Même maire, Philippe Lavaud continue de papoter sur Copainsdavant, alors que le conseiller municipal d'opposition Jean-Bernard Bolvin
préfère Facebook •
Vous rêvez de faire partie des amis du nouveau maire d'Angoulême mais vous êtes un peu timide ? Il vous suffit d'aller lui cliquer
sur l'épaule sur le site internet copainsdavant. Sur la fiche perso de Philippe Lavaud, vous découvrirez qu'il a six amis d'école (le nombre a doublé depuis son élection), qu'il aime le rock,
le tennis et la BD, qu'il écoute en boucle la chanson de Calogéro «Un jour parfait», et que le 29 mars, huit jours après son élection, il se sentait «en forme». Un petit clic et, s'il accepte
votre invitation, vous pourrez à votre tour faire partie de son cercle de relations virtuelles.
Monsieur le maire n'est pas le seul charentais adepte des sites «conviviaux». Parmi les 7 millions de Français répertoriés sur copainsdavant, classés par lycée
qu'ils ont fréquenté, par club de sport, par entreprise ou par quartier où ils habitent (avec une carte d'une précision diabolique) on comptait lundi très exactement 6.807 Angoumoisins. Et
sans doute autant sur son concurrent américain Facebook, le premier site social de la planète. Traduit depuis quelques semaines en français, Facebook est devenu le dernier salon où l'on cause
de musique, de sport, de voyages, et même... d'Angoulême.
Les nostalgiques d'Angoulême
Charles Guillard est le chef d'un clan un peu particulier, poétiquement intitulé «Oui... je suis d'Angoulême et je t'emmerde». Cet étudiant en troisième année de
droit à Poitiers, visiblement nostalgique d'Angoulême, où il ne revient plus que le week-end, a créé il y a quelques mois sur facebook le premier «groupe» consacré à la capitale charentaise,
«C'est pour répondre à tous ceux qui se marrent et nous traitent de ploucs quand on leur dit d'où on est», explique ce jeune homme de 22 ans, qui affiche une drôle de religion sur
son profil «clancampbelisme».
Son groupe réunit plus de six cents internautes, disséminés sur toute la planète, «qui assument une quelconque fierté d'être d'Angoulême». Ils s'y
lamentent sur la dernière défaite du SCA ou de l'ACFC, se rappellent leurs années à Guez ou les fiestas du festival de la BD. «Cela permet de retrouver des copains. Mais le piège, c'est
d'y passer beaucoup de temps, avoue Charles. Quand il ne refait pas la place du Champ-de-Mars avec les membres de son club, il y joue au poker, adopte un animal de compagnie ou met en
ligne ses photos personnelles. «Heureusement, je n'ai pas internet dans mon appartement d'étudiant», dit-il, le nez dans ses révisions.
Mitterrand parmi les potes de Sardin !
Car Facebook, c'est comme les Galeries Lafayette d'hier, on y trouve tout: les photos de vacances de son collègue de bureau, les états d'âmes de son ex ou le
courrier privé d'internautes exhibitionnistes. Y compris ce qui n'existe que virtuellement, comme le mouvement des Indépendantistes charentais, parmi lesquels le pourtant républicain
conseiller municipal d'Angoulême Jean-Bernard Bolvin. Sur leur forum, ils se chamaillent comme des Corses, entre canal habituel ou «historiques». Un adolescent d'Echallat s'est mis en tête de
sélectionner l'équipe nationale charentaise de football, pas encore mûre pour la Coupe du Monde. Le directeur de la CIBDI, Gilles Ciment, a sa fiche où l'on apprend qu'il a visité 142 villes
dans 30 pays. Autre élu d'Angoulême, Frédéric Sardin s'enorgueillit de compter François Mitterrand parmi ses 44 amis. En revanche, il est trop jeune pour rejoindre le clan des nostalgiques du
King's, qui ont commencé à se fédérer.
Elise Bernardi, elle aussi, a créé son groupe, qui compte déjà 581 fidèles. Elle se moque avec tendresse de son «Angoumitude», dans un texte savoureux qui commence
par «Tu sais qu'tu viens d'Angoulême quand...» et se poursuit par un inventaire rigolo de tout ce qui fait la Charente «touch»: «Lorsque tu dis qu'tu viens d'Angoulême, soit on
croit que t'es Belge, soit on te parle de la BD», «tu dis débaucher, passer la since, une poche d'Auchan, et ça te saoule qu'on te reprenne, ils ont qu'à sortir de chez eux les
Parisiens».
Cette étudiante bordelaise en psycho, originaire de Fléac n'assume pas totalement. Elle se cache sous un pseudo et sous la photo d'un mannequin glamour. «J'ai
un autre profil sous ma vraie identité mais je n'avais pas envie que certain sachent que c'était moi», s'excuse-t-elle. En revanche, son adresse, en Californie, est purement fortuite:
«Quand je me suis inscrite, je n'avais pas tout compris», avoue-t-elle. Comme cette autre Angoumoisine, qui a failli casser son ordinateur, pour sortir du réseau d'Evansville, où
elle s'était fourvoyée. Cela lui a quand même permis de savoir qu'elle avait «voyagé» dans l'Indiana.
Franco-français, Copainsdavant, désormais gratuit pour faire face à la concurrence américaine, a l'avantage d'être beaucoup plus simples d'utilisation.
«J'hésite à aller sur Facebook, avec toutes les critiques que j'ai lues sur ce site, notamment son côté narcissique», explique le père Patrick Braud, curé de la cathédrale
d'Angoulême et pionnier du site de retrouvailles entre copains d'école. «J'y suis depuis 4 ou 5 ans. Cela m'a permis d'en retrouver plusieurs. J'en ai même invité deux ou trois pour mes
50 ans», témoigne-t-il.
Antoine, lui, préfère les fêtes improvisées. Sur Facebook, ce noctambule incontournable du Vieil Angoulême a trouvé des disciples de sa religion, dans le groupe «Je
pars pour l'apéro, j'oublie de manger, je rentre à l'aube en croix !!!»
La page du nouveau maire d'Angoulême, philippe LAVAUD, sur le site "Copainsdavant"
puisque vous faites référence à l'article de Mr Le Ny paru dans la Charente Libre, je vous envoie le droite de réponse publié par ce même quotidien.
Bien à vous,
Le Bis Boss
Arnaud Richard
Indépendantiste Charentais
Gouvernement Provisoire
Grande Rue
Marthon
Charente Occupée
Le 24 avril 2008
Droit de réponse
Dans un article intitulé « Le dernier salon où l’on cause », Mr Le Ny fait état d’un certain nombre de groupes plus ou moins fantaisistes qui ont élu domicile sur les nouveaux réseaux sociaux constitués sur Internet et particulièrement sur Facebook. Il évoque particulièrement la présence des Indépendantistes Charentais, qui n’auraient d’existence que virtuelle. Nous sommes là obligé de formuler un démenti vigoureux devant une telle méconnaissance de la réalité.
Notre mouvement est bien réel, mais condamné à l’action secrète et à la clandestinité, devant les persécutions dont nous pourrions faire l’objet de par notre audace et notre activisme. Nous sommes attachés à la non-violence, et convaincus que l’Indépendance pourra intervenir suite à un long processus de maturation, qui se fera sur plusieurs générations, voire sur plusieurs dizaines de générations. Elle s’imposera comme une évidence aux yeux de tous, tant il est vrai que le parlé charentais n’a rien de commun avec la langue française, que la gastronomie cagouillarde, épargnée par la mondialisation est propice au mieux vivre, que l’union avec la maritime permettra de constituer un ambitieux ensemble géographique et économique qui a pour vocation de devenir un des moteurs de l’Europe.
Il est par ailleurs entendu que nous serions ravis que Charente Libre prenne le relais de notre combat, étant entendu que nous sommes avant tout attachés à l’indépendance, y compris celle de la presse, et à son sens de l’humour.
Avec nos remerciements pour cette notoriété nouvelle.
Le Big Boss