Cathédrale Angoulême

regroupant les églises suivantes:les bienheureux du purgatoire sur la façade de la cathédrale d'Angoulême (12° siècle)
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Fêtes de N.D. de Fatima les 17-18 Mai à St André / repas paroissial à l’école de l’Enfant Jésus Dimanche 18 mai à 12h
Dimanche 13 novembre 2005

Le dernier miraculé de Lourdes        
Les obsèques de Jean-Pierre BÉLY à la Cathédrale d’Angoulême Lundi dernier 7 Novembre ont été un événement diocésain, et même au-delà. Il a vécu sa mort avec la même confiance et simplicité qui a marqué son témoignage depuis sa guérison. Sa mort est ainsi un signe de la guérison intérieure qui a transformé sa vie. Un existence au goût évangélique, une foi qui a rayonné dans toute l’Europe, car il n’arrêtait pas de voyager pour répondre aux invitations à raconter son histoire.  En hommage à ce Charentais à travers lequel Dieu nous a parlé, voici un vieil article du journal Le Monde, juste pour retracer son itinéraire, avec les yeux d’un journaliste qui découvre le miracle au-delà, des apparences…


Samedi 21 décembre 2002       (journal LE MONDE)         
 
Jean-Pierre Bély et sa femmeJean-Pierre Bély était grabataire en 1987 lorsqu'il reçut l'onction des malades.  En rentrant chez lui, il marchait.               
Les Bély sont des gens simples. Et rien ne manque à leur décor de ce qui fait le quotidien des gens simples : ni le tic-tac de l'horloge, ni le cadre en bois qui représente un chalet, ni l'inscription enluminée avec les mots "Que Dieu bénisse cette maison et ceux qui la visitent"... On s'attendrait à trouver un nain ou un petit moulin en plâtre dans le jardin de leur pavillon, à La Couronne, près d'Angoulême. Mais c'est une grotte de Lourdes miniature, moussue et couverte de joubarbes, qui accueille le visiteur. Au creux de la rocaille, Jean-Pierre Bély a pieusement disposé une vierge en ciment, "en remerciement", dit-il. Depuis 1999, il est officiellement reconnu comme le 66e miraculé de Lourdes.         
Son bureau n'est pas trop encombré d'images pieuses. Tout juste une vierge en bronze, deux photos de sainte Bernadette et de sainte Thérèse de Lisieux, et un brin de buis béni. Et aussi une photo de lui avec le pape. "Je n'ai pas envie de transformer cette pièce en sanctuaire", plaisante-t-il.          
Quand Jean-Pierre Bély parle de sa maladie, c'est comme s'il racontait un rêve.  "C'est comme une coupure, une blessure qui brusquement s'est refermée. Les détails sont un peu flous. Ma famille s'en souvient mieux que moi." On ressent une impression étrange à entendre cet alerte retraité de 66 ans, qui s'agite sur son tabouret tout au long de son récit, se décrire en fauteuil roulant, puis grabataire.         
Les premiers signes de la maladie se manifestent en 1972, quand il exerce encore sa profession d'infirmier. Une fatigue, des fourmillements dans les doigts et les pieds. Le diagnostic ne viendra qu'en 1984 : sclérose en plaques. Un matin de cette année-là, le malade se réveille avec le côté droit entièrement paralysé. "Les trois années qui ont suivi ont été les plus terribles, se rappelle-t-il. C'est une maladie démoralisante, qui progresse par poussées. On croit ressentir un mieux, et puis, soudain, l'état s'aggrave. A la fin, j'avais les poignets déformés, je ne pouvais plus remuer les mains." Quand Jean-Pierre Bély part en pèlerinage à Lourdes, le 5 octobre 1987, il est grabataire et vient d'être reconnu invalide à 100 % à titre définitif, avec tierce personne.          
Pour la centième, pour la millième fois peut-être, il raconte sa guérison.  Le 9 octobre 1987. C'est la fin de son séjour à Lourdes. Son état n'a fait qu'empirer. Lui ne s'en aperçoit pas, mais les amis qui l'accompagnent ont peur qu'il ne passe pas le voyage. Il faut ici lui laisser la parole.       
Les malades sur l'esplanade de Lourdes"J'étais sur l'esplanade devant la basilique, allongé sur un brancard. C'était la cérémonie de l'onction des malades. L'ambiance était extraordinaire. J'avais l'impression de vivre un moment intense. Après avoir reçu l'onction, j'ai ressenti une paix, une joie, une sérénité extraordinaires. Comme si tout ce qui était mauvais dans ma vie m'était enlevé. Mon stress, mon anxiété, mes scrupules. J'étais euphorique, coupé du monde. J'avais l'impression de flotter. J'étais ailleurs. Mon corps ne comptait pas. Je peux dire que j'ai vécu la guérison du cour avant celle du corps. Cette paix, cette sérénité ne m'ont pas quitté depuis. Et, tous les jours, j'ai l'impression de revivre ce moment.         
"Les brancardiers m'ont ramené dans ma chambre. Quand on m'a déposé sur le lit, j'ai repris contact avec mon corps. Je ne sais pas combien de temps tout cela a duré. Je n'avais pas la notion du temps. J'ai senti un froid. Non pas un froid extérieur, mais l'impression de glisser dans un gouffre froid. Je me sentais partir. Ce n'était pas une sensation agréable. J'allais peut-être basculer de l'autre côté. Et puis, tout à coup, j'ai ressenti une chaleur dans les orteils. Comme une lueur dans le lointain, qui grandit, réchauffe et redonne vie. La chaleur est montée progressivement dans mes pieds, mes jambes, mes muscles, tout mon corps. Au fur et à mesure qu'elle montait, c'est comme si la vie revenait. J'ai eu l'impression d'être tiré par la peau du dos, retiré de ce gouffre froid. Tout cela a dû être très rapide,! mais je n'avais pas la notion du temps. A un moment, je me suis senti comme soulevé, et je me suis retrouvé assis sur le bord du lit, me demandant ce que je faisais là.         
Le soir, on m'a conduit sur mon brancard à la cérémonie de clôture du pèlerinage. Là, j'ai été pris d'une envie irrépressible de me lever et de marcher. Mais, en voyant autour de moi tous les autres malades grabataires, j'ai eu peur de les choquer. A partir de cet instant, j'ai décidé de rester discret. Dans la nuit qui a suivi, j'ai été poussé à me lever. Je sentais dans tout mon être des paroles très fortes qui me disaient : "Allez, lève-toi, marche." Comme une voix intérieure qui s'exprimait avec beaucoup de délicatesse. En voyant que je me retournais dans mon lit, la veilleuse de nuit m'a demandé ce que j'avais. Je lui ai dit que je voulais me lever pour aller aux toilettes. Et j'ai marché pour la première fois. Elle me tenait simplement le bras. J'ai fait mes premiers pas dans la nuit, comme un bé! bé qui apprend à marcher. C'est l'effet que ça m'a fait.         
"Je n'ai pas voulu aller au bureau médical de Lourdes. J'ai minimisé volontairement les choses. A la gare d'Angoulême, j'ai attendu ma femme dans le fauteuil roulant. Dans la voiture qui me ramenait à la maison, je lui ai expliqué que mon état s'était amélioré. C'est quand elle m'a vu monter les marches de l'escalier qu'elle a compris..."         
 
Jean-Pierre Bély ne doute pas du miracle. Il affirme tranquillement : "C'est Jésus qui m'a guéri, et c'est Marie qui a demandé à Jésus de me guérir. Je n'ai pas souhaité particulièrement la guérison. En passant devant la grotte, j'ai dit à Dieu : "Tu me connais, tu sauras me donner le meilleur"." Pour M. Bély, c'est aussi simple que ça. Et si, par hasard, il sent poindre le doute chez son interlocuteur, il reprend à son compte les paroles de sainte Bernadette à propos des apparitions : "Je suis chargé de vous le dire, pas de vous le faire croire." Puis, si l'interlocuteur insiste : "Vous pouvez penser ce que vous voulez, allez voir les médecins."          

Les médecins, justement.
Le docteur Patrick Fontanaud, médecin traitant du malade et agnostique en matière religieuse, ne s'explique pas la guérison. L'imagerie par résonance magnétique (IRM) ne montre plus que quelques lésions minimes et non significatives dans le cerveau, comme des cicatrices.         
Le professeur Bertrand Fontaine, de la fédération neurologie de la Salpêtrière, à Paris, est circonspect : "La sclérose en plaques est une maladie dont les mécanismes ne sont pas bien connus, et dont l'évolution est imprévisible. On a vu des cas de rémission ou de guérison. Mais il s'agit de cas exceptionnels, pour lesquels on ne dispose pas encore d'explication scientifique."         
Le docteur Patrick Theillier croit au miracle. C'est la moindre des choses pour le responsable du bureau médical des sanctuaires de Lourdes. Mais il tient à en définir les limites : "Un malade ne peut guérir que d'une maladie guérissable. Le miracle ne force pas la nature. On n'a jamais vu un trisomique guéri à Lourdes ! En définitive, ce qu'on appelle miracle peut être qualifié en médecine de "rémission spontanée". Pour ma part, je crois que le miracle utilise les voies de la nature, mais par des moyens qui ne sont pas encore connus de la l'eau de la source de Lourdesmédecine." Quand on l'interroge sur l'eau qui coule à flots du sanctuaire, le médecin sourit : "L'eau n'est pas miraculeuse, ou alors ça se saurait. Elle n'a même aucune vertu thérapeutique. Elle n'est que le support de la foi."         
Le cabinet du docteur Theillier ressemble à celui d'un bon médecin de famille, avec sa bibliothèque en bois, ses traités de médecine, ses archives et son ordinateur. La seule différence, c'est un grand crucifix accroché au-dessus de la table d'examen. Patrick Theillier affirme recevoir à peu près trente-cinq déclarations de miracle par an, dont deux ou trois seulement seront considérées comme sérieuses. Les guérisons psychologiques sont systématiquement écartées. Au bout du compte, et après enquête, moins d'une guérison sur cent sera retenue et officiellement reconnue. Les critères sont très stricts : la maladie doit être grave et fatale ; la guérison soudaine, complète et durable. "Le point essentiel consiste à prouver que la personne était bien malade", insiste le médecin.         

Le bon docteur Theillier serre dans ses cartons "deux très belles guérisons" : deux cancéreuses, une Française de vingt-cinq ans et une Italienne d'une soixantaine d'années, qui ont été guéries en 1995. L'enquête est presque bouclée et les deux miracles devraient être reconnus officiellement en 2003. Ce seront les 67° et 68° miraculées de Lourdes.          
A La Couronne, Jean-Pierre Bély a commencé une nouvelle vie.  Une vie de miraculé.  Il n'a pas vu le film de Jean-Pierre Mocky. "Tout ça, c'est des bêtises !" Il a conservé sa carte d'invalide et la pension qui va avec. "C'est quelque chose de définitif. On ne peut pas la supprimer, justifie-t-il. Pour la société, je suis encore en invalidité à 100 %." Il a été confronté aux réactions de son entourage. Il évoque avec humour les bouleversements qu'il a provoqués. C'est d'abord son médecin traitant, qui manque de se trouver mal quand il le voit assis dans sa salle d'attente. Puis les gens de sa paroisse qui pleurent, quand il retourne à la messe. Le curé en chaire, qui annonce sobrement : "Vous connaissez Jean-Pierre, vous savez comment il était quand il est parti à Lourdes, voilà comment il revient..."  Jusqu'à Raymond, le facteur, qui déclare à la presse locale : "Maintenant, je vais être obligé de croire au Bon Dieu !"          
Puis il y a eu l'enquête. Au début, M. Bély ne voulait pas faire reconnaître son miracle. C'est l'évêque d'Angoulême qui l'a convaincu de faire la démarche. Il est allé au bureau médical de Lourdes un an après sa guérison. On l'attendait de pied ferme. Pendant les onze ans qu'a duré l'enquête, il a enchaîné les examens médicaux et psychiatriques. "On voulait savoir si mon raisonnement était normal, si je n'étais pas un illuminé ou un mystique." Une fois par an, il devait comparaître devant un amphithéâtre de 60 à 80 médecins du comité médical international et répondre au feu roulant des questions. "Certains essayaient de me glisser des peaux de banane, se souvient-il. Une fois, il y en a un qui me dit : "Alors, comme ça, vous avez rencontré la Sainte Vierge ! ?" Je lui ai répondu : "C'est vous qui dites ça, pas moi.""         
L'ancien infirmier affirme que sa guérison a provoqué des conversions autour de lui, que des gens se sont rapprochés de l'Eglise après avoir entendu son histoire. "Ma vie a complètement changé, résume-t-il. On me demande des conférences et des témoignages un peu partout." La célébrité a ses inconvénients. Les médias du monde entier ont débarqué dans le petit pavillon de La Couronne. Les télévisions italienne, allemande, mais aussi les Coréens, les Japonais. A Lourdes, le miraculé échappe de justesse à un groupe de dévotes italiennes, qui l'ont reconnu et veulent le toucher, au besoin arracher un morceau de ses vêtements...  Jean-Pierre Bély et les autres miraculés forment une sorte de club très fermé, qui se réunit de temps à autre à Lourdes. "J'y vais une dizaine de fois par an. Je commence toujours par passer au bureau médical. Je demande s'il y a des miraculés de passage. Si c'est le cas, on se rencontre, on prend un pot ensemble..."  
Il y a Jeanne Frétel, guérie en 1948 d'une péritonite tuberculeuse.  
Marie Bigot, guérie en 1953 d'une hémiplégie.  
L'Italienne Delizia Cirolli, sarcome d'Ewing en 1976.  
Et Serge Perrin, ancien hémiplégique, guéri en 1970 et qui vient de mourir. "Les miraculés vivent vieux", note le docteur Theillier. "On a beaucoup de choses à se dire, confie M. Bély. On est passé par les mêmes étapes : la guérison, l'enquête, le témoignage..."          
Certaines institutions hésitent à inviter le miraculé. Elles ont peur de susciter de faux espoirs chez leurs patients. "C'est un raisonnement de bien portants, s'insurge Jean-Pierre Bély. Je n'ai jamais entendu cela de la part d'un malade. Au contraire, tous sont tellement heureux de ce qui m'est arrivé qu'ils y voient un signe d'espérance." "Au fond, lâche le docteur Theillier d'un ton de philosophe, tout malade qui vient à Lourdes espère confusément guérir. Le vrai miracle, c'est que la plupart d'entre eux repartent sans être guéris, mais aussi sans être déçus."          
Xavier Ternisien  

par Le Monde publié dans : Actualités
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Vendredi 11 novembre 2005
Homélie du 31ème Dimanche – Année A 30 Octobre 2005

            « Pourquoi on vous appelle Père ? Vous n’avez pas d’enfants ! »
            Et puis dans Évangile, Jésus dit bien clairement : ne donnez à personne sur terre le nom de Père ; vous être donc en contradiction avec Évangile ».
            Cette discussion, je l’ai eue souvent avec des amis protestants, ou même des Témoins de Jéhovah. Dans un premier temps, l’objection paraît sérieuse : « vous n’avez qu’un seul Père, qui est dans les cieux » souligne l’évangile d’aujourd’hui.
Alors tous les titres de « Mon Père », « M. l’abbé », devraient-ils être rayés de notre vocabulaire ?
           
Ce serait oublier que, lorsque Jésus dit cela : « ne donnez à personne le nom de Père » il n’y a pas encore de prêtres chrétiens autour de lui !
C’est aussi simple que cela : l’avertissement de Jésus ne peut pas viser les prêtres d’aujourd’hui ; il vise les pères humains, ceux de son temps, ceux de 2005.
Alors là, c’est encore plus radical.
La gloire de mon père, c'est de laisser Dieu être Père...Quoi ! Ne plus appeler papa celui qui m’a engendré à la vie ?
Ne plus dire fièrement : « C’est mon père » en présentant l’auteur de mes jours à des amis ?

Soit Jésus exagère, et c’est un dérapage verbal qu’il nous faut corriger en lui trouvant des excuses et en développant de subtiles exégèses; soit Jésus dit vrai, et c’est qu’il nous faut comprendre cela autrement, plus profondément.

« Vous n’avez qu’il seul Père, qui est dans les cieux ».
Et si finalement, Dieu seul était vraiment Père ?
Lui seul sait ce que créer veut dire en plénitude.
Lui seul est le radicalement autre, transcendant, « dans les cieux ».
Et si nos pères humains n’étaient paternels qu’en participant, consciemment ou non, à la paternité de Dieu ?

la vrai vie d'Israël avec son vrai père...Regardez comme Dieu est paternel dans la Bible :
- il éduque Israël à la liberté, l’aidant à devenir adulte dans la foi.
Dieu, le Père d’Israël
- il adopte le roi du peuple juif, comme son enfant ; le guide et lui apprend les secrets de la sagesse, du gouvernement…
Dieu le Père du roi des juifs
- il intervient pour défendre les plus faibles ; il tonne contre ceux qui exploitent les petits
Dieu le Père des pauvres.
- il se révèle finalement à Israël comme le Seigneur de l’univers, obligeant ce peuple à s’ouvrir au-delà de toute frontière…
Dieu, le Père de tout homme.

Ne pas se tromper de père, à suivre...N’est-ce pas ainsi que les pères humains sont appelés à remplir leur mission : éduquer à la liberté, aider à devenir adulte, enseigner la justice et la pratiquer, ouvrir ses enfants sur le vaste monde ?

Aujourd’hui, la figure du père de famille est singulièrement en recomposition.
En négatif :
+ le père est souvent absent. Physiquement, pour cause de séparation, ou moralement, par peur de la relation.
Les psychologues ont écrit des tas de livres sur l’effacement actuel des pères. « Y a-t-il encore un père à la maison ? » titrait Jacques Arènes, psychothérapeute français. Guy Corneau, psychanalyste canadien, allait plus loin : « Père manquant, fis manqué », et le sous-titre de son livre était : « Que sont les hommes devenus ? ».
Décidément, le cinéma regorge de références paternelles...Pourquoi y a-t-il  tant de silence entre les pères et leurs enfants ?
Pourquoi la condition masculine est elle devenue si inconfortable ?
Pourquoi les pères ont-ils peur de l’intimité ?
Pourquoi redoutent-ils cette agressivité qu’ils reportent au plus profond d’eux-mêmes ?
Pourquoi se sentir obligé de jouer les héros, les éternels adolescents, les séducteurs, les bons garçons ?
Pourquoi être si mal à l’aise dans une parole personnelle, intime, où l’on parle de soi à ses proches ?

+ En positif, il faut aussi noter que les pères actuels deviennent plus tendres, plus attentifs, dès le plus jeune âge.

Mais finalement Jésus a raison de nous avertir : n’idolâtrez pas vos pères humains. Ils ne sont vraiment paternels qu’en participant à la paternité de Dieu.
C’est pour cela qu’on a appelé « pères » les prêtres très tôt : pour obliger les paternels à reconnaître en Dieu seul la source d’où ils tirent leur paternité.
Un vrai renversement de perspectives !
Au lieu d’imaginer Dieu à partir de l’expérience parentale – ce que Freud  a largement critiqué, non sans justesse – Jésus nous invite à faire l’inverse !
Imaginez être père à partir de qui est Dieu. N’imaginez pas Dieu à partir de votre père !
Ne projetez pas sur Dieu des qualités que vous avez trouvé ou que vous auriez aimer trouver chez vos parents : découvrez plutôt comment dans la Bible, le Dieu de Jésus Christ s’est montré Père, et Mère, et prenez en de la graine, comme certains parents ont su s’en inspirer.

ils font ce qu'ils peuvent....Vu les blessures de bon nombre de nos familles actuelles, mieux vaut se souvenir que c’est nous qui sommes à l’image de Dieu, et non l’inverse…
D’où l’importance du détour par Dieu pour voir  son propre père autrement, pour l’accepter tel qu’il est.
Nos parents sont comme les morceaux du vase d’argile qui s’est ébréché sur le tour du potier, mais qui pourtant gardent chacun la trace et l’empreinte de la main de Dieu.

C'est encore plus vrai avec ' l'autre père "...« N’appelez personne votre père sur la terre, car vous n’avez qu’un seul Père, qui est aux cieux ».
En désacralisant la paternité, maternité humaine, Jésus nous met sur la voie de la réconciliation familiale. Seul Dieu est vraiment Père. Nos parents font ce qu’ils peuvent, ou ont fait ce qu’ils ont pu pour laisser transparaître quelque chose de cette paternité divine.
En les aimant tels qu’ils sont, nous pourrons nous-mêmes devenir relativement pères et mères avec humilité, en acceptant de recevoir d’un Autre que nous-mêmes la capacité de susciter la vie.
D'où l'importance prier le Notre Père: car il est bien "l'Autre père", le père tout-autre...
P. Patrick BRAUD
par Patrick BRAUD publié dans : Homélies
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Mercredi 9 novembre 2005

Homélie du 30ème dimanche – Année A – (Missions)  23 octobre 2005

Ça commence avec pas grand-chose.
Une bouteille en verre abandonnée dans les broussailles. 
Une négligence.
Un barbecue mal éteint.
Une non surveillance.

           
Tous ceux qui ont vu naître un incendie vous raconteront qu’au début personne n’y prend garde. Mais il suffit que le vent se lève, que la sécheresse ait préparé le terrain, et en un rien de temps le feu enfle et devient un mur vivant, un mur de flamme, qui court d’un bosquet à un taillis, d’un bois à une forêt, jusqu’à dévaster des milliers d’hectares…
           
Il y a de tels incendies, le plus souvent hélas criminels, qui font des dizaines de victimes, au Portugal comme dans le Sud de la France, chaque été. Et ce matin nous faisons mémoire de tous ceux, sapeurs-pompiers ou citoyens volontaires, qui prennent des risques, qui ont sacrifié leur vie pour protéger les familles cernées par le feu, pour protéger la nature rongée par cette lèpre jaune et rouge… des dizaines de victimes (300 000 au Portugal).

Il y a heureusement d’autres incendies, positifs ceux-là, qui apportent un bien-être à des milliers de gens. Ce sont les insurrections de la bonté, comme le disait Mgr Rodin du Secours Catholique, (et comme la présence des Sauveteurs de la Charente au milieu de nous, nous le rappelle ce matin). Eux aussi partent de 3 fois rien : 12 disciples apeurés et quelques femmes, des esclaves qu’on martyrise dans un cirque : pas de soit inquiéter César !
Et pourtant…
l'Evangile comme une coulée de lave bienfaisante...C’est ainsi que se fait la propagation de l’Évangile dans le monde entier, à la manière d’un feu qui se propage de bouche à oreille, par capillarité, ‘par percolation’ diront les spécialistes ; c'est-à-dire que l’Évangile peut ruisseler dans un peuple, une culture, comme un coulée de lave se glisse dans tous les canaux culturels.

C’est à un tel incendie du bassin méditerranéen que Paul fait allusion : « ce n’est pas seulement en Macédoine et dans toute la Grèce qu’à partir de chez vous la parole a retenti, mais la nouvelle de votre foi en Dieu s’est si bien répandue partout que nous n’avons rien à en dire. » (2° lecture d’aujourd’hui)
Comme une vive flamme d’amour, la Parole du Christ s’est répandue telle une traînée de poudre dans l’empire romain.
C’est cela la mission : allumer en soi et autour de soi ce brasier qui ne demande qu’à se communiquer aux autres.
Enfin un incendie positif !

L’élan missionnaire de l’Église, c’est ce désir brûlant d’ouvrir à tous les peuples la porte de la foi.
Un des plus beaux cadeaux que nous pouvons faire à quelqu’un, à une culture, une nation, c’est de lui transmettre qu’en Christ, l’amour de Dieu et l’amour de l’autre sont indissociablement liés, comme le dit notre Évangile d’aujourd’hui.
Joséphine Baker n'est pas la seule à "avoir deux amours"...2 amours indissociables :
Comment dire aimer Dieu si l’on n’est pas prêt à risquer sa vie pour son prochain ?
Comment prétendre aimer l’autre, tous les autres, même ceux qui apparemment ne sont pas aimables, si nous n’allons pas puiser en Dieu la force de donner – même à un ennemi – l’amour que nous avons reçu gratuitement de Dieu ?

La mission est bien une affaire d’amour.
le charentais Pierre Aumaitre, missionnaire en Corée, canonisé par Jean-Paul IIC’est par amour que Pierre Aumaître est parti en Corée au 19ème et y a littéralement perdu la tête, guillotiné sur la plage de Kalmemot. 
C’est par amour que Charles de Foucaud, béatifié le 13 Novembre prochain, est parti au Maroc, puis en Algérie, pour vivre au milieu des musulmans comme le frère universel.

C’est encore pour aimer que 5 sœurs de l’abbaye bénédictine de Maumont sont parties à Friagbé en Guinée Conakry , pour aider Église de Guinée à fonder la vie monastique.

C’est toujours par amour que le Père Bernard Babinot est parti de La Couronne à Chosika au Pérou, ou le Père Hériard Dubreuil en Guinée… comme tant de jeunes coopérants qui donnent 1 an ou 2 ans de leur vie pour un projet humanitaire ailleurs.

Et regardez le titre de La Charente Libre pour la soirée Gospel de Jeudi : « La nuit du Gospel met le feu à la Cathédrale ».
1200 personnes debout, chantant et dansant : « Jésus ! Alléluia ! » avec les « Four Ladies of Alabama » (formation gospel), c’est une autre forme d’incendie évangélique !

Notre église est par nature missionnaire parce que nous recevons du Christ, qui est lui-même l’Envoyé du Père, et qui nous envoie vers les autres.
L’essence de l’amour c’est de se communiquer à autrui, comme le feu de brindille à brindille,
sinon ce n’est plus de l’amour.

Retrouvons ce dynamisme missionnaire chez nous, le courage de cette propagation de la Foi ailleurs, et Évangile fera tache d’huile ; et la Parole du Christ ruissellera comme une coulée de lave bienfaisante.

Le pire ce serait d’être tièdes, d’être « refroidis », ce qui justement signerait notre mort…
Puisons dans l’Eucharistie le courage missionnaire.
Amen.
P. Patrick BRAUD

par Patrick BRAUD publié dans : Homélies
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Mercredi 9 novembre 2005

Retrouvez « Première Séance », chronique cinéma de Frédéric Sabourin tous les mercredis sur RCF Accords (Angoulême 96.8) à 7h55 et 18h25 (et RCF Accords Poitiers 94.7 à 7h35 et 18h35)
                                                     Caché

de Michael Haneke. France, Autriche, Allemagne 2005. 115mn. 180 copies. Avec : Daniel Auteuil ; Juliette Binoche ; Maurice Bénichou ; Annie Girardot…

 Partant du principe biblique que « tout ce qui est caché sera dévoilé », Michael Haneke est au sommet de l’art manipulateur avec une fascinante leçon de cinéma. Caché est un film puissant, qui pose la question au spectateur : qui manipule qui, en matière d’images ?
Le film commence par un plan fixe de plusieurs minutes, devant une maison dans un quartier de Paris. C’est ce que visionnent Anne et Georges, qui viennent de trouver cette vidéo dans leur boîte aux lettres. Ils sont espionnés. Pourtant, tout allait bien pour eux : Anne travaille dans une maison d’édition et Georges anime une émission littéraire à la télé. De nouvelles cassettes arrivent, ainsi que de troublants dessins.
Georges se mure dans le silence, qui inquiète sa femme. Il semblerait qu’une histoire ancienne de calomnie d’enfants soit à l’origine du trouble. Georges avait dénoncé le fils des ouvriers agricoles algériens, il y a bien longtemps, chez ses parents. Entre règlement de compte et blessures profondes, Georges doit faire face.
Dans Caché tout ce qu’on pense vrai ne l’est pas nécessairement. D’abord ces mystérieuses cassettes, puis les dessins, puis les coups de téléphone. Michael Haneke mène son monde en laissant volontairement les spectateurs dans le doute. Tantôt thriller ou drame familial, il nous égare, organise des ruptures, et nous laisse en plan. Même l’humour peut intervenir, mais il contribue au malaise. La caméra d’Haneke est froide et distante : on est capté.
Daniel Auteuil et Juliette Binoche, dans un jeu d’une extrême sobriété, contribuent grandement à la valeur du film, qui nous met devant le fait accompli en sortant : silence, lâcheté, culpabilité, tout ce qui est Caché peut un jour être dévoilé…


                                                                   Match Point

de Woody Allen.
Etats-Unis 2005. 123mn. 300 copies. Avec : Jonathan Rhys Meyers ; Scarlette Johansson ; Emily Mortimer ; Matthew Goode…

Venu d’un milieu modeste, Chris Wilton enseigne le tennis à la bourgeoisie londonienne. C’est là qu’il rencontre Chloe Hewett, une élève fortunée, qu’il épouse. Mais il est de plus en plus attiré par Nola Rice, actrice américaine débutante convoitée par son beau-frère. Quand on la voit, on comprend pourquoi…
Avez-vous déjà joué ou regardé du tennis ? Si oui, alors vous savez que le haut du filet peu faire basculer le cours d’un match, si la balle en le heurtant retombe du bon ou du mauvais côté. Un peu comme un pile ou face. C’est ce que Woody Allen nous présente dans ce Match Point, palpitant de bout en bout, suspens mené comme un roman policier d’une mumy anglaise. Woody Allen laisse un peu de côté ses propres obsessions et son psy new-yorkais, pour nous entraîner à Londres, dans une histoire délicieusement immorale, mais ô combien jouissive !
Sexe et pouvoir ne mènent décidément qu’à un monde sans foi ni loi, et Woody Allen prend manifestement un certain plaisir à effrayer la bourgeoisie coincée avec cette pirouette finale dont je ne vous dirai rien pour préserver votre plaisir et le suspens.
Sa nouvelle égérie, Scarlett Johansson (qui a déjà signé pour son prochain film), prouve qu’elle peu varier les genres, oscillant entre le fantasme sexuel outrancier et la femme-enfant en quête de protection.
Sombre et un brin misanthropique, Woody Allen réalise là un de ses meilleurs films depuis fort longtemps, en sortant un peu de son genre habituel. C’est vif, insolent, un peu pervers et amoral.
Allez, que les bourgeoises effarouchées se rassurent : ce n’est qu’un film, à pile ou face, comme une balle de match. La réalité est bien pire que ça…

par fred sabourin publié dans : Actualités
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