les bienheureux du purgatoire sur la façade de la cathédrale d'Angoulême (12° siècle)regroupant les églises suivantes:
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Visites ‘spirituelles’ de la Cathédrale d'Angoulême par P. Braud ou R. Houdusse : Mercredi-Jeudi-Vendredi à 18h en Juillet-Août
Dimanche 22 janvier 2006

D'un mur à l'autre
"L'Amérique Centrale dénonce le projet de mur".
Tel est le titre d'un article dans "La Croix" du 11/01/05.
Des murs! Toujours des murs! Un mur tombe, un mur monte.
Comme si l'homme ne pouvait s'empêcher d'en élever.

séparer les peuples: une obsession de l'histoire...Et cela ne date pas d'hier si l'on pense à la Grande Muraille de Chine.
Commencée d'édifier probablement vers 770 avant Jésus-Christ, elle avait dès l'origine pour but de protéger la frontière nord de la Chine des nomades et des "Barbares". Elle devient mur frontière sous l'empire Qin en 221 av. J-C et, entre 1368 et 1644 ap. J-C, l'empire Ming ne cesse de la restaurer et de l'allonger pour empêcher l'invasion des Mongols.

Le mur de Berlin à la fin de la guerre: empêcher les Allemands de l'Est de partir à l'Ouest, l'inverse étant moins probable et autorisé.

silencieusement, ce mur s'allonge entre Israël et Palestine...À peine celui-ci tombé, c'est le "mur de la honte" qui commence à tracer sa ligne entre Palestiniens et Israéliens: il doit empêcher les kamikazes palestiniens de venir perpétrer des attentats terroristes  en territoire israélien.

Et maintenant, autre continent mais logique identique: un mur entre le Mexique et les États-Unis pour empêcher l'immigration clandestine vers le nord du continent américain.

Il s'agit toujours d'empêcher les uns d'entrer ou les autres de sortir. Bien sûr on ne peut pas laisser passivement les attentats se produire et les personnes quitter massivement leur pays d'origine pour fuir la misère, mais les murs sont-ils des solutions? Ne produisent-ils pas plutôt l'effet inverse à celui recherché? L'immigration clandestine trouve toujours d'autres chemins, de plus en plus dangereux, livrant les candidats à l'immigration à la merci de passeurs crapuleux. Ils dressent une barrière entre ceux qui ont le nécessaire et la liberté et ceux qui les recherchent comme le riche de l'évangile avait dressé le mur de sa maison pour ne pas voir le pauvre Lazare devant sa porte.

Si le mur de Berlin était dissuasif avec ses miradors et ses armes toujours prêtes à tirer, il n'a pas arrêté des milliers de personnes qui ont risqué leur vie, et souvent l'ont perdue, pour aller vers la liberté.
La muraille de Chine a été incapable d'empêcher l'invasion mongole.
Et combien d'autres murs qui ne sont ni de pierre, ni de béton, ni de barbelés mais qui sont bien plus étanches et dont on ne parle jamais, étouffant ceux qui en sont prisonniers comme le désert dans lequel ont été ces derniers mois abandonnés les Maliens qui avaient tenté l'aventure vers l'Europe?

Le mur entre les USA et le MexiqueÀ chaque fois que nous dressons des murs, nous faisons fausse route; au sens propre nous nous barrons la route et il n'y a plus d'issue. Combien de temps faudra-t-il à l'homme pour qu'enfin il n'ait pas peur de l'autre, qu'il ne voit pas d'abord en lui une menace pour son territoire ou ses biens? Le mur ne fait que renforcer la peur: on ne sait pas trop ce qu'il cache alors on imagine… le meilleurs ou le pire (selon le sens qu'on emprunte).

La rencontre, si elle commence par un saut dans l'inconnu qui peut d'abord déstabiliser, permet, elle, de désarmer la peur. Mais elle demande de l'ouverture et parfois du courage.
Il faut se retrousser les manches, non pas pour mettre en route les engins à transporter les murs à monter, mais pour trouver ensemble, c'est-à-dire quasiment à l'échelle mondiale aujourd'hui, les chemins d'une vie plus juste.

par Frédérique Thibaut publié dans : Humeur
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Vendredi 20 janvier 2006

Pierre et Marie-Françoise sont « d’anciens angoumoisins » partis au Bénin il y a un an, lui pour diriger une cimenterie, et elle du coup a repris son activité de médecin, mais à la sauce locale, c'est-à-dire avec un champ de compétences (très) étendu, et des aventures pleines d’humour, de patience, d’imprévus… En témoigne cette chronique qui effraierait notre SAMU local…

Recherche d’un malade au Bénin

Le traitement par antibiothérapie pour l’Ulcère de Buruli étant récent au Bénin (3 ans), il doit faire ses preuves. Avec un traitement par antibiotiques sans chirurgie, n’y a-t-il pas de récidives à un an ?

Pour faire la preuve de son efficacité à long terme, nous recherchons donc nos malades un an après le début du traitement, suivant en cela les critères de l’OMS. Vous me direz ce n’est pas compliqué : il suffit de les convoquer par courrier ou par téléphone ou par Internet diront les plus audacieux.
Holà doucement, revenez sur terre ! Nous sommes dans un pays où seuls quelques personnes ont une boite postale. Le portable est assez répandu chez les fonctionnaires, encore qu’il soit rarement en état de marche car il faut une prise électrique pour le recharger et cela n’existe pas partout.
Internet, vous êtes dans l’extra-terrestre.

en route pour trouver notre maladeIl reste à prendre notre courage à 2 mains, une voiture, une bouteille d’eau, le dossier du malade où sont colligés le nom du malade, celui de ses pères et mères pour un enfant et l’adresse autant que ce dernier élément existe dans ce pays. Quelquefois, l’enfant a le nom de famille du grand-père qui n’est pas celui du père. La mère est connue sous son nom de jeune fille, est la nième épouse du père…

Bien sûr pas de nom de rue, de numéro dans la rue, pas de rue du tout en fait. Les quartiers, ça existe mais leurs contours sont assez aléatoires. Les personnes connaissent à peu près le nom de leur village mais à quel arrondissement celui-ci est rattaché et à quelle commune, c’est moins sûr. Peu de communes : dans la région chacune regroupe environ 80 à 100 000 habitants, un petit centre et beaucoup de villages rattachés à la commune.

Vendredi matin, me voilà partie à la recherche d’un enfant habitant une commune toute proche, à 15 km de Pobé. Il était environ 11h 30 : dans une heure le chauffeur et moi-même étions de retour. Elle habite la commune d’Adja-Ouéré, le village de Wedamé, quartier Kpoulou.

Arrivés à Adja-Ouéré, nous prenons la direction de Wedamé par une mauvaise piste. Les gens nous expliquent que c’est loin, mais nous avons un gros 4X4 et c’est la saison sèche, nous passerons. Ici le temps compte plus que les distances car tout est fonction de l’état de la route, enfin de la piste.

Après quelques kilomètres, pensant arriver aux alentours de Wedamé, nous demandons la direction de Kpoulou. Pour Kpoulou, nous faisions fausse route, il faut retourner à Adja-Ouéré, dépasser le village de Gbaouété et continuer jusqu’à Kpoulou. Demi-tour, même mauvaise piste dans l’autre sens, on dépasse Adja-Ouéré et on arrive à Kpoulou. Inutile de vous dire qu’il s’était largement passé une heure, l’estomac commençait à se rappeler à notre bon souvenir et nous avions oublié d’emporter de l’eau puisque c’était tout près.

Une chance, à Kpoulou, le chef d’arrondissement tenait une réunion avec les chefs de quartier. Il nous explique que Kpoulou est le chef-lieu d’arrondissement et non un quartier, et qu’il n’y a pas de route praticable directe entre Kpoulou et Wedamé. Il suffit de repartir vers Adja-Ouéré et de reprendre la piste vers Wedamé…. J’ai eu envie de baisser les bras, mais mon chauffeur a dit : il faut y aller sinon c’est un travail inachevé. Je suis remontée dans la voiture.

13 h 30 sont dépassées, une marchande de bananes sur le bord de la route nous aide à tenir notre glycémie à un chiffre raisonnable. En demandant notre route, on rencontre un gamin avec une mauvaise plaie à la main. On lui donne RDV à l’hôpital de Pobé mardi prochain, en espérant qu’il viendra… La route semble toujours plus courte quand on la fait pour la 2è fois, quand c’est la 3è… et bien les trous sont toujours là. Elle est folle cette blanche ont du penser certains en me voyant passer pour la 3è fois mais en saluant toujours avec le sourire.

De bifurcations en croisements, la piste ne s’améliore pas et vers 14 h, il faut laisser la voiture sur place après un demi-tour acrobatique et continuer à pied car cette fois-ci, c’est sûr, ce n’est pas loin. Pas d’eau, 3 bananes béninoises dans le ventre, un chemin non damé, du soleil… il parait que certains payent pour vivre ce genre d’aventures… Nous marchons un bon quart d’heure et trouvons le village et aussi une piste très praticable qu’il fallait prendre 5 km avant, il suffisait de le savoir.

Après avoir interrogé plusieurs personnes, nous tombons sur un jeune en vélo, le frère de la patiente recherchée ! Elle va très bien, nous assure-t-il, mais nous tenons à la voir nous même et à photographier la cicatrice, mesurer l’impotence fonctionnelle… enfin nous ne pouvons nous contenter de « elle va bien » de son frère. Mais impossible d’aller à pied chez elle, c’est beaucoup trop loin. Ne croyez pas que nous allions renoncer aussi vite, il suffit de louer un « zem ».

Les taxi-motos, les Zemidjan, dont le nom signifie « transporte moi vite » (langue Goun).Qu’est-ce qu’un « zem » ? De Cotonou à Natitingou, un zem c’est une mobylette ou une moto qui fait le taxi. Nous demandons donc un zem. D’accord répond notre interlocuteur, je vais acheter de l’essence et je vous emmène. La famille nous offre une chaise à l’ombre et nous attendons une bonne dizaine de minutes et notre zem revient, nous voilà à 3 dessus, moi la dernière. La prochaine fois, je mettrai un pantalon car les robes droites sur une moto, ce n’est pas facile.

Je m’accroche  à mon chauffeur coincé entre le conducteur et moi-même. Heureusement il n’est pas gros. A gauche il y a un cale-pied mais à droite le cale-pied c’est le pot d’échappement et ça chauffe. Nous voilà partis sur une piste très irrégulière : plaques de sable, étroitesse du sentier, marches…. Joli paysage vallonné sur le coté car devant c’est le dos du chauffeur. Quelques tournants, des changements de direction… mais notre guide semble sûr de lui. Effectivement, 20 minutes plus tard, nous arrivons chez notre malade qui nous reconnaît aussitôt et nous accueille avec un grand sourire.

Elle va parfaitement bien, n’a aucun déficit moteur malgré une forme avancée au départ. Une photo, beaucoup de salutations et il faut partir. N’existe-t-il pas un raccourci pour aller jusqu’à la voiture ? Oui dit notre guide mais il faut passer dans l’eau. Mon chauffeur qui veille sur moi répond impossible mais moi je demande de l’eau jusqu’où ? De l’eau jusqu’à mi-mollet.

Ca vaut le coup d’essayer. On remonte sur la moto, les coutures de ma robe tiennent. La rivière se révèle un bas-fond peu profond et peu large. On enlève ses chaussures et on traverse à pied dans une eau assez trouble avec un fond vaseux mais cela ne dure pas longtemps. Le retour est ponctué de plusieurs descentes et montées de la moto car quand la pente est trop forte, il faut aller à pied. Qui a dit que ce pays était plat ?

Voilà la voiture. Un billet de mille francs pour le guide : il a bien mérité cela et sa moto aussi car 3 personnes sur une moto dans les plaques de sable et à travers ces pistes, le matériel et les humains s’usent.

Nous sommes rentrés tranquillement à Pobé vers 5 heures de l’après-midi. Heureusement, il y a des malades plus faciles à trouver !
Marie-Françoise

N.B. : Il y a un an que je propose à Marie-Françoise d’utiliser mon GPS, mais il paraît que ce n’est pas la peine : le chauffeur connaît très bien la région !
Pierre

par Marie-Françoise Ardant publié dans : Humeur
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Mardi 10 janvier 2006

                                                la pièce turque


              La Turquie doit-elle entrer dans l’Europe ? Le débat est lancé, on sait. Il y a les pour, et les contre. A la Poste de la place Francis Louvel à Angoulême, on a pris position : c’est non, car on n’aime pas les pièces turques. Elles détraquent les automates qui permettent d’affranchir les lettres sans passer par le guichet (et donc normalement de gagner du temps).
J’allais pour poster trois lettres, fier et hardi. Mes pièces de deux euros en main, je les introduis dans la machine. Refus obstiné de cette dernière. Elles doivent être fausses, pensais-je. Beau joueur, je fais de la monnaie dans une autre machine affectée à ce service. Des pièces de deux euros tombent, en échange de mon billet de 10. Nouvelle tentative dans la machine d’affranchissement. Refus obstiné d’avaler les pièces, pourtant fournies par la Poste. Un peu agacé par cette résistance du « robot », je prends mon tour dans la file d’attente. Deux guichets d’ouverts seulement, et, bien sûr dans ces cas là, des cas exceptionnels qui allongent en longues minutes l’attente, jugée insupportable. Je tends mes lettres au « guichetier », qui me vend les timbres ad hoc. Je fais part de mon étonnement concernant les pièces de deux euros, et les refus de la machine. Et là,  il me répond : « c’est normal, c’est à cause des pièces turques ! » Stupéfait, je l'’interroge : « pourquoi donc ? La Turquie n’a pas d’euros ! » Réponse du guichetier : « non, mais ils ont des pièces du même gabarit, alors on a bloqué les pièces de deux euros… ».  Elémentaire… 
La Turquie n’est pas prête à entrer dans l’Europe, elle n’a pas « les moyens ». Et c’est mon Postier qui le dit !

 

 

par fred sabourin publié dans : Humeur
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