LE CONSEIL DE DOYENNÉ Á
LA RENCONTRE DES ÉLUS (suite)

Le 5 juin 200, le Conseil Pastoral de Doyenné a donc
reçu Janine GUINANDIE Présidente de la Commission Solidarité (Enfance) du Conseil Général, et Isabelle DELAGE, Directrice Adjointe chargée de la solidarité au Conseil Général.
Le P. Patrick Braud propose à Janine Guinandie de dessiner le paysage de l'agglomération vu de sa responsabilité. Au
cours de son intervention elle laissera volontiers la parole à Isabelle Delage.
QUELLES SONT LES PRINCIPALES DÉTRESSES RENCONTRÉES SUR LA VILLE
D’ANGOULÊME ?
Il y a tout d’abord les 6000 RMI de Charente, dont 3000 pour le seul secteur de Ma Campagne, Gond Pontouvre, Soyaux. Le
Département verse 40 millions d’euros d’aide sociale (dont 35 pour le RMI !)
Les tendances dans chaque quartier
On constate une montée de la paupérisation sur le « Plateau », mais surtout
L’Houmeau, Saint Cybard, la Grand Font.
L’ Opération de Renouvellement Urbain (ORU) marque le quartier de Ma Campagne : la moitié des 850 logements à
reloger ! Cela se fera essentiellement sur Basseau, la Grande Garenne, Soyaux. Les effectifs scolaires diminuent (population déplacée, moins d’enfants). La mixité sociale était
facile et naturelle au début à Ma Campagne, mais elle a évolué. Quelle population viendra sur place suite à l’ORU ?
À L’Houmeau : l’insalubrité de nombreux logements attire
une population qui ne peut plus payer des loyers d’HLM (suite à l’ORU, par exemple). Cela concerne beaucoup de femmes seules avec enfants.
Basseau : la cité compte une forte présence maghrébine, avec jeunes très en difficulté et désoeuvrés. Il suffit d’une dizaine de cas qui pose
problème pour déstabiliser le quartier...
C’est une enclave (du fait de la RN 10). De plus, une hostilité existe depuis longtemps entre Basseau et la Grande Garenne qui contribue à ce cloisonnement.
Sur l'agglomération l’APSA (association spécialisée) a un budget de 500 000 €, pour 10 éducateurs de
quartiers (qui sont dans la rue, le soir, à la rencontre de ces jeunes) ;
Victor Hugo : Le quartier est sans problème majeur, avec un vieillissement visible de la population résidente.
QUELS SONT LES DÉFIS NOUVEAUX DE LA SOLIDARITÉ EN VILLE ?
1. l’errance de certains jeunes
Les travailleurs sociaux font remonter une très forte inquiétude sur l’errance des jeunes en Centre
Ville :
ils ont rompu d’avec leurs parents, pour de multiples raisons, et qui « se débrouillent » pour se loger et
survivre. Ce sont des adolescents avec des
comportements à risques (de la drogue aux tendances suicidaires), mais très difficiles à rejoindre. Une autre population, plus âgée (20-35 ans) se retrouve dans les rues
piétonnes, à Saint Martial ou ailleurs, désoeuvrée et en bandes (avec leurs chiens). Les médiateurs sociaux essaient de garder le contact avec eux.
2. la crise de la parentalité
Beaucoup de parents ne peuvent plus ou ne savent plus comment donner des repères à leurs enfants. Les femmes seules avec
enfants sont encore plus exposées : problèmes d’autorité, d’éducation... À tel point qu’ils en viennent à demander de l’aide pour assumer leur mission parentale. Le défi nouveau est donc
d’aider les parents à être des parents, sans les culpabiliser. Par exemple, les « cafés parents » leur permettant de se retrouver pour débattre de questions éducatives, pour écouter les
avis de conseillers, de psychologues, etc...
3. la solitude des personnes âgées
Les personnes âgées représentent déjà 26% de la population en Charente, et cela ira grandissant jusqu’en 2015 environ
(après, cela baissera à nouveau). Le manque de places en maisons de retraite sera criant jusqu’à cette date.
Les problèmes financiers des personnes âgées sont réels : les épiceries sociales commencent à en voir, et beaucoup.
Le niveau moyen de retraite en Charente (inférieur au national) est de 1200 € / mois. Le Département verse 50 millions d’euros pour l’aide aux personnes âgées en Charente.
En ville, malgré une solidarité intergénérationnelle réelle, les travailleurs sociaux relèvent de plus en plus de cas de
solitude. Ils réalisent qu’ils doivent refaire des visites à domicile, participer à nouveau aux structures locales pour rencontrer ces personnes etc… Reste que tous les besoins sociaux en ce qui
concerne la solitude ne sont pas couverts.
QUELS SONT LES SIGNES D’ESPÉRANCE POUR UNE SOLIDARITÉ RENOUVELÉE EN
VILLE ?
- Redisons-le : la solidarité intergénérationnelle et familiale est encore très
forte. C’est un filet de sécurité qui perdure, heureusement.
- La vie associative est très riche à Angoulême, et notamment dans la solidarité :
il suffit de citer, entrez autres : Angoulême Solidarité / La Colombière… Il y a des bénévoles extraordinaires !
- On a paradoxalement une grande chance d’être dans une "petite" ville : on n’a pas
les méga problèmes des banlieues parisiennes, et on a un réseau de liens suffisamment courts pour être efficaces et faire bouger des situations.
D’après les notes prises par Patrick BRAUD.
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