les bienheureux du purgatoire sur la façade de la cathédrale d'Angoulême (12° siècle)regroupant les églises suivantes:
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et Notre Dame d'Obezine / chapelle de Beaulieu
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Visites ‘spirituelles’ de la Cathédrale d'Angoulême par P. Braud ou R. Houdusse : Mercredi-Jeudi-Vendredi à 18h en Juillet-Août
Jeudi 17 novembre 2005
Homélie du VENDREDI 11 NOVEMBRE
Cathédrale d’Angoulême

VIOLENCES DANS LES BANLIEUES
COMMENT RÉSISTER AU MAL ?


         « Homme, le Seigneur t’a fait savoir ce qui est bien : pratiquer la justice, aimer la miséricorde et marcher humblement devant ton Dieu. » (Michée 6,8)
Et, dans l’Évangile du jugement dernier, Jésus sera encore plus concret que le prophète Michée : « Ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25)

Entre l’inspiration de la Parole de Dieu et notre fête nationale du 11 Novembre, il y a une connivence profonde. Cette connivence est liée à une conviction commune :
la vie des êtres humains, la valeur d’un être humain sont plus importantes que tout en ce monde.
Ce n’est pas une question de morale chrétienne ou laïque.
C’est une question d’humanité.
Et nous avons sans cesse un combat à mener pour affirmer et pour défendre l’humanité de toute personne humaine, à commencer par les plus humiliées ou les plus désarmées devant les duretés de l’existence.

Cet appel, nous l’entendons en ces jours où notre nation doit faire face à une situation de crise, dont les violences  visibles dans les banlieues ne sont que le symptôme. Parce que les voitures ou les écoles qui brûlent  sont révélatrices d’un engrenage de la peur, du mépris et de la haine auquel on ne peut pas consentir.
Nous sommes tous confrontés à un défi qui est probablement durable. Parce que ces explosions sauvages de violence sont aussi l’expression des métamorphoses accélérées qui marquent et qui blessent notre corps social, même dans une ville comme Angoulême et un département comme la Charente, qui semblent relativement tranquilles.

Mais ici comme ailleurs, nous assistons depuis des années à des phénomènes inquiétants que l’on a parfois du mal à reconnaître. Et en particulier l’aggravation des écarts entre des groupes humains et sociaux, avec, ce qui est plus grave, des fossés d’ignorance et parfois de mépris qui se creusent entre ces groupes. D’où un besoin exacerbé de reconnaissance et de respect, et pas seulement de justice sociale.
         Parce que ces situations sont graves et liées à des causes multiples, on peut chercher à y faire face d’une façon simpliste, en demandant : qui est coupable de ce mal et comment punir les coupables quand on les a identifiés ?
 lutter contre le mal, en soi d'abord... autour de soi en même temps        Mais par-delà cette question et cette solution trop facile, il y a une autre question, qui traverse nos cœurs et nos consciences d’hommes et de femmes affrontés au mal : comment résister au mal, surtout quand il prend la forme des destructions sauvages ?
         Sans aucun doute, il faut rétablir l’ordre, en prendre les moyens et soutenir ceux qui sont engagés dans cette défense active de l’ordre public. Mais cela ne peut pas suffire : pour résister au mal, en nous-mêmes, nous avons besoin d’une autre force non violente, celle de nos consciences à qui il est donné de comprendre ce qui a le plus de prix dans l’existence.
         Alors l’Évangile révèle toute sa force, sa force bouleversante. Non seulement parce qu’il recommande la bonté, la justice et la défense des pauvres. Mais parce qu’il est annoncé par quelqu’un qui a payé de sa personne pour pratiquer cet idéal. Et qui a payé tellement de sa personne qu’il sera traité comme un maudit et mis à mort sur une croix, en disant : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. »
        
En ce jour de fête, nous prions pour tous ceux et celles qui ont à exercer leurs responsabilités avec la force de leur conscience, aussi bien dans l’armée que dans toutes les institutions chargées de l’ordre et de la justice. Mais, en même temps, nous prions Dieu pour nous-mêmes : qu’en nous soient vaincues les tentations de la peur ou de la résignation et que nos consciences en alerte nous rappellent quand il le faut ce que la Parole de Dieu proclame : « Homme, enfant de Dieu, n’oublie pas ce qui est bien : pratiquer la justice, aimer la miséricorde, et marcher humblement devant ton Dieu . » Et ne jamais désespérer ni de Lui, ni des autres, ni de toi-même, parce que Lui est toujours libre de reconnaître qu’au milieu des violences du monde, tu demeures capable de fraternité et d’amour, et même de miséricorde.
         Affirmer cela, ce n’est pas de la naïveté, comme on pourra toujours nous le reprocher. C’est un acte de foi qui demande du courage, mais qui va au cœur du mystère de Dieu et de l’être humain.
Ainsi soit-il !
Claude DAGENS, évêque d’Angoulême
par Mgr. Claude Dagens publié dans : Pour réfléchir
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Mercredi 16 novembre 2005

Retrouvez « Première Séance », chronique cinéma de Frédéric Sabourin tous les mercredis sur RCF Accords (Angoulême 96.8) à 7h55 et 18h25 (et RCF Accords Poitiers 94.7 à  7h35 et 18h35)
                                                 Joyeux Noël
79 Ko
de Christian Carion. France, Allemagne, Royaume-Uni, Belgique 2005. 115mn. 500 copies. Avec : Guillaume Canet ; Daniel Brülh ; Gary Lewis : Diane Krüger…

Incroyable mais pourtant vrai : le premier noël sur le front de la guerre 14-18, des soldats français, écossais et allemands sont sortis des tranchées, échangeant champagne, schnaps et whisky, au son des cornemuses et du « Still Nacht ». Le jour même de Noël, ils enterrèrent leurs morts et se laissèrent aller à une partie de foot. Pour un peu on aurait pu s’en tenir là, si les officiers supérieurs n’avaient pas décidés de remettre le couvert une fois la « trêve des confiseurs » terminée, et les chefs sanctionnés par des mutations sauvages sur le front russe.
C’est ce que raconte Christian Carion, auteur il y a trois ans d’Une Hirondelle a fait le printemps. Il lui tient à cœur de réaliser cette partie de l’histoire particulièrement censurée par la hiérarchie militaire. C’était un projet ambitieux, où il mêle les faits réels et le romanesque, notamment avec la présence d’une cantatrice d’opéra sur le front, ce qui est inventé de toute pièce. Mais qu’importe, elle est belle, et que ne ferait-on pas pour le réconfort du soldat… ?
Cela dit, la distribution sert véritablement le film, et les rôles d’officiers écossais, allemands et français (notamment avec un touchant Guillaume Canet) donnent de l’épaisseur au film qui aurait pu verser dans la niaiserie.
Danny Boon, en ordonnance du lieutenant français ancre encore davantage l’histoire dans la région du Nord, durement touchée par cette occupation allemande.
50 KoLes oubliés de l’histoire retrouve ici une vraie valeur, et c’est bon de sortir ce film la veille des commémorations du 11 novembre, où, comme chacun sait désormais, le nombre de « poilus » survivants de cette guerre ne se comptent qu’au nombre de 6…
Joyeux Noël, oui, sans doute le dernier de ces quatre années d’horreur, et justice soit rendue aux allemands qui étaient souvent à l’initiative de ces fraternisations.


Dans les sorties récentes il faut signaler la présence de La Boîte noire de Richard Berry, déjà l’auteur de Moi, César, 1m39, 10 ans et demi en 2003. Un thriller existentiel basé sur une nouvelle de Tonino Benacquista. Un beau rôle confié à José Garcia, remarquable, mais ça on le savait depuis Le Couperet de Costa Gavras.
Arthur est plongé dans le coma après un accident de voiture. Durant sa phase de réveil, il délire à voix haute. Alors qu’il va quitter l’hôpital, une infirmière lui remet un carnet dans lequel elle a noté tout ce qu’il a dit. Il tente de recoller les morceaux incompréhensible. Quelque temps après la police le convoque et lui apprend l’assassinat de l’infirmière.
Richard Berry choisit d’appliquer une esthétique de thriller pour raconter le calvaire d’un homme tentant de déchiffrer ses propres délires. C’est dans vos salles de ciné depuis le 2 novembre.

Plus proche de Top Gun que de la BD originale,
Les Chevaliers du ciel
, de Gérard Pirès débarquent en plein vol cette semaine, avec 490 écrans. Deux pilotes face à une menace terroriste. Benoît Magimel et Clovis Cornillac tentent de faire revivre Tanguy et Laverdure, mais il est bien difficile de ne pas penser à une superproduction qui atteindra sa cible : avec Gérard Pirès, on remplit les salles. Cela dit, il faut reconnaître qu’il se donne les moyens de ses ambitions, ce qui n’est pas la moindre des choses pour le réalisateur de Taxi qui est aussi un pilote aguerri. Tant que les avions sont en vol tout va pour le mieux. Comme on pouvait le craindre, c’est lorsqu’ils atterrissent que tout se gâte… Le film devient ce qu’il est réellement : une sorte de fourre-tout, où les filles trouveront leur compte, et les garçons aussi.

par Fred Sabourin publié dans : Actualités
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Mercredi 16 novembre 2005

Embryons et fœtus avortés : des déchets opératoires ?
les foetus à la poubelle ???La découverte cet été de 351 fœtus et corps d’enfants mort-nés dans la chambre mortuaire de l’hôpital Saint Vincent de Paul à Paris a ému l’opinion publique et même « énormément choqué » le ministre de la santé. Pourquoi ? Alors que 220 000 fœtus sont extraits chaque année du ventre de leur mère, cet évènement invite à s’interroger sur le statut des embryons et fœtus morts.

Déchets opératoires ?
Sont-ils considérés comme entrant dans la catégorie des choses, assimilables à des déchets opératoires au même titre que les éléments du corps humain recueillis lors d’interventions chirurgicales (des veines, une jambe après amputation, le placenta après un accouchement) ? Jusqu’à la loi bioéthique du 6 août 2004, rien n’était prévu par le législateur, même si les prélèvements de tissus d’embryons ou de fœtus humains morts étaient largement pratiqués à des fins thérapeutiques, industrielles ou commerciales. Ils furent l’objet du premier avis du Comité consultatif national d’éthique le 22 mai 1984 qui rappelait  que « l’embryon ou le fœtus doit être reconnu comme une personne humaine potentielle qui est ou a été vivante et dont le respect s’impose à tous ».

Utilisation encadrée des embryons ou fœtus avortés
Désormais, la loi ne met en place un cadre juridique assorti d’un volet pénal que pour leur utilisation. « Des tissus ou cellules embryonnaires ou fœtaux ne peuvent être prélevés, conservés et utilisés à l’issue d’une interruption de grossesse qu’à des fins diagnostiques, thérapeutiques ou scientifiques. La femme donne son consentement écrit après avoir reçu une information appropriée sur les finalités d’un tel prélèvement. Cette information doit être postérieure à la décision prise par la femme d’interrompre sa grossesse » (art. L.1241-5 du code de la santé publique). La loi prévoit aussi que les prélèvements à des fins scientifiques autres que ceux ayant pour but la recherche des causes de l’interruption de grossesse doivent être pratiqués dans le cadre de protocoles transmis préalablement à l’Agence de la biomédecine. Le non respect de ces règles est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.

Quelle élimination ?
Les règles relatives à l’élimination des embryons et fœtus avortés sont d’une rare complexité et à défaut d’un texte clair, on doit procéder par analogie. Un décret du 6 novembre 1997 réglemente l’élimination des déchets d’activité de soins à risque infectieux et des pièces anatomiques recueillies à l’occasion d’activités de soins. Parmi ces pièces, le décret précise qu’il s’agit des membres, organes, fragments d’organes ou de membres aisément identifiables par un « non spécialiste »  pour lesquels l’incinération est obligatoire. Si la loi ne dit rien d’explicite à ce propos, la tendance va dans le sens d’une assimilation déchets des restes d’embryons et de fœtus de moins de 22 semaines et de moins de 500 gr à des déchets hospitaliers. Peut-on accepter que le respect du à ces « personnes humaines potentielles » s’accommode d’un traitement d’incinération ou de désinfection au même titre que les ordures ménagères ?

Un statut pour l’être prénatal ?
Le sort de ces embryons est-il tellement plus enviable que celui de ceux conservés dans les bocaux de Saint Vincent de Paul ? Y a-t-il vraiment là matière à scandale ? Comme le rappelle Claude Sureau, gynécologue obstétricien et membre du CCNE « personne ne s’émeut de ce qui est autrement plus grave à mes yeux, quand un enfant de plus de 22 semaines en bonne santé, meurt à la suite d’un accident de voiture ou  d’une erreur médicale, cette destruction n’entraîne aucune sanction pénale. Cette affaire devrait être l’occasion de réfléchir au statut à accorder à l’être prénatal, vivant ou mort »

L'avis du CCNE
Le Comité consultatif national d'éthique a été saisi à la suite de "l'affaire Saint Vincent de Paul" sur la question du statut du fœtus et sur la conservation des éléments provenant de fœtus et d'embryons. Mais il ne donnera pas de réponse car il s'est déclaré incompétent.

Fœtus et enfants nouveau-nés morts ou mort-nés : quel devenir ?
Le soi-disant scandale des embryons et fœtus retrouvés dans des bocaux à l’hôpital Saint Vincent de Paul conduit à rappeler le cadre juridique relatif au devenir des fœtus, des enfants mort-nés ou nés vivants mais non viables.

La circulaire du 30 novembre 2001
C’est la circulaire du 30 novembre 2001 qui précise les règles en matière d’état civil, d’inhumation ou d’incinération des corps.

Inscription à l’état civil
Les enfants mort-nés ou nés vivants mais non viables peuvent être l’objet d’un acte « d’enfant sans vie ». Leur enregistrement à l’état civil, souvent très important dans le travail de deuil des parents, est possible après un terme de 22 semaines d’aménorrhée ou s’il pèse plus de 500 g.

Tombe d'enfant enBretagne 1999Inhumation ou incinération
La famille peut faire procéder, à sa charge, à l’inhumation ou l’incinération du corps de l’enfant. Quelle que soit la durée de gestation, en l’absence de prise en charge par la famille, et dans un délai de dix jours maximum suivant le décès, l’établissement de santé a l’obligation de procéder à sa charge à son inhumation ou son incinération. Il semble que ces règles n’aient pas été respectées à l’hôpital Saint Vincent de Paul ; aussi le Premier Ministre a-t-il confié à l’Inspection générale des affaires sanitaires (IGAS) une enquête administrative qui déterminera les responsabilités.

Pour ne savior plus, consultez Genethique.org
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par Généthique publié dans : Pour réfléchir
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Mardi 15 novembre 2005
Match Point : la chance vaut-elle mieux que le talent ?

sacré Woody! sa judéité le travaillera jusqu'au bout...C’est la phrase mise en exergue de son film par Woody Allen.
Et notre désabusé Woody répond, depuis son Manhattan adoré : si vous passez à travers les mailles du filet, si vous avez assez de chance pour réussir grâce à vos relations plus qu’à votre compétence, si vous bénéficiez du « pas vu pas pris », alors finalement la vie sera belle pour vous malgré tout…

Son héros, Chris Walton, gagne en effet la « balle de match » du procès pour meurtre grâce au capricieux rebond de l’alliance sur le parapet de pierre, près de l’eau où elle aurait du s’abîmer…
Mais déjà il avait bénéficié de la chance (le « c… bordé de nouilles » comme le confirme la sagesse populaire !) en rencontrant la « fille du patron », Chloé, qui lui fait gravir les étages de l’ascenseur social à la vitesse grand V ; ce qu’il n’aurait jamais pu espérer vu sa condition d’ancien champion médiocre reconverti en moniteur de tennis pour jet set…
Grâce à cette rencontre fortuite, et en se forçant un peu pour essayer d’aimer cette riche héritière, Chris joue dans la cour des grands très vite. Hélas, il n’est pas très doué pour la finance et les affaires. Mais cela ne fait rien : son beau-père lui assure qu’il a mis de côté le pactole nécessaire pour lui et sa fille, quoiqu’il arrive. Il y en a vraiment qui ne méritent pas leur réussite…

Dans son adultère même avec la belle Nola, Chris reste pourri de chance : il réussit à tromper sa femme sans qu’elle découvre le pot aux roses, (malgré quelques doutes), sans non plus que Nola ne devienne trop gourmande. Jusqu’à ce que son amante tombe enceinte : là, pas de chance ! Nola ne veut pas avorter (le lâche Chris s’en serait contenté avec soulagement), et commence à lui faire un chantage insupportable.
vaut-elle la peine de sacrifier son ascension sociale?Chris va-t-il choisir la grande aventure de sa vie, ou renier son enfant et sa passion pour la réussite sociale ?
Le plus écoeurant, c’est qu’il va réussir sur tous les tableaux : grâce au meurtre de Nola enceinte (le seul courage qu’il ait dans le film !) et au meurtre de surcroît de la concierge - pour qu’on croit à un crime de rôdeur, - grâce à un pot de cocu qui va faire endosser le crime à un autre, Chris s’en tire une fois de plus…
Comble du délicieux malaise, le spectateur peut se laisser gagner de sympathie pour Chris, et espérer que oui, il finisse par s’en tirer…

Le diagnostic de Woody sur le fond semble assez réaliste : regardez les « puissants » de ce monde ; bien souvent ils doivent leur position beaucoup plus à la chance, ou au copinage relationnel, aux magouilles de tous ordres, qu’à leur réel talent…

Woody Allen, consciemment ou non (mais avec lui on peut s’attendre à tout), rejoint ainsi un grand thème traditionnel du peuple juif :
comment se fait-il que les injustes et les pervers s’en tirent mieux que les fidèles de Dieu ?
Pourquoi ont-ils cette chance insolente de passer à travers les mailles du filet de la justice, et vivent-ils insolemment au soleil au mépris des pauvres et des justes ?
Pourquoi ont-ils tant de chance, « pas vus pas pris », que tout leur réussit, même la santé, la fortune, le niveau social, alors que les juifs fidèles sont eux persécutés et accablés de malheurs ?
Woody répond, un brin cynique et désabusé à la fin de sa vie : puisqu’il n’y a pas de Dieu, la chance vaut réellement mieux que le talent… ou du moins elle est plus efficace... 
Essayez  toutes les voies, même les plus criminelles, pour réussir votre vie : l’issue dépendra de la chance, du côté du parapet sur lequel rebondit l’alliance (tout un symbole pour un juif également…) ; ne comptez ni sur Dieu ni sur vous-mêmes, votre destin est écrit ailleurs…

Les psaumes affrontaient la même question ; Job encore davantage ; mais eux restaient les yeux fixés sur la transcendance de l’Autre de l’histoire : ici-bas, qui peut comprendre le sens ultime des événements ? Au-delà seulement la pleine vérité de nos vies apparaîtra ; et là, ce ne sera pas une question de chance, mais d’amour…

A history of violence : peut-on changer de vie et renaître vraiment ?

78 KoCe film noir de David Cronenberg est terriblement efficace.
Patron d’un bar de la campagne profonde, Tom Stalls devient le héros local en abattant en état de légitime défense, deux truands de la pire espèce qui menaçaient son personnel.
Et là, tout bascule.
Comme si le bien devait quelquefois appeler le mal en retour…
Car des gangsters de la Maffia débarquent en prétendant reconnaître en lui, le héros à la une des journaux de toute l’Amérique, un tueur de Philadelphie, Joe Cusak, avec qui ils veulent régler leur compte.
La famille de Tom assiste alors médusée, à la résurgence de la figure de Joe Cusak sous l’apparence tranquille de Tom Stalls.
Rattrapé par la violence, dont il a usé légitimement, mais qui fait exploser au vu de tous son ancienne vie dont il voulait se débarrasser, Tom-Joe régresse. Malgré son désir d’une nouvelle identité purifiée qui de fait a transformé son existence depuis tant d’années de vie familiale paisible, il ne sait comment résoudre ce relent du passé, sinon par les méthodes du passé.
Même son fils semble contaminé lui aussi par cette bouffée de violence, comme si la faute des pères retombait sur les fils ("les pères ont mangé du raisin vert, les fils ont les dents agacées" dit la Bible, justement pour contester ce dicton populaire, cf. Ezéchiel 18,2...).
Ayant plus tard éliminé ceux qui le faisaient replonger dans son univers maffieux, on voit Tom revenir à la table familiale sans un mot, sa femme paralysée d’horreur, sans qu’on sache si cette famille va pouvoir se reconstruire une fois le masque arraché…

Là encore, la question posée par le film est redoutable : peut-on réellement changer de vie ?
Peut-on « naître de nouveau » lorsqu’on a fait des choses si graves qu’elles nous ont comme imbibé et métamorphosé à leur image ?
Certes on donne le change, semble dire Cronenberg, mais à la première violence - paradoxalement un acte de courage citoyen ici - l’ancienne violence reprendra le dessus, quoiqu’on fasse…

peut-on se débarraser de ses démons antérieurs (et intérieurs) ?Réflexion très pertinente : nos actes laissent en nous des traces, des conséquences, des effets durables et profonds. Contrairement à l’idée ambiante que rien n’est grave, que le pardon est facilement offert, et qu’on peut toujours se tirer d’affaire, la dure réalité s’impose : ce que nous faisons nous marque au fer rouge, nous marque à vie.

La Bible rajoute seulement - et c’est plus qu’un détail - que si cette renaissance est impossible pour l’homme, elle est au contraire la promesse de l’Esprit en nous.
Nicodème, « né de nouveau » ; Marie-Madeleine, la putain convertie ; Zachée, le collabo réparant ses détournements fiscaux ; jusqu’au « bon larron » qui entrera le premier au paradis alors qu’il n’a même pas pu essayer de changer de vie… : tout l’Évangile fourmille de personnages dont l’identité a changé, sans que la violence première ne puisse ensuite les rattraper.
Par contre, Judas, le jeune homme riche, ou l’autre larron témoignent qu’effectivement « l’histoire de la violence » de Cronenberg a le dernier mot si l’on se ferme à une renaissance « d’en-haut »…

Deux très bons films donc, qui posent deux très bonnes questions…

par Patrick BRAUD publié dans : Humeur
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Dimanche 13 novembre 2005

Le dernier miraculé de Lourdes        
Les obsèques de Jean-Pierre BÉLY à la Cathédrale d’Angoulême Lundi dernier 7 Novembre ont été un événement diocésain, et même au-delà. Il a vécu sa mort avec la même confiance et simplicité qui a marqué son témoignage depuis sa guérison. Sa mort est ainsi un signe de la guérison intérieure qui a transformé sa vie. Un existence au goût évangélique, une foi qui a rayonné dans toute l’Europe, car il n’arrêtait pas de voyager pour répondre aux invitations à raconter son histoire.  En hommage à ce Charentais à travers lequel Dieu nous a parlé, voici un vieil article du journal Le Monde, juste pour retracer son itinéraire, avec les yeux d’un journaliste qui découvre le miracle au-delà, des apparences…


Samedi 21 décembre 2002       (journal LE MONDE)         
 
Jean-Pierre Bély et sa femmeJean-Pierre Bély était grabataire en 1987 lorsqu'il reçut l'onction des malades.  En rentrant chez lui, il marchait.               
Les Bély sont des gens simples. Et rien ne manque à leur décor de ce qui fait le quotidien des gens simples : ni le tic-tac de l'horloge, ni le cadre en bois qui représente un chalet, ni l'inscription enluminée avec les mots "Que Dieu bénisse cette maison et ceux qui la visitent"... On s'attendrait à trouver un nain ou un petit moulin en plâtre dans le jardin de leur pavillon, à La Couronne, près d'Angoulême. Mais c'est une grotte de Lourdes miniature, moussue et couverte de joubarbes, qui accueille le visiteur. Au creux de la rocaille, Jean-Pierre Bély a pieusement disposé une vierge en ciment, "en remerciement", dit-il. Depuis 1999, il est officiellement reconnu comme le 66e miraculé de Lourdes.         
Son bureau n'est pas trop encombré d'images pieuses. Tout juste une vierge en bronze, deux photos de sainte Bernadette et de sainte Thérèse de Lisieux, et un brin de buis béni. Et aussi une photo de lui avec le pape. "Je n'ai pas envie de transformer cette pièce en sanctuaire", plaisante-t-il.          
Quand Jean-Pierre Bély parle de sa maladie, c'est comme s'il racontait un rêve.  "C'est comme une coupure, une blessure qui brusquement s'est refermée. Les détails sont un peu flous. Ma famille s'en souvient mieux que moi." On ressent une impression étrange à entendre cet alerte retraité de 66 ans, qui s'agite sur son tabouret tout au long de son récit, se décrire en fauteuil roulant, puis grabataire.         
Les premiers signes de la maladie se manifestent en 1972, quand il exerce encore sa profession d'infirmier. Une fatigue, des fourmillements dans les doigts et les pieds. Le diagnostic ne viendra qu'en 1984 : sclérose en plaques. Un matin de cette année-là, le malade se réveille avec le côté droit entièrement paralysé. "Les trois années qui ont suivi ont été les plus terribles, se rappelle-t-il. C'est une maladie démoralisante, qui progresse par poussées. On croit ressentir un mieux, et puis, soudain, l'état s'aggrave. A la fin, j'avais les poignets déformés, je ne pouvais plus remuer les mains." Quand Jean-Pierre Bély part en pèlerinage à Lourdes, le 5 octobre 1987, il est grabataire et vient d'être reconnu invalide à 100 % à titre définitif, avec tierce personne.          
Pour la centième, pour la millième fois peut-être, il raconte sa guérison.  Le 9 octobre 1987. C'est la fin de son séjour à Lourdes. Son état n'a fait qu'empirer. Lui ne s'en aperçoit pas, mais les amis qui l'accompagnent ont peur qu'il ne passe pas le voyage. Il faut ici lui laisser la parole.       
Les malades sur l'esplanade de Lourdes"J'étais sur l'esplanade devant la basilique, allongé sur un brancard. C'était la cérémonie de l'onction des malades. L'ambiance était extraordinaire. J'avais l'impression de vivre un moment intense. Après avoir reçu l'onction, j'ai ressenti une paix, une joie, une sérénité extraordinaires. Comme si tout ce qui était mauvais dans ma vie m'était enlevé. Mon stress, mon anxiété, mes scrupules. J'étais euphorique, coupé du monde. J'avais l'impression de flotter. J'étais ailleurs. Mon corps ne comptait pas. Je peux dire que j'ai vécu la guérison du cour avant celle du corps. Cette paix, cette sérénité ne m'ont pas quitté depuis. Et, tous les jours, j'ai l'impression de revivre ce moment.         
"Les brancardiers m'ont ramené dans ma chambre. Quand on m'a déposé sur le lit, j'ai repris contact avec mon corps. Je ne sais pas combien de temps tout cela a duré. Je n'avais pas la notion du temps. J'ai senti un froid. Non pas un froid extérieur, mais l'impression de glisser dans un gouffre froid. Je me sentais partir. Ce n'était pas une sensation agréable. J'allais peut-être basculer de l'autre côté. Et puis, tout à coup, j'ai ressenti une chaleur dans les orteils. Comme une lueur dans le lointain, qui grandit, réchauffe et redonne vie. La chaleur est montée progressivement dans mes pieds, mes jambes, mes muscles, tout mon corps. Au fur et à mesure qu'elle montait, c'est comme si la vie revenait. J'ai eu l'impression d'être tiré par la peau du dos, retiré de ce gouffre froid. Tout cela a dû être très rapide,! mais je n'avais pas la notion du temps. A un moment, je me suis senti comme soulevé, et je me suis retrouvé assis sur le bord du lit, me demandant ce que je faisais là.         
Le soir, on m'a conduit sur mon brancard à la cérémonie de clôture du pèlerinage. Là, j'ai été pris d'une envie irrépressible de me lever et de marcher. Mais, en voyant autour de moi tous les autres malades grabataires, j'ai eu peur de les choquer. A partir de cet instant, j'ai décidé de rester discret. Dans la nuit qui a suivi, j'ai été poussé à me lever. Je sentais dans tout mon être des paroles très fortes qui me disaient : "Allez, lève-toi, marche." Comme une voix intérieure qui s'exprimait avec beaucoup de délicatesse. En voyant que je me retournais dans mon lit, la veilleuse de nuit m'a demandé ce que j'avais. Je lui ai dit que je voulais me lever pour aller aux toilettes. Et j'ai marché pour la première fois. Elle me tenait simplement le bras. J'ai fait mes premiers pas dans la nuit, comme un bé! bé qui apprend à marcher. C'est l'effet que ça m'a fait.         
"Je n'ai pas voulu aller au bureau médical de Lourdes. J'ai minimisé volontairement les choses. A la gare d'Angoulême, j'ai attendu ma femme dans le fauteuil roulant. Dans la voiture qui me ramenait à la maison, je lui ai expliqué que mon état s'était amélioré. C'est quand elle m'a vu monter les marches de l'escalier qu'elle a compris..."         
 
Jean-Pierre Bély ne doute pas du miracle. Il affirme tranquillement : "C'est Jésus qui m'a guéri, et c'est Marie qui a demandé à Jésus de me guérir. Je n'ai pas souhaité particulièrement la guérison. En passant devant la grotte, j'ai dit à Dieu : "Tu me connais, tu sauras me donner le meilleur"." Pour M. Bély, c'est aussi simple que ça. Et si, par hasard, il sent poindre le doute chez son interlocuteur, il reprend à son compte les paroles de sainte Bernadette à propos des apparitions : "Je suis chargé de vous le dire, pas de vous le faire croire." Puis, si l'interlocuteur insiste : "Vous pouvez penser ce que vous voulez, allez voir les médecins."          

Les médecins, justement.
Le docteur Patrick Fontanaud, médecin traitant du malade et agnostique en matière religieuse, ne s'explique pas la guérison. L'imagerie par résonance magnétique (IRM) ne montre plus que quelques lésions minimes et non significatives dans le cerveau, comme des cicatrices.         
Le professeur Bertrand Fontaine, de la fédération neurologie de la Salpêtrière, à Paris, est circonspect : "La sclérose en plaques est une maladie dont les mécanismes ne sont pas bien connus, et dont l'évolution est imprévisible. On a vu des cas de rémission ou de guérison. Mais il s'agit de cas exceptionnels, pour lesquels on ne dispose pas encore d'explication scientifique."         
Le docteur Patrick Theillier croit au miracle. C'est la moindre des choses pour le responsable du bureau médical des sanctuaires de Lourdes. Mais il tient à en définir les limites : "Un malade ne peut guérir que d'une maladie guérissable. Le miracle ne force pas la nature. On n'a jamais vu un trisomique guéri à Lourdes ! En définitive, ce qu'on appelle miracle peut être qualifié en médecine de "rémission spontanée". Pour ma part, je crois que le miracle utilise les voies de la nature, mais par des moyens qui ne sont pas encore connus de la l'eau de la source de Lourdesmédecine." Quand on l'interroge sur l'eau qui coule à flots du sanctuaire, le médecin sourit : "L'eau n'est pas miraculeuse, ou alors ça se saurait. Elle n'a même aucune vertu thérapeutique. Elle n'est que le support de la foi."         
Le cabinet du docteur Theillier ressemble à celui d'un bon médecin de famille, avec sa bibliothèque en bois, ses traités de médecine, ses archives et son ordinateur. La seule différence, c'est un grand crucifix accroché au-dessus de la table d'examen. Patrick Theillier affirme recevoir à peu près trente-cinq déclarations de miracle par an, dont deux ou trois seulement seront considérées comme sérieuses. Les guérisons psychologiques sont systématiquement écartées. Au bout du compte, et après enquête, moins d'une guérison sur cent sera retenue et officiellement reconnue. Les critères sont très stricts : la maladie doit être grave et fatale ; la guérison soudaine, complète et durable. "Le point essentiel consiste à prouver que la personne était bien malade", insiste le médecin.         

Le bon docteur Theillier serre dans ses cartons "deux très belles guérisons" : deux cancéreuses, une Française de vingt-cinq ans et une Italienne d'une soixantaine d'années, qui ont été guéries en 1995. L'enquête est presque bouclée et les deux miracles devraient être reconnus officiellement en 2003. Ce seront les 67° et 68° miraculées de Lourdes.          
A La Couronne, Jean-Pierre Bély a commencé une nouvelle vie.  Une vie de miraculé.  Il n'a pas vu le film de Jean-Pierre Mocky. "Tout ça, c'est des bêtises !" Il a conservé sa carte d'invalide et la pension qui va avec. "C'est quelque chose de définitif. On ne peut pas la supprimer, justifie-t-il. Pour la société, je suis encore en invalidité à 100 %." Il a été confronté aux réactions de son entourage. Il évoque avec humour les bouleversements qu'il a provoqués. C'est d'abord son médecin traitant, qui manque de se trouver mal quand il le voit assis dans sa salle d'attente. Puis les gens de sa paroisse qui pleurent, quand il retourne à la messe. Le curé en chaire, qui annonce sobrement : "Vous connaissez Jean-Pierre, vous savez comment il était quand il est parti à Lourdes, voilà comment il revient..."  Jusqu'à Raymond, le facteur, qui déclare à la presse locale : "Maintenant, je vais être obligé de croire au Bon Dieu !"          
Puis il y a eu l'enquête. Au début, M. Bély ne voulait pas faire reconnaître son miracle. C'est l'évêque d'Angoulême qui l'a convaincu de faire la démarche. Il est allé au bureau médical de Lourdes un an après sa guérison. On l'attendait de pied ferme. Pendant les onze ans qu'a duré l'enquête, il a enchaîné les examens médicaux et psychiatriques. "On voulait savoir si mon raisonnement était normal, si je n'étais pas un illuminé ou un mystique." Une fois par an, il devait comparaître devant un amphithéâtre de 60 à 80 médecins du comité médical international et répondre au feu roulant des questions. "Certains essayaient de me glisser des peaux de banane, se souvient-il. Une fois, il y en a un qui me dit : "Alors, comme ça, vous avez rencontré la Sainte Vierge ! ?" Je lui ai répondu : "C'est vous qui dites ça, pas moi.""         
L'ancien infirmier affirme que sa guérison a provoqué des conversions autour de lui, que des gens se sont rapprochés de l'Eglise après avoir entendu son histoire. "Ma vie a complètement changé, résume-t-il. On me demande des conférences et des témoignages un peu partout." La célébrité a ses inconvénients. Les médias du monde entier ont débarqué dans le petit pavillon de La Couronne. Les télévisions italienne, allemande, mais aussi les Coréens, les Japonais. A Lourdes, le miraculé échappe de justesse à un groupe de dévotes italiennes, qui l'ont reconnu et veulent le toucher, au besoin arracher un morceau de ses vêtements...  Jean-Pierre Bély et les autres miraculés forment une sorte de club très fermé, qui se réunit de temps à autre à Lourdes. "J'y vais une dizaine de fois par an. Je commence toujours par passer au bureau médical. Je demande s'il y a des miraculés de passage. Si c'est le cas, on se rencontre, on prend un pot ensemble..."  
Il y a Jeanne Frétel, guérie en 1948 d'une péritonite tuberculeuse.  
Marie Bigot, guérie en 1953 d'une hémiplégie.  
L'Italienne Delizia Cirolli, sarcome d'Ewing en 1976.  
Et Serge Perrin, ancien hémiplégique, guéri en 1970 et qui vient de mourir. "Les miraculés vivent vieux", note le docteur Theillier. "On a beaucoup de choses à se dire, confie M. Bély. On est passé par les mêmes étapes : la guérison, l'enquête, le témoignage..."          
Certaines institutions hésitent à inviter le miraculé. Elles ont peur de susciter de faux espoirs chez leurs patients. "C'est un raisonnement de bien portants, s'insurge Jean-Pierre Bély. Je n'ai jamais entendu cela de la part d'un malade. Au contraire, tous sont tellement heureux de ce qui m'est arrivé qu'ils y voient un signe d'espérance." "Au fond, lâche le docteur Theillier d'un ton de philosophe, tout malade qui vient à Lourdes espère confusément guérir. Le vrai miracle, c'est que la plupart d'entre eux repartent sans être guéris, mais aussi sans être déçus."          
Xavier Ternisien  

par Le Monde publié dans : Actualités
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