Homélie pour la fête de la NATIVITÉ DE MARIE
Samedi 8 Septembre 2007 Notre Dame d’Obezine
Marie naît, ouverture de "l'opéra Jésus"
En ce moment, le journal « Le Monde » édite une série impressionnante d’opéras, vendant les CD des opéras célèbres semaine après
semaine. J’en ai profité pour compléter ma collection ! Et je vous avoue être tombé en arrêt devant l’ouverture de Tristan et Isolde, de Wagner. Longue ouverture,
puissante, riche et complexe comme Wagner aime composer : quelle splendeur ! Et je réfléchissais sur ce genre « littéraire », ou plutôt musical, qu’est l’ouverture
d’un opéra.
C’est uniquement instrumental, alors que tout le reste sera chanté.
C’est une introduction qui doit annoncer les principaux thèmes, à venir sans toutefois les dévoiler entièrement, pour susciter l’attente et le
désir.
D’où un côté apparemment décousu, mais où il y en réalité comme le condensé de l’œuvre, comme le programme à réaliser.
Et si la Nativité de Marie que nous fêtons aujourd’hui était un peu l’ouverture de l’opéra
« Jésus » ?
Une ouverture où il n’y a pas encore de parole » - ce sera pour
après, quand le Verbe sera chair – mais comme une musique biblique : un bébé juif, une jeune fille d’Israël vient au monde pour que le monde se prépare à venir à Dieu.
Une ouverture où les principaux thèmes évangéliques commencent à être exposés : l’humilité, la discrétion, l’obéissance à la loi juive et son accomplissement extraordinaire, notre humanité – car Marie est notre sœur aînée – et en même temps notre
humanité déjà transformée, glorifiée.
Car ces quelques kilos de chair et de sang qu’est Marie à la sortie du ventre de sa mère Anne sont déjà habités en plénitude par l’Esprit de Dieu
qui renouvelle en Marie notre dignité la plus humaine, la plus divine.
Une ouverture qui sert de prélude à la joie, qui introduit à la joie,
sans pourtant savoir encore pourquoi.
Une ouverture qu’il faut réécouter une fois l’opéra achevé, pour
comprendre ce qui y était annoncé, pour savourer à posteriori tout ce qui se jouait là (ex ante !).
Une ouverture pour déchiffrer tous ces moments de nos vies qui lui ressemblent : moments d’annonce, de promesse, moments de joie qui ne sait pas encore pourquoi, moments de petitesse et d’humilité où pourtant une formidable grandeur se
prépare.
Fêter ce prélude à la joie a également des conséquences
sociales.
Impossible de fêter une vie qui commence, sans défendre toutes les vies qui commencent.
Impossible de se réjouir de la Nativité de Marie sans s’engager pour que toutes les nativités soient habitées d’une joie pareille. Le Pape Benoît
XVI s’y est engagé fortement lors de son voyage en Autriche qui dure jusqu’à demain Dimanche 9 Septembre 2007.
Dans son discours aux représentants politiques autrichiens et aux membres du Corps diplomatique en poste à Vienne, le
vendredi 7 Septembre après-midi, dans la splendide résidence impériale de Hofburg, le pape a demandé de défendre le droit à la vie.
« Le droit humain fondamental, le présupposé pour tous les autres droits, est le droit à la vie elle-même », a déclaré Benoît XVI devant un nombre important de parlementaires autrichiens et des
représentants de la culture.
« Ceci vaut pour la vie, de la conception à sa fin naturelle. En conséquence, l’avortement ne peut être un droit humain – il est son contraire », a-t-il expliqué.
« C’est une ‘profonde blessure sociale’ », a-t-il déclaré en rappelant une fameuse expression du cardinal Franz König, défunt archevêque de Vienne.
« En disant cela je n’exprime pas un intérêt spécifiquement ecclésial, a-t-il précisé. Je me fais plutôt l’avocat d’une demande profondément humaine et je me sens le porte-parole des enfants qui
vont naître et qui n’ont pas de voix ».
« Je ne ferme pas les yeux devant les problèmes et les conflits de nombreuses femmes et je me rends compte que la crédibilité de notre discours dépend aussi de ce que l’Église elle-même fait pour
venir en aide aux femmes concernées », a-t-il ajouté.

« J’en appelle par conséquent aux responsables de la politique, afin qu’ils ne permettent pas que les enfants soient considérés comme des cas de maladie ni que la qualification d’injustice
attribuée par votre système juridique à l’avortement soit de fait abolie. Je le dis par souci profond des valeurs humaines », a poursuivi Benoît XVI.
Le pape a également fait référence à « l’aide active à mourir ».
« Il est à craindre qu’un jour puisse être exercée une pression non déclarée ou même explicite sur les personnes gravement malades ou âgées pour qu’elles demandent la mort ou pour qu’elles se la
donnent elles-mêmes », a-t-il déclaré.
Ouverture musicale et défense de la vie se conjuguent ainsi pour fêter la Nativité de Marie.
Que l’Esprit de Dieu, présent en plénitude dans cette naissance, nous aide à y être fidèles !
Amen !
Père Patrick BRAUD
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