Angoulême (Charente)
regroupant les églises suivantes:
St Pierre (cathédrale) / St Ausone / St André / St
Martial
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Edito
Une autre proximité, pour ne pas être orphelins
Ils s’étaient habitués à sa voix, à ses coups de gueule et à sa douceur, à sa démarche, à sa familiarité, à ses plongées dans les foules sans faire de différence entre ceux qu’Il rencontrait, comme à ses retraits dans des lieux déserts. Et Lui savait bien qu’Il comptait beaucoup pour eux, puisqu’Il lisait dans le cœur de l’homme à livre ouvert, c’est pourquoi Il se préoccupait de la suite : après sa mort, il leur faudrait naître à une autre présence ; il avait bien des fois essayé de les y éveiller, ils demeuraient tellement les yeux fixés sur Lui.
Saint Jean note souvent qu’à l’approche de ses derniers instants, Jésus accélère dans les confidences qu’Il fait à ses disciples, « afin qu’une fois arrivés ces événements qu’Il leur annonce, ils croient. »
Et c’est ce qui se passera quelque temps après, lorsque relevés de leur abattement par Ses venues furtives et surprises, ils reliront tout ce temps vécu avec Lui, proches de Lui.
Aujourd’hui, Il a ce mot très fort : « Je ne vous laisserai pas orphelins… »
Peut-être avons-nous rencontré des êtres marqués par cette blessure, peut-être y en a-t-il parmi nous ? Quand on voit parfois avec quelle ténacité sont recherchés un père, une mère disparus trop tôt, ou encore non-connus, on mesure le prix de cette familiarité avec ceux qui nous ont transmis la vie.
Et si nous étions orphelins de Dieu ?
Non pas du fait de Dieu, puisque Jésus a promis aux siens une nouvelle proximité, mais de notre fait par oubli, par indifférence, par non-foi. Tant d’êtres aujourd’hui connaissent les abandons humains, les déchirures et les blessures au plus profond d’eux-mêmes et de leur histoire qu’il est difficile alors de croire à la proximité de Dieu, à sa paternité.
C’est sur nous que compte Jésus aujourd’hui pour être de ceux et celles qui disent par leur vie, même dans la plus grande solitude, qu’ils ne sont pas orphelins et qu’il est possible de se laisser aimer et d’aimer comme cela se vit en Dieu lui-même.
Serge Ricaud, curé de Bouliac (Gironde)
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