Imposture /
Sin City /
Travaux
on sait quand ça commence
Chronique "cinéma" deFrédéric Sabourin sur les ondes de Radio-Accords 16 (96.8 Mhz), notreradio diocésaine, le mercredi à 18h25, sousle titre "Première séance".
Sin City
Robert Rodriguez.Etats-Unis. 2h03. 400 copies. Avec : Bruce Willis ; Mickey Rourke ; JessicaAlba; Benicio Del Toro
Trois histoires se mêlent, dans un univers qui n'est passans rappeler celui de Pulp Fiction de Tarantino,qui donne un coup de main pour une scène d'anthologie avec cadavre sur le siègeavant de la voiture. Dans la première histoire, Mickey Rourke, méconnaissable,effectue un retour fracassant en colosse incassable qui, de mort en mort, veutvenger celle de l'unique femme qui lui a dit " je t'aime ". Dans ladeuxième histoire, un journaliste devenu détective aide les prostituées de SinCity à retrouver la paix après avoir tué un flic, rompant ainsi la trève
Dansla troisième histoire Bruce Willis joue les héros romantique, pour sauver unepetite fille jadis menacée par les griffes du fils du maire et devenue unegrande et belle go-go danseuse dans un bar louche pour durs à cuire en trenchcoat. Ambiance.
Sin City est un univers stylisé, cauchemardesque et magique: le parti pris graphique est superbe (du noir & blanc éclaboussé dequelques taches de couleurs, notamment le sang), la bande-son en voix off donnede la force au texte, les filles sont incroyablements belles et les hommesincroyablement machos et brutaux.
Robert Rodriguez, à l'aide de ses potes Tarantino etMiller, n'en finit pas de créer des univers, preuve que Sin City ("la ville du péché"), sortede Sodome et Gomorre, a de beaux jours devant elle
Imposture
Patrick Bouchitey. 1h41 mn.120 copies. France, 2004. Avec : Patrick Bouchitey (Serge Pommier) ; LaetitiaChardonnet (Jeanne Goudimel)
Serge Pommier est un prof de lettres en université, etécrivain raté. Jeanne Goudimel est étudiante dans la même fac, elle suit lecours de Pommier, elle a du talent et lui propose de lire le manuscrit de sonpremier roman. D'abord distant, Pommier prend le temps de le lire, et ildécouvre ce qu'il n'a jamais pu écrire lui même. Il enlève Jeanne et laséquestre dans une vieille maison loin de tout, lui vole son manuscrit etobtient, à sa place, la raçon de la gloire.
Pour son deuxième film derrière la caméra (après Lune Froide en 91), Patrick Bouchitey signe une uvreangoissante, à mi-chemin entre le thriller et le drame psychologique, filminégal mais d'excellente interprétation.
La première partie est menée assez rapidement, ladescente " aux enfers " (et en l'occurrence à la cave pour Jeanne)inexorable est traitée avec justesse : dans le rôle du méchant improvisé,Bouchitey est fort.
Puis vient le récit de la séquestration, et quelquesmaladresses de sa part. Heureusement, Laetitia Chardonnet, une jeune première,a la bonne idée de ne pas appitoyer le public avec un jeu trop sensoriel. Assezcurieusement, mais avec brio, elle prend le dessus dans cette vie à demienterrée dans une cave que Pommier aménage peu à peu, afin d'en faire la cagede son nègre, car l'éditeur, fort du succès du premier roman, en réclame unautre
Patrick Bouchitey n'a pas pedru le goût des ambiancessordides ni sa capacité à les porter à l'écran avec quelques économies. Lapeinture sociale du milieu universitaire est assez fine, et cette histoire defrustration littéraire est assez crédible. Reste que la fin est une sorte depirouette maladroite, dommage, car jusque là la narration était originale. Onaurait aimé être surpris jusqu'au bout.
Malgré ça, l'interprétation donne du corps à ce filmd'ambiance, où l'imposteur n'est pas toujours récompensé comme il le voudrait.
Imposture, oucomment illustrer le vieux dicton qui dit que "bien mal acquis ne profitejamais"
Travaux
on sait quand ça commence
Brigitte Roüan. France.1h35. 180 copies. Avec : Carole Bouquet ; Jean-Pierre Castaldi
Chantal est avocate des sans-papiers dans le genre" bo-bo " parisienne chic.
Comme elle est soucieuse de mettre en pratique lesbelles paroles qu'elle plaide à la barre, elle engage une partie de cesclandestins pour faire quelques travaux dans son appart' . Oui mais voilà :l'architecte est mégalo, l'électricien n'a jamais fait autre chose que desmaths, un client qu'elle a défendu aimerait bien s'incruster aussi. Quelquescoups de masse plus tard : que reste-t-il de l'appartement et de la vie deChantal ?
Une chose est certaine : si vous pensez que CaroleBouquet ne peut pas mettre ses jolies petits pieds dans du ciment frais ; voirdes ouvriers ventrus et fessus aux accents colombiens se désabiller sans rougirdevant elle ; se faire appeler " ma pupuce " par Jean-Pierre Castaldi; danser pendant une plaidoirie pour appitoyer le jury : si vous pensez quetout cela n'est pas possible pour cette icône Chanel, alors vous devez allervoir Travaux, on sait quand ça commence
Carole Bouquet rompt avec son image habituelle de femme"trop belle pour nous", et grâce à l'intelligence de Brigitte Roüan(auteur de Post coïtum animal triste) elleassume la tension constante du film entre les travaux (le pire), et laconnivence chaleureuse qui s'en dégage. On la sent souvent au bord de la crisede nerf, très bien aidée il faut le dire par ses deux enfants, ados dans lapleine fleur de l'âge.
Le casting était osé : des acteurs pas acteurs du toutdans la vraie vie, d'autres acteurs pas vus depuis longtemps (Jean-PierreCastaldi et son gros bide), et surtout un revenant qu'il a fallu supplier pourle faire: Aldo Maccione, oui, vous avez bien entendu : Aldo Maccione, Aldo laclasse ! Il apporte sa petite touche personnelle en diva du carrelage, il n'apas changé d'un poil
et dans son cas c'est peu de le dire.
Il va sans dire que ça déménage dans ce Travaux, on sait quand ça commence
, on ritsouvent malgré le léger ennui qui naît dans le dernier tiers du film, sorte defarce qui prouve qu'on peut faire drôle sans tomber dans le comiquepseudo-niçois de surfeur débile
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Angoulême (Charente)
regroupant les
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