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Visites ‘spirituelles’ de la Cathédrale d'Angoulême par P. Braud ou R. Houdusse : Mercredi-Jeudi-Vendredi à 18h en Juillet-Août
Vendredi 14 mars 2008
Homélie du 5éme dimanche de Carême, année A, 8 mars 2008.


"Déliez-le, et laissez-le aller" 

 

Au début de notre récit Jésus avertit ses disciples, « cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu ». Si elle ne conduit pas à la mort, elle ne mène pas non plus à la résurrection des fins dernières. Si elle conduit à la gloire de Dieu, alors c’est qu’elle conduit l’homme à la vie. Saint Irénée dira : « la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant ». Ce récit doit donc conduire Lazare et tous ceux qui assistent à ce miracle à la vie. Les juifs viennent de se dire : « Lui qui a ouvert les Yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ». Ces paroles révèlent qu’ils n’ont pas encore compris.

 

Lorsque Jésus ouvre les yeux de l’aveugle, il ne lui rend pas seulement la vue, il lui donne une vie nouvelle. Il fait habiter en lui la lumière qui fait dire à ce nouveau voyant : « Je crois » ; et il se prosterna devant Lui.

Lorsque Jésus aide la Samaritaine à faire la lumière sur sa vie, elle repart  pleine de vie, à tel point qu’elle se fait « première apôtre ».

Lorsque Pierre, Jacques et Jean assistent à la transfiguration, ce qu’ils vivent bouleverse leur vie.

 

Que se passe-t-il, pour Lazare ?

Lorsque Jésus arrive à Béthanie quatre nouveaux jours se sont écoulés. Ce qui se passe n’est pas encore la réalisation de la promesse que nous aurons après la résurrection de Jésus. Ressuscitant le huitième jour, Jésus donnera naissance à une nouvelle création. Pour Lazare, tout se passe le quatrième jour, le chiffre biblique de l’univers. Ce n’est donc pas un nouveau Lazare qui sort du tombeau, c’est un Lazare que l’on va délivrer de ses bandelettes. Jésus donne à Lazare d’être délivré de ce qui l’entrave. Il n’est plus sous l’emprise de la chair, il est maintenant habité par l’Esprit qui l’a fait sortir du tombeau.

 

Saint Paul nous a dit les choses très clairement dans sa lettre aux Romains : « votre corps est voué à la mort, parce qu’il est soumis au péché, mais une fois que vous-même êtes sous l’emprise de l’Esprit vous êtes tout entier voué à la vie et à la vie éternelle ». 

Qu’est ce que cela semble avoir changé dans la vie de Lazare ? Peut-être pas grand-chose, puisqu’on ne reparlera pas de lui dans la suite de l’Evangile. Mais d’ailleurs on ne reparle ni de la Samaritaine, ni de l’aveugle-né.

Et pourtant, la Samaritaine a laissé sa cruche, c’est-à-dire son ancienne vie, faite de séduction et de mensonge.

L’aveugle-né a laissé son ancienne vie, alors qu’il mendiait, cherchant à aller vers un lendemain, aujourd’hui il a trouvé le sens de sa vie.

Quant à Lazare, il est défait de ses entraves et on le laisse aller, c'est-à-dire être toujours plus vivant. Il n’est plus retenu par le péché.

Tous trois ont fait l’expérience de la rencontre avec le Christ et se laissent maintenant habité pas son Esprit.

 

Nous allons entrer dans la cinquième semaine de carême, nous approchant des rameaux où nous chanterons : « hosanna au roi des rois ».

Mais quelles sont les bandelettes qui nous masquent encore la vue, qui entravent nos mouvements ?

Avons-nous été attentifs ces semaines à ce qui chez nous, ressemblait à la possession des apôtres ? Rappelez vous, ils veulent dresser trois tentes, une pour Elie, une pour Moïse et une pour Jésus. Ainsi ils pourront garder leur Dieu à demeure et lui demander ce qu’ils veulent, quand ils veulent. Avons-nous pris le temps de nous laisser surprendre par Dieu, de faire que ce soit lui le maître de nos vies ? Comme la Samaritaine, avons-nous laissé nos séductions au placard ? Au travail, dans notre vie de famille, avons-nous joué, manipulé, sommes nous revenu à la charge avec un gentil sourire, quelques flatteries ? Comme les parents de l’aveugle-né, avons-nous refusé nos responsabilités, avons-nous tuent la vérité ? Si nous découvrons que durant ces semaines nous avons encore laissé de la place à toutes ces choses, ou à d’autres, et bien faisons comme Lazare, laissons-nous délier.

  Giotto: la résurrection de Lazare

Ces gens qui sur l’ordre de Jésus délient Lazare trouvent aujourd’hui leur successeur chez le Prêtre. C’est lui qui aujourd’hui peut nous délier. Si nous entendons le Christ nous appeler, laissons son Esprit entrer et habiter en nous. Laissons-le maintenant dire à un prêtre : « Délie-le et laisse-le aller ».

Cette semaine tâchons donc de faire pénétrer dans notre corps l’Esprit du Ressuscité. Relisons les textes de ce carême et ne cherchons pas à leur faire dire ce que l’on veut mais laissons les nous habiter, que ce soit l’Esprit du Christ Ressuscité qui nous envahisse.

Ensuite nos yeux s’ouvriront derrière nos bandelettes, nous pourrons alors trouver un prêtre pour nous entendre dire : « va et ne pèche plus ». 

Alors à la lumière de l’Esprit, nous découvrirons que, remis dans le Christ, notre péché ne conduit plus à la mort, mais à la gloire de Dieu.

 

Romain Houdusse, diacre

Jn 11, 1-45
Un homme était tombé malade. C’était Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de sa soeur Marthe.
(Marie est celle qui versa du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. Lazare, le malade, était son frère.) Donc, les deux soeurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » Jésus aimait Marthe et sa soeur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura pourtant deux jours à l'endroit où il se trouvait ; alors seulement il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs cherchaient à te lapider, et tu retournes là-bas ? » Jésus répondit : « Ne fait-il pas jour pendant douze heures ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu'il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n'est pas en lui. » Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s'est endormi ; mais je m'en vais le tirer de ce sommeil. »
Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s'il s'est endormi, il sera sauvé. » Car ils pensaient que Jésus voulait parler du sommeil, tandis qu'il parlait de la mort.
Alors il leur dit clairement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n'avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) dit aux autres disciples : « Allons-y nous aussi, pour mourir avec lui ! »
Quand Jésus arriva, il trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem - à une demi-heure de marche environ - beaucoup de Juifs étaient venus manifester leur sympathie à Marthe et à Marie, dans leur deuil. Lorsque Marthe apprit l'arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. Mais je sais que, maintenant encore, Dieu t'accordera tout ce que tu lui demanderas. »
Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu'il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. »
Ayant dit cela, elle s'en alla appeler sa soeur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t'appelle. »
Marie, dès qu'elle l'entendit, se leva aussitôt et partit rejoindre Jésus. Il n'était pas encore entré dans le village ; il se trouvait toujours à l'endroit où Marthe l'avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie, et lui manifestaient leur sympathie, quand ils la virent se lever et sortir si vite, la suivirent, pensant qu'elle allait au tombeau pour y pleurer. Elle arriva à l'endroit où se trouvait Jésus ; dès qu'elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. » Quand il vit qu'elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus fut bouleversé d'une émotion profonde.
Il demanda : « Où l'avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Viens voir, Seigneur. » Alors Jésus pleura. Les Juifs se dirent : « Voyez comme il l'aimait ! »
Mais certains d'entre eux disaient : « Lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? » Jésus, repris par l'émotion, arriva au tombeau. C'était une grotte fermée par une pierre.
Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la soeur du mort, lui dit : « Mais, Seigneur, il sent déjà ; voilà quatre jours qu'il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l'ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
On enleva donc la pierre.
Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m'as exaucé. Je savais bien, moi, que tu m'exauces toujours ; mais si j'ai parlé, c'est pour cette foule qui est autour de moi, afin qu'ils croient que tu m'as envoyé. » Après cela, il cria d'une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains attachés, le visage enveloppé d'un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. »
Les nombreux Juifs, qui étaient venus entourer Marie et avaient donc vu ce que faisait Jésus, crurent en lui.

par Romain HOUDUSSE publié dans : Homélies communauté : Communauté spirituelle
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