les bienheureux du purgatoire sur la façade de la cathédrale d'Angoulême (12° siècle)regroupant les églises suivantes:
St Pierre (cathédrale) / St Ausone / St André / St Martial
et Notre Dame d'Obezine / chapelle de Beaulieu
(plan de la ville)

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Visites ‘spirituelles’ de la Cathédrale d'Angoulême par P. Braud ou R. Houdusse : Mercredi-Jeudi-Vendredi à 18h en Juillet-Août
Mercredi 4 janvier 2006
Homélie de la messe de minuit  le samedi 24 décembre 2005 / Noël cathédrale d’Angoulême / par Mgr Dagens
NOËL : LE GRAND SIGNE DE DIEU AVEC NOUS

            Le prophète Isaïe l’avait annoncé de loin comme une victoire de Dieu : « Un enfant nous est né, un fils nous est donné … On proclame son nom : Conseiller merveilleux, Dieu fort, Prince de la paix. »
            Et l’évangéliste Luc raconte comment cette victoire de Dieu se réalise à travers une naissance : « Voici que Marie a mis au monde son fils premier-né, elle l’a emmailloté et couché dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune … » Et, au même moment, des messagers de Dieu, des anges, annoncent à des bergers cette étonnante nouvelle :
« Aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David … Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né couché dans une mangeoire. »
            Et ces bergers vont devenir les premiers chrétiens, ceux qui accueillent le signe inimaginable de Dieu avec nous en cet enfant, qui est son Fils, Jésus, le Messie, le Seigneur.
         Voilà la raison essentielle de notre rassemblement de ce soir. Je sais bien que l’événement et le mystère de Noël sont aujourd’hui masqués par tout un déploiement extérieur de lumières et de marchandises, dont nous percevons le caractère excessif et artificiel.
         Mais ne nous plaignons pas trop ! Nous avons mieux à faire : laissons l’événement de Noël nous apprendre à devenir ou à redevenir chrétiens, en nous mettant devant ce qu’il y a d’extraordinairement nouveau dans cet événement, et du côté de Dieu quand il vient à nous, et de notre côté, si nous acceptons de reconnaître le signe qu’il nous donne.
         Le signe, c’est l’enfant dans la mangeoire. Un enfant, pareil à tout enfant qui vient de naître : il est là, il vit, il ne parle pas, et pourtant il nous dit que, pour vivre, il a besoin d’être aimé et d’aimer. Dieu est donc totalement du côté de l’amour qui attend d’être accueilli, en cet enfant nommé Jésus.
         Et ceci est un formidable démenti à tout ce que l’on nous serine parfois sur le caractère dangereux de la révélation chrétienne de Dieu. Jean Paul II avait bien raison de nous dire, comme Jésus à ses apôtres : « N’ayez pas peur ! » Et Benoît XVI nous le répète, à sa manière plus douce : « N’ayez pas peur de Dieu ! Il n’est pas une menace, puisqu’il s’expose à être refusé. » « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas accueilli. »
         Comment l'incarnation d'un Dieu désarmé pourrait-elle être une menace?La crèche est là pour nous reconduire à cette vérité essentielle de Dieu que les bergers ont comprise les premiers et que des enfants comprennent aussi à leur manière. Non ! Dieu n’est pas une menace, il ne vient pas pour punir, mais pour sauver, et sa venue n’a rien d’un triomphe, c’est une présence qui ne s’impose pas, c’est une lumière qui n’éblouit pas, qui éclaire doucement et qui réjouit le cœur.
         Voilà le signe de Dieu avec nous et en nous-mêmes, si nous acceptons de vivre en enfants de Dieu et de nous reconnaître les uns les autres comme des enfants de Dieu.
         Sans nous faire d’illusions. Car croire ainsi à l’humanité de Dieu, à sa présence désarmée dans notre monde violent, cela peut apparaître comme un scandale ou une folie. Et sans doute que les bergers de Bethléem ont dû scandaliser leurs compatriotes quand ils sont allés leur dire que le Messie attendu venait de naître dans une étable.
         Et ce scandale-là ne s’arrête pas. Il est d’une actualité permanente, et il passe par le signe actuel du Christ dans notre monde, qui est son Corps vivant, son Église que nous formons à partir de notre baptême.
         Dieu sait et nous aussi que nous souffrons quand nous nous sentons des témoins indignes de la révélation de Dieu que nous avons reçue, et que nous donnons à penser que notre Église serait inhumaine, pour toutes sortes de raisons qui tiennent à nos fautes, à nos maladresses, ou simplement à notre bêtise, et surtout à notre manque d’amour.
         Nous ne pouvons pas célébrer Noël, surtout en cette messe de minuit qui nous rassemble largement, sans reconnaître que le signe actuel du Christ vivant doit être fidèle au signe primordial de l’enfant dans la mangeoire, c’est-à-dire fidèle à Dieu lui-même quand il choisit de tout prendre sur lui de notre humanité, tout, ce qui la rend belle et ce qui la rend fragile, et parfois violente.
         Frères et sœurs, nous avons besoin aujourd’hui de repartir de la vérité du Christ, ou plus exactement de l’Amour invincible de Dieu manifesté en Jésus Christ ! Voilà le langage que nous avons à pratiquer. C’est le langage de la foi qui attend tout de Celui qui est venu parmi nous « chercher et sauver ce qui était perdu ». Et c’est, inséparable de ce langage de la foi, le langage de l’Amour dont le Père des cieux est la source. De l’amour, qui, en Dieu, n’est pas du sentiment, mais un engagement risqué, une alliance indéfectible.
         Ce secret de l’Amour fort de Dieu, je suis sûr que des personnes qui le refusent n’y sont pas du tout indifférentes. Et c’est pourquoi ce soir, dans le silence de nos cœurs, nous prions pour ceux et celles qui ne sont pas avec nous, avec la certitude que rien n’empêche Dieu, dans sa bonté, d’être avec elles.
         Noël nous rejoint dans ce que nous sommes au plus intimeEn cette nuit de Noël, Dieu nous fait signe et nous appelle à devenir son signe. Cessons de voir en Dieu une menace puisqu’il s’engage à nous faire grâce ! N’ayons pas peur de ce qui nous fait mal ni du mal dont nous sommes capables ! La grâce du Christ est plus forte que toutes nos duretés. Je l’ai vu encore cet après-midi à la maison d’arrêt d’Angoulême, chez ces femmes qui ont l’expérience de la violence, mais qui étaient extraordinairement attentives au message de Noël. « La grâce de Dieu,  en Jésus Christ, s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. »
         À nous de nous y convertir ! À nous d’être de ceux qui laissent Dieu leur faire grâce ! Noël n’est pas seulement une trêve dans les violences du monde. C’est une présence qui demeure, si nous apprenons à l’accueillir ! C’est toujours possible ! C’est toujours nouveau ! Seigneur, viens nous en donner le désir et l ‘assurance !
Claude DAGENS
par Mgr. Dagens publié dans : Homélies
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Dimanche 1 janvier 2006
Homélie du Dimanche 1° Janvier / Marie Mère de Dieu
Vœux étranges…

Cette année, la fête de Marie, Mère de Dieu, tombe un Dimanche, en même temps qu’elle marque la période des vœux avec le 1° Janvier. Alors, en contemplant Marie, laissez-moi vous présenter des vœux non-conformes, quelque peu impertinents…

pour ne pas être sourd aux voeux de Dieu sur nous...* Je ne vous souhaite pas bonne année, car qui peut savoir ce qu'est une année bonne ? Des années après, tel événement qui paraissait être une catastrophe peut se révéler être une renaissance ; tel succès apparent devient en réalité un piège ; telle réussite est tellement superficielle qu'elle disparaît bien vite dans les oubliettes de l'histoire.
Je ne vous souhaite pas non plus une mauvaise année, car il n'y a pas besoin d'aller au-devant des ennuis pour progresser…
Regardez Marie : elle ne se sait pas si l’année de la naissance de son fils est une bonne année, mais « elle retenait tous ces événements et les méditait en son cœur »

* Je ne vous souhaite pas la santé, car il y a plein de gens en bonne santé qui crèvent de manque d'amour, alors qu'il y a beaucoup de gens malades qui mesurent l'amour de leurs proches et de Dieu dans leur faiblesse même.
Je ne vous souhaite pas la maladie non plus, car elle n'apporte pas automatiquement la compassion et la solidarité.
Marie semble toute songeuse après l'accouchement...Regardez Marie : on ne nous dit pas dans l’Évangile qu’elle était malade ou en bonne santé. Peu importe à la limite. Par contre, on est sûr de sa santé spirituelle : « que tout se passe pour moi selon ta parole » ; cette santé-là vaut mieux qu’une forme olympique qui ne servirait qu’à faire le mal.

* Je ne vous souhaite pas la richesse, car il y a tant de gens riches qui ne sont pas vraiment heureux ! Ce serait même un obstacle de posséder trop de choses, à en croire Marie : dans son Magnificat, elle ose chanter que Dieu « renvoie les riches les mains vides » ; difficile de vous souhaiter de faire cette expérience-là d’être renvoyés par Dieu…
Je ne vous souhaite pas la pauvreté non plus, car la Bible sait très bien que c’est une source de violence et d’infidélité en tous genres…

* Je ne vous souhaite pas même le bonheur !
Là il exagère, pensez-vous… Tout le monde souhaite être heureux et devrait donc le souhaiter aux autres ! Mais savez-vous ce que « être heureux » veut dire ? N’y a-t-il pas une part d’illusion à rechercher frénétiquement le bonheur comme si c’était le seul but de la vie ? Le vrai bonheur ne nous est-il pas donné
« par dessus le marché », c’est-à-dire par surprise, sans s’y attendre ? Le bonheur à la manière du Christ n’est-il pas paradoxal, imprévu, souvent à contre-courant de nos représentations si humaines ? Comment se souhaiter quelque chose dont nous n’avons finalement aucune idée ?
Marie était-elle heureuse au pied de la Croix  ? Et pourtant c’est là qu’elle est devenue véritablement la mère du Christ, la Mère de Dieu, en l’accompagnant jusque dans sa déréliction même ; et c’est là qu’elle devient notre mère : « Femme, voici ton fils ».
Je ne vous souhaite pas non plus le malheur - évidemment ! - car ce n’est sûrement pas ainsi que l’on accueille le passage de Dieu dans nos vies, à l’image de Marie qui exultait de joie…

* Finalement, ces "non-vœux" ont une couleur très ignacienne.
La "sainte indifférence" ignacienne prescrit en effet de ne pas rechercher telle chose plutôt que telle autre, mais d'accueillir ce qui arrive pour y discerner ce qui conduit à notre épanouissement ultime.
Car le risque, c’est d’instrumentaliser Dieu au lieu de l'aimer pour lui-même :
si je vais à Dieu pour être en bonne santé, c’est que j’aime ma santé plus que Dieu.
Si je vais à Dieu pour être riche, c’est que j’aime la richesse plus que Dieu.
Si je vais à Dieu pour être heureux, c’est que j’aime le bonheur plus que Dieu…


Ignace de Loyola écrivait (en 1548, Préface des Exercices spirituels) :
"Nous devons nous comporter sans faire de différence entre toutes les choses créées, en sorte que, pour ce qui est de nous, nous ne cherchions pas la santé plus que la maladie, ni ne préférions la richesse à la pauvreté, l'honneur au mépris, une vie longue à une vie brève. Mais, de toutes ces choses, il convient de choisir et de désirer celles-là seulement qui conduisent à la fin (= au but ultime)."

* Finalement, présenter ses vœux en début d’année, n’est-ce pas souhaiter du bien à l’autre ? vouloir son bonheur, son épanouissement … ?
C’est le sens de la bénédiction (dire du bien, appeler le bien sur quelqu’un), si importante dans la Bible. Alors , pour que nos vœux soient plus évangéliques, ne souhaitons pas seulement des choses matérielles ! Disons aussi : « je te souhaite un peu d’inquiétude pour revenir à l’essentiel ; un peu de difficultés pour que ta fidélité grandisse ; beaucoup de foi pour traverser tous les événements de cette année, heureux ou éprouvants… » .
* Plus encore, allons jusqu’à présenter nos vœux à ceux que nous n’aimons pas beaucoup (ou l’inverse !), selon la parole de Jésus :
« Bénissez ceux qui vous maudissent » (Lc 6,28), ou de Paul : « Bénissez ceux qui vous persécutent ; bénissez et ne maudissez pas » (Rm 13,14) ou de Pierre : « Ne rendez pas le mal pour le mal, ou l’insulte pour l’insulte ; au contraire, bénissez, car c’est à cela que vous avez été appelés » (1P 3,9). Vaste programme pour « évangéliser » nos vœux pour 2006 !

la bénédiction juive (des cohen)* Les vœux qui conviennent en ce début d’année correspondent davantage à ceux du Livre des Nombres (1° lecture) :
« Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il se penche vers toi ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ! »
C’est ainsi que je bénirai les enfants et les adultes qui s’approcheront pour recevoir la bénédiction aujourd’hui.
Que nos vœux ne soient pas païens, mais chrétiens !
Que Marie, Mère de Dieu, nous apprenne à désirer plutôt qu'à souhaiter, à désirer Quelqu’un plutôt qu'à souhaiter quelque chose, même une bonne année…
Amen !
Père Patrick Braud
par Patrick BRAUD publié dans : Humeur
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Vendredi 30 décembre 2005
Il y a 3 bonnes raisons de penser que Jésus était Noir :
1) Il appelait tout le monde "mon frère"
2) Il aimait chanter la gloire de Dieu
3) Il n'a pas eu un procès équitable

Il y a aussi 3 bonnes raisons de penser que Jésus était Juif:
1) Il a repris l'affaire de son père
2) Il est resté à la maison jusqu'à l'âge de 33 ans
3) Il était sûr que sa mère était vierge, et sa mère était sûre qu'il était Dieu

Il y a aussi 3 bonnes raisons de penser que Jésus était Italien:
1) Il parlait avec les mains
2) Il buvait du vin à tous les repas
3) Il mangeait exclusivement de la cuisine à l'huile d'olive

Il y a aussi 3 bonnes raisons de penser que Jésus était Californien:
1) Il avait les cheveux longs et il était toujours bronzé
2) Il aimait marcher pieds nus
3) Il a lancé une nouvelle religion

Il y a aussi 3 bonnes raisons de penser que Jésus était Manouche:
1) Il n'a jamais travaillé un seul jour
2) Il n'a jamais écrit une seule ligne
3) La police l'a arrêté dans un jardin public où il campait sans autorisation

Il y a enfin 3 bonnes raisons de penser que Jésus était un publicitaire:
1) Son livre est n° 1 au hit-parade depuis sa parution
2) Ses successeurs ont créé un paradis fiscal à Rome
3) Après 2000 ans de réflexion, personne n'est encore sûr d'avoir compris ce qu'il a dit !!!!
par Patrick BRAUD publié dans : Humeur
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Jeudi 29 décembre 2005

Retrouvez « Première Séance », chronique cinéma de Frédéric Sabourin tous les mercredis sur RCF Accords (Angoulême 96.8) à 7h55 et 18h25 (et Accords Poitiers 94.7 à  7h35 et 18h35)
                                                Angel - A



de Luc Besson. France 2005. 1h30. Avec Jamel Debbouze ; Rie Rasmussen ; Gilbert Melki ; Serge Riaboukine…

Autant le dire franchement : on n’aime pas dire du mal d’un film le lendemain de Noël. Mais là, franchement, Luc Besson s’est planté. Pas sur toute la ligne heureusement, mais il s’est bien planté. Angel – A n’est pas un mauvais film en soi. Il n’est pas un film du tout. D’abord parce que l’air de déjà vu est trop présent. Dès la première scène, on pense à La Fille sur le pont de Patrice Lecomte. Tout y est : le noir et blanc, Paris, un pont, des gens qui vont se jeter dans la Seine. Ensuite, on pense aux Ailes du désir de Wim Wenders, avec le côté « les anges vous observent et vont vous dire comment mieux vivre ».
Mais si on a pas vu ces deux films, on se dit que peut-être on va prendre du plaisir. Encore faudrait-il que le scénario soit à la hauteur de l’emballage. Et surtout, qu’on comprenne ce que disent les acteurs !! Car ni Jamel Debbouze, ni l’échassier danois Rie Rasmussen ne parviennent à se faire réellement comprendre. Le premier parce qu’il avale la moitié des mots tant il parle vite. La deuxième parce que son accent danois, si il est charmant (tout comme ses guibolles qui ne semblent pas avoir de fin) est tout simplement agaçant au bout d’un quart d’heure.
Seuls la musique, moitié lounge, moitié jazz, et la photo (du noir et blanc qui va si bien à Paris) viennent sauver le naufrage.
Besson compte trop sur son aura, et ne parvient pas à nous faire entrer dans cette vie rêvée des anges, ou du moins on aurait aimé comprendre le propos. Djamel est un bon comique, mais un bon comique n’a jamais fait forcément un bon acteur.
Les anges gardiens d’Angel – A ne brillent que par les artifices d’une ville comme Paris, véritable acteur du film, mais ils ne brillent pas pour le spectateur, mourrant d’ennui.

                              La Vérité nue (When the truth lies)

d’Atom Egoyan. Canada, Etats-Unis, Royaume Uni 2005. 120 copies. 1h47. Avec : Kevin Bacon ; Colin Firth ; Alison Lohman…

Atom Egoyan s’empare d’un polar américain à succès. Et on en redemande. Même si il ne se hisse pas au sommet détenu par David Lynch et son indépassable Mulholland Drive, Egoyan parvient à préserver le suspens dans un film à tiroir et à nombreux flash-back, dans ce film glamour.
On part d’une image idyllique et pailletée, issue d’un pseudo téléthon américain de 1959, où un duo populaire de stars présentent l’émission. Leurs frasques ne défraient la chronique qu’à partir du moment où une étudiante est retrouvée morte dans la baignoire de leur suite. Affaire classée sans suite. Quinze ans plus tard, une groupie de l’époque, Alison, est journaliste, et tente de faire la vérité sur cette affaire qui nage en eau trouble.
La structure en flash-back, loin d’embrouiller le spectateur, le prolonge dans le suspens d’un polar jubilatoire, quoiqu’en disent d’autres critiques. Le traitement des scènes de sexe, certes loin de semer le trouble dans notre regard comme le faisait David Lynch, atteint quand même ce sentiment mêlé de perversité et d’esthétisme sans désincarner les corps.
C’est surtout le jeu de Kevin Bacon, d’Alison Lohman et de Colin Firth qui trouble ceux qui verront La Vérité nue. Le talent qu’ils exercent à nous faire mijoter dans cette imbroglio de sexe, de drogue, de show télé et de rock n roll atteint un sommet.
Rien que le titre vaut à lui seul la curiosité d’aller se régaler dans un film aux antipodes d’un Harry Potter : when the truth lies, intraduisible, le mieux est encore « quand la vérité ment » mais ce n’est pas encore satisfaisant.
La Vérité nue, et elle ne sort pas de la bouche des enfants, et encore moins de la baignoire d’une suite d’un palace.

par fred sabourin publié dans : Actualités
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Mardi 27 décembre 2005

Homélie de la nuit de Noël
Joyeux Noël !
C’est ce que nous allons nous souhaiter, ce soir et demain.
Joyeux Noël !
C’est également le souhait, prononcé dans un français hésitant, que des soldats allemands ont adressé à des soldats français au milieu du no man’s land entre les tranchées de la guerre de 14-18, quelque part sur le font dans le Nord…

Le Prince de la Paix est venu pour que tous fraternisent...Si vous avez vu ce film sorti au cinéma en Novembre dernier, vous vous souvenez sans doute de cette scène de la fraternisation entre allemands, écossais et français, la nuit d’un Noël de guerre, au milieu de la boucherie des tranchées.
Car l’impensable peut se produire même là, même dans la boue, dans la haine de l’ennemi apprise dès les bancs de l’école. Il aura suffit d’un « Stille Nacht, heilige Nacht » entendu dans la tranchée d’en face, pour que les cornemuses britanniques répondent avec l’ « Amazing Grace », et les français rejoignant avec l’accordéon le chœur improvisé des chants de Noël en pleine guerre mondiale…
On va poser le fusil un instant pour aller, une bougie à la main, saluer celui d’en face, lui serrer la main, échanger avec lui cigarettes et chocolat… Et lui souhaiter « Joyeux Noël » !

Une vraie messe de minuit, entre les ennemis d'hier...On voit alors les hommes se rassembler pour une messe de minuit assez surréaliste, en plein champ de bataille, où les adversaires prient ensemble, où les gradés chantent avec les gars de la troupe, où ceux qui fraternisent sont tout surpris de voir la même humanité sous des uniformes opposés…

Le prêtre anglican qui célèbre la messe de Noël au milieu de cette assemblée étonnante constate avec émotion : « Ce soir, des hommes ont envie de  se rassembler autour d’un simple calvaire, comme on se réchauffe autour d’un feu en hiver ! Même ceux qui n’y croient pas sont venus se réchauffer en écoutant la Parole de Dieu pour oublier la guerre ».

Voila la puissance de Noël : faire que « des ennemis enfin se parlent, des adversaires se tendent la main, des peuples qui s’opposaient acceptent de faire ensemble une partie du chemin » (Préface de la Prière
eucharistique pour la Réconciliation n°2).

Dans nos familles, nous avons besoin de cette « trêve de Noël » :
autour de la table ce soir, ou au téléphone avec ceux qui sont loin, déposons les armes s’il y a des conflits, faisons la paix s’il y a des motifs de querelles ; retrouvons nos frères, nos sœurs, nos enfants, nos proches sans arrière-pensée, avec le seul désir d’être en paix, avec le seul drapeau du pardon, avec pour seule tranchée la conviction de partager un destin commun.
Car dans nos familles aussi il y a des guerres inhumaines, alors que nous sommes capables de tant de fraternité lorsque chacun s’y met !

Cet enfant, crèche sous un caractère chinois qui signifie: bonheurvulnérable et désarmé, sur la paille de la mangeoire, vient nous rendre nous-mêmes vulnérables et désarmés.
Vulnérables à la tendresse de nos proches, aux gestes et aux paroles d’affection qui ce soir nous toucheront vraiment.
Désarmés, c’est-à-dire : renonçant à la violence, renonçant à la maîtrise de l’autre, à la mainmise sur l’autre, qu’il ait 12 ans ou 80 ans, qu’il soit le conjoint ou le frère…

Ce soir, laissons la grâce de Noël nous changer, nous transformer, faire fondre nos cœurs, à l’image des poilus de 14 qui écrivaient : « On en peut pas se tuer une nuit de Noël… » (Julien Arène, les carnets d’un soldat, Paris, 1917)

Et demain, revenus dans nos entreprises, notre milieu professionnel, amical, dans notre quartier, nous pourrons laisser la joie de Noël continuer à faire son chemin en nous :
pourquoi ne pas voir en chacun ce compagnon d’humanité pour lequel le Christ est venu sur terre ?
Il est toujours possible de fraterniser, même quand on ne partage pas les mêmes idées, les mêmes coutumes, la même religion…

Que l’enfant de la crèche nous aide à ne jamais désespérer de cette capacité de fraternisation que chacun de nous porte en lui…

Frohe Weihnachten !
Merry Christmas !
Joyeux Noël!...
Père Patrick Braud

par Patrick BRAUD publié dans : Homélies
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