les bienheureux du purgatoire sur la façade de la cathédrale d'Angoulême (12° siècle)regroupant les églises suivantes:
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Visites ‘spirituelles’ de la Cathédrale d'Angoulême par P. Braud ou R. Houdusse : Mercredi-Jeudi-Vendredi à 18h en Juillet-Août
Jeudi 23 août 2007
Homélie du 20ème Dimanche – Année C
Dimanche 19 Août 2007
 
La foi qui divise...
 
lu dans « La Charente Libre » du 18 Août 2007 :
« Crise de foi place Saint Martial »
 
quand un enfant est "curieux de Dieu", rien ne peut le faire taire...         C’était un caprice. Mais peut-être un caprice des dieux. Hier après-midi, un petit garçon polisson a piqué une grosse colère, place Saint Martial, à Angoulême. Tombé en pâmoison devant l’édifice religieux planté au milieu des pavés, il a hurlé devant ses parents et ses grands-parents : « Je veux aller à l’église ! Je veux aller à l’église ! » . Interloquée par sa demande saugrenue, la famille, dans un premier temps, n’a pas cédé. Et puis la mamie s’est dite que finalement, s’il n’y avait que ça pour lui faire plaisir, on pouvait faire un effort. Entre la crise de foi et la crise de foie à cause d’un trop plein de bonbons, elle a donc choisi. L’histoire ne dit pas si le bambin ne réclamera pas ensuite sa dose de sucreries. Non mais des fois…
 
Ce gamin faisait l’expérience de « la foi qui divise » dont parle notre évangile.
Sa divine curiosité le conduit à affronter l’hostilité de ses parents, comme nombre d’enfants viennent au caté sans le soutien (ni l’accord quelquefois) de leurs familles : minoritaires chez eux, ils trouvent pourtant le courage de continuer à dire : « je veux aller à l’église ! »...
 
C’est finalement l’expérience des premiers chrétiens persécutés dont cet évangile se fait l’écho : quand il y a des persécutions, des menaces, des dénonciations, même les familles les plus unies peuvent connaître la trahison, les jalousies, les délations. Ceux d’entre vous qui se souviennent de l’occupation par les Allemands en 40-45 ont vraiment entendu parler de tels cas de division dans les familles, entre collaborateurs et partisans, entre ceux qui prenait des risques et ceux qui voulaient parier sur l’ordre établi…
 
        Aujourd’hui encore, croire au Christ suscite de l’hostilité, de l’opposition, des persécutions…
Demandez aux chrétiens de Chine dite populaire si c’est facile de pratiquer sa foi catholique à Pékin.
Demandez aux chrétiens de l’Inde si la liberté religieuse leur est vraiment accordée.
Demandez aux chrétiens de Beyrouth s’ils se sentent en sécurité au milieu du monde musulman.
Demandez aux musulmans d’Algérie, d’Arabie ou pire encore d’Afghanistan s’ils ont la liberté de se convertir au christianisme et de demander le baptême !
Ils sont hélas des dizaines de milliers ceux qui endurent l’hostilité et la persécution à cause de leur foi au Christ. Et même chez nous ! Il suffit d’entendre les moqueries et les insultes qu’endurent des enfants et des adolescents à l’école lorsqu’on tourne en dérision la vie de Jésus, de Marie, ou l’histoire de l’Église Catholique.

Cela rejoint la 2ème lecture de la lettre aux Hébreux : « Jésus, renonçant à la joie qui lui était proposée, a enduré, sans avoir de honte, l’humiliation de la croix ».
la Croix: d'abord une humiliation (lettre aux Hébreux) et une malédiction (Dt)

Ce texte ‘de combat’ est un texte non-violent en fait : il nous invite à ne pas nous décourager lorsque les temps deviennent difficiles pour les chrétiens, en revenant à la Croix du Christ vous êtes des croyants pratiquants, minoritaires dans votre milieu social et dans votre propre famille, en butte à la moquerie ou à l’indifférence ? Pas de panique, c’est normal : Jésus n’a pas le choisi la gloire médiatique, il a reçu la gloire de la Croix : pourquoi choisirions-nous un autre chemin ?
 
C’est donc que la joie « mondaine » n’est pas le critère d’une vie réussie.
 
Il y a un refrain que j’entends souvent : « peu importe ce que tu crois du moment que ça te rend heureux ». Posez la question à des parents : « mon enfant peut faire ce qu’il veut, du moment qu’il est heureux »… C’est comme une dictature du bonheur, érigé en Dieu absolu, sans trop savoir d’ailleurs ce que c’est que d’être vraiment heureux…
Car on connaît des truands heureux ; il y a des maffieux qui nagent dans le bonheur ; et plein d’êtres cruels et inhumains dont la vie se déroule sans problèmes.
Le riche qui refusait de partager avec le pauvre Lazare a eu une existence heureuse.
David qui avait piqué la femme de son général était heureux avec Bethsabée dans son lit.
Les habitants de Sodome s’étaient construits leur plaisir de vivre dans l’homosexualité généralisée de cette ville…
Vous voyez, à force d’idolâtrer le bonheur, on oublie la question de la vérité.
On est prêt à excuser toute pratique financière, conjugale, sexuelle, politique, sous le seul prétexte que chacun à droit d’être heureux comme il veut…
D’où un réel relativisme religieux : peu importe le flacon (Christianisme, Bouddhisme…) pourvu qu’on ait l’ivresse.
D’où un réel utilitarisme religieux aussi : le seul critère n’est pas la vérité ; le seul critère devient l’utilité de ta croyance : « est ce que ça te fait du bien ? Si ça te fait du bien, alors vas-y… »
Si le Christ avait adopté cette philosophie, il aurait fui la Croix à toute vitesse et aurait posé sa pratique de prophète thérapeute dans un petit coin tranquille de Galilée… avec une bonne clientèle !
Non, le critère d’une vie réussie n’est pas le sentiment de bonheur qui l’a habitée. D’ailleurs la joie que propose le Christ est paradoxale. Souvenez-vous : « heureux ceux qui sont persécutés pour la justice… »
 
Que cette eucharistie nous donne le courage d’endurer l’hostilité ambiante si c’est par amour et à cause de notre foi, sans violence et dans le pardon mutuel. Minoritaires ou pas, en butte à la dérision ou à l’indifférence, courrons jusqu’au bout la course de la foi.
 
Ne vous découragez pas, la vraie joie jaillit de la croix plus que du bonheur mondain.
 
La joie n’est pas le but de la vie. Elle est plutôt une conséquence d’une certaine vérité de vie. Elle n’est pas la condition pour aimer ; elle est plutôt comme un cadeau paradoxal qui arrive « par-dessus le marché », lorsque justement elle ne fait pas l’objet d’un marché avec Dieu.
 

P. Patrick BRAUD

He 12, 1-4
Frères, ceux qui ont vécu dans la foi, foule immense de témoins est là qui nous entoure. Comme eux, débarrassons-nous de tout ce qui nous alourdit, et d'abord du péché qui nous entrave si bien ; alors nous courrons avec endurance l'épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l'origine et au terme de la foi. Renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré, sans avoir de honte, l'humiliation de la croix, et, assis à la droite de Dieu, il règne avec lui.
Méditez l'exemple de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité, et vous ne serez pas accablés par le découragement. Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang dans votre lutte contre le péché.

Lc 12, 49-53
Jésus disait à ses disciples : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé ! Je dois recevoir un baptême, et comme il m'en coûte d'attendre qu'il soit accompli !
« Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division. Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ; ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »

par Patrick BRAUD publié dans : Homélies communauté : Communauté spirituelle
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