Indifférence, violence, silence
Homélie du 29° Dimanche ordinaire Année A / 09 Octobre 2005
"Reines de l’océan en Belle-Vue
Turbot au chablis
Veau braisé soubise
Poulardes truffées
Salade mimosa
Fromages
Bavaroise
Fruits – Café"
Ça vous met l’eau à la bouche !
J’avais retrouvé ce menu d’un repas de
noces dans ma famille, d’un mariage célébré en 1945 ! À écouter un tel menu de noces, on se demande pourquoi il y en a qui refuseraient de s’asseoir à la table ! Et pourtant, la
parabole de ce Dimanche nous rappelle que ce refus est toujours possible, et que Jésus s’y est exposé, jusqu’à la Croix.
Quand Jésus évoque le Royaume des cieux, il prend l’une des plus vieilles réalités humaines : les
noces.
C’est lui le Fils qui célèbre ses épousailles avec l’humanité.
Et chacun de nous est demandé en mariage aujourd’hui par le Fils de Dieu lui-même !
C’est la grandeur et la dignité du mariage, et c’est pour cela que le mariage est pour nous un sacrement. En regardant vivre les gens mariés, on devrait pouvoir deviner combien le Christ désire
épouser chacun. D’où la responsabilité particulière des couples mariés à l’église : témoigner des noces que Dieu célèbre pour son fils avec tout être humain, toute l’humanité. Heureux les invités à ce repas de noces où le Christ lui-même dresse la table de l’eucharistie, nouvelle Alliance !
Or certains refusent de venir.
Et nous sommes parfois de ceux-là qui ne tiennent aucun compte de cette invitation, à cause de fausses bonnes raisons : un champ à cultiver, un commerce à faire tourner - comme dans la
parabole -, c'est-à-dire une vie professionnelle qui devient envahissante, une vie trop remplie de choses à faire pour entendre l’invitation. Pire encore, le Christ sait qu’il s’expose à la
violence, alors même qu’il est porteur d’une invitation d’amour. L’homme est ainsi fait qu’il peur choisir de répondre par la violence à une invitation d’amour.
Il peut saccager ce qu’il a de plus cher.
Là encore, reprenez l’image-sacrement du couple : la violence peut répondre à l’amour ; c’est un
constat, malheureusement.
Dieu, lui, envoie son invitation sans se lasser. Dans un couple, on se lasse vite de la violence de l’autre, et on n’accepte que difficilement d’être la bête grasse égorgée pour lui ou pour
elle ! Dieu dénonce cette violence, qui se retourne d’ailleurs contre ceux qui la commettent : ils s’y détruisent, en refusant d’être aimés…
La violence peut répondre à l’amour. La Croix en est le signe.
La violence ou, pire encore, l’indifférence. Ils n’en tirent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce. Regardez les dégâts que peut provoquer l’indifférence dans un
couple : lorsque s’installe silencieusement la juxtaposition et non la communion, lorsque chacun s’investit dans son champ, son commerce - comme dit la parabole - sans tenir compte de
l’autre. L’indifférence est peut-être le plus grand péché contre l’Amour. C’est elle qui nous rend imperméable aux appels de nos frères, aux appels de Dieu.
L’indifférence meurtrière…
Un dernier mot enfin sur les pleurs et les grincements de dents qui attendent l’invité qui n’a pas revêtu son vêtement de noces. Cela fait penser aux bristols très officiels à la carte
d’invitation précise : « Tenue de soirée exigée ! ».
Que signifie ce vêtement de noces ?
On peut penser à la robe de baptême. Il ne suffit pas d’être invité, encore faut-il se laisser revêtir de cette
robe baptismale.
Le plus dur dans l’amour, ce n’est pas aimer, c’est d’accepter d’être aimé, et
d’accepter que cet amour nous change. « Dépouillez-vous du vieil homme et revêtez l’homme nouveau » disait St Paul en
évoquant lui aussi ce vêtement de noces.
Reprenez l’image-sacrement de l’amour humain : revêtir la robe de l’amour mutuel, c’est laisser l’être aimé me dépouiller de mon égoïsme, faire tomber mes blocages, mes défenses, mes
forteresses intérieures…
En cela, le mariage est dans le droit fil du baptême, et la mariée a raison d’être en blanc ! Car se marier est un chemin pour mourir à
soi-même et renaître à l’autre, comme le Christ est mort et ressuscité pour nous.
Alors, celui qui est dans la salle de noces, dans l’Eglise, et fait semblant d’être chrétien alors que sa vie n’est pas en accord avec ce qu’il croit, celui-là abîme le témoignage de l’Eglise.
Dieu l’interroge : « Mon ami – car il est toujours
son ami à ce stade – comment es-tu entré ici sans avoir le vêtement de
noce ? »
Mais le silence répond à l’amour. « L’autre garda le silence ». Après l’indifférence ou la violence, voilà
maintenant le silence, la non communication, le non-dit, ce que l’on cache, le refus d’entrer en dialogue.
Demandez aux couples en difficulté combien
cette non-communication est la pire des épreuves ! Se taire alors qu’il y a des contradictions à lever, fuir alors que Dieu nous propose le confiance et le dialogue, c’est finalement
suicidaire. Cela n’engendre que des pleurs et des grincements de dents.
Heureusement, l’invitation au repas des noces reste la plus forte : Dieu fait le nécessaire pour remplir la salle des noces avec les mauvais et les bons que nous sommes tous. À nous de nous
laisser transformer de fond en comble par notre présence ici, pour revêtir « la tenue de soirée » qui va avec.
Que ce banquet de l’eucharistie nous rappelle la grandeur et l’exigence de notre baptême.
Que ce festin des noces renouvelle pour les époux la grâce de leur mariage.
Que cette invitation à nous laisser aimer par le Christ ne rencontre en nous ni indifférence, ni violence, ni silence coupable.
Amen !
« Le
Royaume des Cieux est comparable à un roi
qui célébrait les noces de son fils ».
Angoulême (Charente) 

« Depuis mes plus jeunes années, cette prière a eu une place
importante dans ma vie spirituelle. Le Rosaire m'a accompagné dans les temps de joie et dans les temps d'épreuve. Je lui ai confié de nombreuses préoccupations. En lui, j'ai toujours trouvé le
réconfort. [...]
mettent en communion vivante avec Jésus à travers le cœur de sa Mère, pourrions-nous dire. En même temps, nous pouvons rassembler dans ces dizaines du Rosaire
tous les événements de notre vie individuelle ou familiale, de la vie de notre pays, de l'Église, de l'humanité, c'est-à-dire nos événements personnels ou ceux de notre prochain, et en
particulier de ceux qui nous sont les
plus proches, qui nous tiennent le plus à cœur. C'est ainsi que la simple prière du Rosaire s'écoule au rythme de la vie humaine ». (Rosarium Virginis Mariae n° 2, 2002)







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