Visionner les dernières vidéos d'actualité dans le lecteur à droite

* Retrouvez les versions audio des dernières homélies du P. Braud sur
RCF / Radio Accords 16 le Dimanche à 8h30
Vous pouvez maintenant "podcaster" ces homélies !

Visites ‘spirituelles’ de la Cathédrale d'Angoulême par P. Braud ou R. Houdusse : Mercredi-Jeudi-Vendredi à 18h en Juillet-Août
Mercredi 28 septembre 2005

Homélie du 26° Dimanche – Année A /  25 Septembre 2005

Les combattants du ‘non’ intérieur

Je me souviens de Philippe.
J’étais en paroisse à Paris lors de mes années d’études ; on avait parlé entre prêtres du diaconat permanent. Et aussitôt un visage nous était venu à l’esprit : Philippe.
« Bon sang mais c’est bien sûr ! » (comme aurait l’inspecteur Bourrel naguère dans ‘Les 5 denrières minutes’)
'va travailler à ma vigne'...Pourquoi n’y avait-on pas songé plus tôt ? Car en voyant vivre ce jeune père de famille, la quarantaine, aussi bien dans son métier, son quartier, que sa famille à la paroisse, on se disait : il faut l’appeler au diaconat.
Aussitôt dit, aussitôt fait : je m’y colle au nom de tous.
- « Philippe, on voudrait te poser une question : acceptes-tu de réfléchir sérieusement au diaconat, avec ta femme, en prenant le temps du mûrissement ? »
Et là, à ma grande surprise, il a une réaction très violente :
-
« Jamais de la vie, ce n’est pas pour moi. C’est trop lourd, je n’aurai pas de temps disponible. Et de quel droit vous immiscez-vous ainsi dans ma vie ? »
Et il est parti, très ‘colère’…

Dont acte : je prenais soin de ne plus évoquer la question devant lui.
Mais en même temps, je le voyais inquiet, torturé.
Visiblement il n’était plus à l’aise.
À tel point d’ailleurs qu’il est tombé malade, de ces maladies qu’on ne sait pas à quoi les imputer  tellement elles semblent venir d’ailleurs.
En fait, il s’épuisait  taire la question.
Il luttait intérieurement pour maintenir son « non, je ne veux pas ».
Il se faisait violence, s’empêchait de parler, et son corps parlait pour lui…
Épuisé par les nuits de mauvais sommeil, et travaillé par ce combat intérieur, il vient nous trouver six mois après : « est-ce que ça tient toujours votre invitation à réfléchir au diaconat ? Parce que je sens que je passerai à côté de moi-même si je persistais à dire non sans raisons… »

Jacques Fesch, condamné à mort, guillotiné, converti et mystiquePhilippe est un peu le premier fils de la parabole : une forte tête, qui tient tête à Dieu, non sans panache, mais qui finalement va travailler à sa vigne…
On en connaît tous, des qui ont dit non au début, mais qui finalement se sont révélés être les plus fidèles… Et ce dans les multiples domaines de la vie : de Jacques Fesch, qui se convertit en approchant de l’échafaud, au fils fâché à mort contre son père mais qui n’accepte de le revoir avant que la mort justement ne fige ce conflit pour l’éternité…

Moi, j’admire le courage de celui qui a dit non
 : le courage d’abord de transgresser, d’affronter sa propre liberté en la testant contre celle de Dieu, le courage ensuite de reconnaître qu’il s’est trompé, de revenir sur sa décision avec humilité, et de ne pas avoir honte de changer de route.
Il lui serait peut-être plus facile au moins en surface, d’oublier l’appel entendu, de faire comme si, de ne pas se prendre la tête…

Mais il est comme mon Philippe du début : il découvre que sa décision n’engendre que malaise et amertume. Il fait l’expérience que la fuite devant l’appel de Dieu le fait s’éloigner de lui-même, il constate que son existence, son corps même, sont tourmentés, qu’il n’est pas en paix.
Bref il ose faire face à son malaise intérieur et en tirer les conséquences.

Est-ce que ça vous est déjà arrivé d’être comme enfermé dans une décision que pourtant vous devinez mauvaise ? C’est une vraie prison intérieure que d’être bloqué dans un conflit dont on ne sait pas comment sortir, ou empêtré dans des comportements qui ne nous correspondent plus vraiment…

Qui nous délivrera de nous-même, lorsque nos « non » à Dieu nous mutilent, nous font ces refus qui nous font souffir...souffrir ?
Qui nous donnera la force de reconnaître qu’il n’y a aucune honte à s’être trompé si on le reconnaît et si l’on trouve le courage de revenir sur un choix mauvais ?
Quelle voix amie nous tendra la perche : « ne t’entête pas dans ton refus ; tu vois bien qu’il suffit de revenir vers l’appel de Dieu pour que tu reviennes vers toi ? »

Celui qui dit oui mais fait non, celui qui dit non, mais fait oui :
nous sommes évidemment un mélange des deux fils !
Mais cela fait du bien de nous identifier un instant à celui qui dit non :
-
quels sont les blocages, les refus qui m’ont fait du mal dans mon histoire ?
- quels appels ai-je entendu mais enfouis très vite, sans que cela ne m’apporte la paix ?
- dans quelle situation inextricable me suis-je laissé enfermer dont je sens bien qu’il faudrait un jour que je m’évade ?

Si je prends conscience ainsi de mes « non » en parole pour les convertir en des « oui » en actes, je pourrai également accueillir avec bonté ceux qui se débattent dans leurs propres contradictions.
Celui qui n’a jamais éprouvé ce combat intérieur ne pourra jamais comprendre, aimer et aider les autres combattants du « non » intérieur.

Quelque soit l’acte posé, même le pire des criminels, le plus abject des pédophiles, Dieu ne veut pas sa mort, il ne veut pas la mort du méchant (Ez 18, 25) mais qu’il change de vie.
Un être humain est toujours plus grand que les « non » qu’il profère, plus grand que les actes qu’il pose. Espérer en l’autre, pour qu’il revienne à sa dignité la plus humaine – celle du oui à Dieu – c’est lui redire avec patience et ténacité :
« Viens travailler à la vigne de Dieu ; là tu goûteras des vendanges où la joie déborde.

Que le premier fils de la parabole nous aide à ne jamais désespérer, ni de nous-mêmes, ni de ceux qui semblent dire non à Dieu.
Amen !

par Patrick BRAUD publié dans : Homélies
commentaires (0)    recommander

Un peu d'histoire

cliquez ici pour revenir à la page d'accueil  
Cliquez ci-dessous pour une présentation historique et architecturale:
de la Cathédrale
de l'église St Martial
de la chapelle N.D. d'Obezine


Vidéos d'actualité 
   

Recherche

Stats/ Traduction

depuis Septembre 2005
Web Counter visiteurs
Free Hit Counters pages vues
environ 13 000 visiteurs et 54 000 pages vues par mois actuellement
voila mon Google PageRank™
Pour traduire ces pages en anglais, en allemand ou autre, cliquez sur:
To translate these pages into English, in German or other, click on:
Um diese Seiten in Englisch, in Deutsch oder anderem zu übersetzen klicken Sie auf:


Traduction en anglais

Traduction en allemand

 

Images aléatoires

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Blog : Humour sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus