les bienheureux du purgatoire sur la façade de la cathédrale d'Angoulême (12° siècle)regroupant les églises suivantes:
St Pierre (cathédrale) / St Ausone / St André / St Martial
et Notre Dame d'Obezine / chapelle de Beaulieu
(plan de la ville)

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Visites ‘spirituelles’ de la Cathédrale d'Angoulême par P. Braud ou R. Houdusse : Mercredi-Jeudi-Vendredi à 18h en Juillet-Août
Samedi 18 février 2006
Il n’y a plus d’abonné à l’adresse électronique…

     Ca fait partie des nouveaux petits tracas de la vie moderne sur internet : les « news letter », ces courriers électroniques, moitié publicité, moitié tentative de fidélisation. Il suffit que vous commandiez un jour quelque chose sur le net, et vous y êtes automatiquement abonné. Ensuite, régulièrement, vous recevez la « news letter » et des offres de promotions… Il y a néanmoins un recours, le « désabonnement ». On se croit maître de son destin ! Alors on clique sur un lien qui envoie sur le site officiel, on re-clique sur la case « voulez-vous vraiment vous désabonner ? ». Oui, je le veux vraiment, et on pense être débarrassé du problème.
Chez « JPG », une société de produits de bureau, on a pas la même définition du « désabonnement ». Je me suis désabonné à la lettre de fidélisation. Savez-vous ce qu’ils m’ont répondu, chez JPG ? Je cite : « l’email … @hotmail.com a bien été supprimé de la base de données de JPG. Vous recevrez prochainement un courrier électronique de confirmation. Merci de votre confiance ! »
On croit rêver, mais non, on reçoit effectivement un « courrier électronique de confirmation », suivi d’une autre offre de pub…
En effet, on peut avoir confiance
par fred sabourin publié dans : Humeur
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Jeudi 16 février 2006

Homélie du 12 Février 2006 / Journée des malades

c'est pas beau la lèpre physique... la lèpre psychologique non plus...C'est aujourd'hui la Journée de prière pour les Malades tout près de la fête de Notre Dame de Lourdes le 11 février, que tant de malades viennent implorer en pèlerinage : 5 à 6 millions de pèlerins chaque année à Lourdes !
Et voici que le lépreux de l'Évangile vient nous rejoindre dans la prière.
S'il y avait une maladie terrible et terrifiante à l'époque (comme hélas en Afrique encore), c'était bien la lèpre. Elle met le corps en lambeaux, au sens le plus physique du terme. Avec la lèpre, la vie fout le camp par petits bouts : plus de phalanges, plus d'yeux, plus d’orteils, plus de dignité, un corps qui ressemble à un oignon qu'on pèle, en bien plus laid.
Pensez aux phases terminales d'un cancer, aux stades ultimes d'un sida, et vous aurez une idée de la déchéance physique que produit la lèpre.
Quelles sont les lèpres d’aujourd’hui ?

Parmi les maladies qui font souffrir tant de gens autour de nous, le Pape Benoît XVI attire particulièrement notre attention cette année sur les maladies psychiques et mentales.

 

film génial, mais diagnostic terrible sur l'enfermement psychiatrique...« En cette circonstance, l'Église désire se pencher avec une sollicitude particulière sur les personnes qui souffrent, en rappelant l'attention de l'opinion publique sur les problèmes liés aux maladies mentales, qui frappe désormais un cinquième de l'humanité et qui constitue une véritable urgence médico-sociale. En rappelant l'attention que mon vénéré prédécesseur Jean-Paul II réservait à cette célébration annuelle, moi aussi, chers frères et soeurs, je voudrais me rendre spirituellement présent à la Journée mondiale du

 

 

X Evangile de Jésus Christ selon saint  Marc                             1, 40-45
Un lépreux vient trouver Jésus ; il tombe à ses genoux et le supplie : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » A l’instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié. Aussitôt Jésus le renvoya avec cet avertissement sévère ! « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne pour ta purification ce que Moïse prescrit dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte qu’il n’était plus possible à Jésus d’entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d’éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui.

Malade, pour m'arrêter et réfléchir, en communion avec les participants, sur la situation des malades mentaux dans le monde et pour solliciter l'engagement des communautés ecclésiales en vue de témoigner à ces derniers de la tendre miséricorde du Seigneur.
Cette Journée mondiale du Malade représente une occasion opportune d'exprimer la solidarité aux familles qui doivent s'occuper des personnes atteintes de maladies mentales.
Je souhaite que se développe et se diffuse [à l’égard des malades mentaux] la culture de l'accueil et du partage, grâce également à des lois adaptées et à des politiques de santé qui prévoient des ressources suffisantes pour leur application concrète. Combien sont importantes la formation et la mise à jour du personnel qui oeuvre dans un secteur si délicat de la société. Chaque chrétien, selon ses propres devoirs et sa propre responsabilité, est appelé à apporter sa contribution afin que soit reconnue, respectée et promue la dignité de nos frères et soeurs. »
C’est devenu une véritable question de société chez nous.
Dans quelle famille n’y a-t-il pas eu une dépression, en hospitalisation, en CHS ?
Le ‘mal de vivre’ que chantait Barbara, ce mal de vivre qui repeint tout en noir et qui passe parfois jusqu’à la tentative de suicide. Chaque année en France, 160 000 personnes tentent de mettre fin à leur jour. 12 000 y parviennent, hélas. Le suicide est plus meurtrier que les accidents de la route. Premières victimes : les femmes, les personnes séparées, les chômeurs…
        
ça commence par l'impression de se noyer, sans pouvoir trouver d'aide...Mais le ‘mal de vivre’ est plus général encore : les adolescents y sont particulièrement vulnérables, et chacun de nous peut connaître une période de sa vie où il a l’impression que son existence part en lambeaux, comme le lépreux de l’Évangile. Et comme les lépreux d’autrefois, c’est très difficile d’en parler à d’autres, de se confier, de trouver un soutien. C’est presque honteux, et du coup cela isole ceux que la souffrance psychologique pousse déjà à l’isolement ou au repli sur soi. Je connais une femme, dépressive, qui me confiait : ‘Quand je sens que ça ne va pas, je ferme mes volets, et je reste là, toute seule, dans l’obscurité, sans oser sortir, ni téléphoner à personne’.
‘Impur, impur’ criaient les lépreux du temps de Moïse… Ceux qui sont dans nos hôpitaux psychiatriques  semblent hélas crier la même souffrance d’exclusion…
        
Et nous continuons de mettre à l’écart ceux qui nous troublent ainsi par leur comportement « anormal ». Si vous êtes allée rendre visite à des amis hospitalisés au CHS de Breuty, Camille Claudel, vous avez sûrement été marqué par la détresse de cet univers, comme par la grande soif d’être reconnu dans leur humanité que manifestent ces personnes.
L’aumônier du CHS nous lançant un appel lors de notre dernier Conseil Paroissial, et « Église d’Angoulême » a publié cet appel :
« Nos communautés chrétiennes n'auraient-elles rien à attendre des personnes atteintes de fragilité psychique (ou d'autres) ?
N’ont-elles rien à apprendre de ce dépressif effaré devant le bilan d’une vie qu’il pensait réussie – chacun la disait brillante ! - et qu’à l’âge de la retraite il découvre inconsistante : « ce serait à refaire, je ferais dans l’humanitaire… » ? 
De ces patients chroniques qui portent dans la prière quotidienne toutes les misères du monde comme une affaire personnelle… ?
De cet homme qui vient consoler un compagnon en pleurs… ?

Il est vital pour tous que chacun se fasse proche des personnes en souffrance psychique :
1 – par la prière dans le cadre d’une chaîne, passerelle entre deux mondes qui se méconnaissent.
2 – en relayant dans la préparation liturgique la quête insatiable et la richesse des personnes fragiles, authentiques reflets du visage du Christ.
Pour y aider, rejoignez les amis de l’aumônerie Camille Claudel autour d’un triple engagement :
            - se tenir informé de ce qui se vit en psychiatrie : l’équipe d’aumônerie s'engage à nourrir la réflexion par une lettre d'information annuelle.
            - porter dans sa prière quotidienne le souci des personnes soignées en psychiatrie.
- verser une contribution financière (facultatif !) pour le fonctionnement, l’organisation des pèlerinages et la formation des accompagnants. Les personnes suivies et parfois très démunies (environ 50 personnes) sont invitées à apporter 1 euro à chaque réunion mensuelle. Une participation volontaire à même hauteur des amis de l’aumônerie apporterait un souffle de créativité : soit 12 euros par an ! »
 (Gilles VIGOUR)

Saurons-nous entendre cet appel ?
Avec la vingtaine de personnes qui recevront le sacrement des malades ce Dimanche à 11h à la Cathédrale, acceptons que la force du Christ puisse se déployer dans notre faiblesse.
                                                                               Père Patrick Braud

L'onction d'huile sur les mains du malade (Van der Weyden 15° siècle)Écoutons le témoignage de l’une d’entre elles :

Pourquoi, je viens recevoir le sacrement des malades
            J’en ai à vrai dire une certaine expérience. Déjà en 1991, je me suis trouvée en face de grandes difficultés : découverte d’un cancer, perspective d’une intervention chirurgicale, d’un traitement long et sans certitude de guérison.
            A la maison, une mamie de 91 ans se noyait dans la maladie d’Alzheimer.
            Devant cela, je me suis sentie sans force et sans espoir.
            Dans ma Foi, tournée vers le Seigneur, j’ai pensé au sacrement des malades. Mamie et moi l’avons reçu et retrouvé Paix et force.
           
Aujourd’hui d’autres difficultés se présentent à moi la vieillesse, la solitude, l’inaction, les douleurs physiques avec l’inévitable retour sur soi même ; il y a des conséquences de mes actes, les souvenirs, les regrets de la peine faite aux autres, qui créent un dur passage qu’une grande lassitude n’aide pas à combattre.

            C’est pour cela que je suis là, pour demander à Dieu de m’aider à retrouver la Paix, la force de chasser les tristesses enfin de croire en sa miséricorde et à son amour, enfin de pouvoir prier confiante et reconnaissante de tant de grâces reçues et si souvent oubliées. Faire enfin dans l’humilité sa sainte volonté.

par Patrick BRAUD publié dans : Homélies
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Mercredi 15 février 2006

 Première Séance , chronique cinéma de Frédéric Sabourin tous les mercredis sur RCF Accords (Angoulême 96.8) à 7h55 et 18h25 (et Accords Poitiers 94.7 à  7h35 et 18h35)
                                 Toute la beauté du monde

de Marc Esposito. France 2006. 103 mn. 350 copies. UGC Distribution. Avec : Marc Lavoine ; Zoë Félix ; Albane Duterc ; Jean-Pierre Darroussin…

Les plus belles cartes postales font-elles les meilleurs films ? C’est la question qu’on peut se poser, honnêtement, en sortant de la projection de
Toute la beauté du monde de Marc Esposito. On avait beaucoup aimé le Cœur des hommes en 2002. Projet similaire dans le choix des acteurs (on retrouve les beaux yeux de Marc Lavoine et la touchante Zoé Félix), Toute la beauté du monde est pourtant un scénario écrit avant le Cœur des hommes. Ce qui expliquerait alors les maladresses et l’essoufflement passé le premier quart d’heure.
Résumons : Tina vient de perdre son mari dans un accident de voiture, et plonge dans une dépression sévère. Son frère Roland raconte tout ça à Franck (Marc Lavoine), globe-trotter pour une société de bois exotiques. Il lui conseille de faire un long et beau voyage pour oublier tout ça. Tina accepte. Franck la rejoint à Bali, où il a des amis, ce qui lui donne un prétexte pour s’approcher de Tina dont il est instantanément amoureux. La suite c’est une somme de paysages et de pérégrinations sur l’île de Bali…
Si vous aimez les cartes postales, ce film est fait pour vous. Certes, celle-ci est un peu longue (1h43), mais au moins, ça nous change de la Sardaigne avec les Bronzés… Si vous aimez les hommes patients qui ne couchent pas dès le premier soir, alors là aussi ce film vous plaira : Marc Lavoine, qui interprète Franck, est loin du rôle de coureur que lui avait donné Esposito dans Le Cœur des hommes.
On est donc partagé entre le sentiment tenace de n’avoir pas assisté à la transformation d’un bien bel essai, et un autre sentiment, plus diffus mais présent : celui de s’être fait joliment promené, à Bali, à califourchon sur des motos indonésiennes…

Le documentaire se porte bien au cinéma, et c’est plutôt bon signe. Preuve que le nivellement par le bas n’est pas toujours de mise sur grand écran. Après deux années fastes avec les récents Fahrenheit 911 de Michael Moore et Le cauchemar de Darwin de Hubert Sauper, actuellement sortent deux documentaires poignants et paraît-il vraiment bien fait. C’est difficile à savoir parce qu’à Angoulême, on doit être trop bête pour les avoir…
Le premier,
9m² pour deux de Joseph Cesarini et Jimmy Glasberg raconte le quotidien emmuré d’une population carcérale qu’on ne guillotine plus mais qu’on s’emploie à déshumaniser méthodiquement. Un regard non plus « sur » mais « depuis » la prison. Habituellement, on voit plutôt ce lieu sous l’angle romanesque d’un film qui, bien que réaliste la plupart du temps, reste une fiction. Il n’en est pas de même avec ce 9m² pour deux, à montrer paraît-il à tous ceux qui disent : « ils ont déjà la télé, on ne va pas leur offrir un 3 étoiles » !

Le deuxième documentaire sorti en France le 8 février, c’est Il ne mourrait pas tous mais tous étaient frappés, de Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil. Une autopsie minutieuse et franchement décapante du monde du travail, avec pour idée de départ : il existerait un lien entre notre mal-être et notre travail. Rencontres croisées avec des médecins du travail, psychologues et patients stressés en arrêt maladie. C’est sobre, vif, et la caméra fixée dans un coin du cabinet se fait oublier, en imposant le regard du spectateur. La connaissance des maux étant en général à la base de tout changement, Il ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés propose cet optimisme, et on espère non seulement voir ce film un jour en Poitou-Charentes, mais aussi relayé au plus haut niveau, pour proposer des solutions aux débats que sa projection ne manquera pas de provoquer…

par fred sabourin publié dans : Actualités
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Lundi 13 février 2006

Un paroissien vient de perdre son père. Devant son cercueil, lors des obsèques, voilà le mot qu’il a prononcé, comme un dernier adieu, comme une déclaration d’amour d’un fils à son père…

Trouver les mots pour dire à son père qu'on l'aime...« Papa, ce qui se passe de l'autre côté, quand tout bascule dans l'éternité, je ne le sais pas.
Je crois seulement qu'un Amour t'attend.

Papa, même si tu n'as pas frappé à sa porte, laisse‑moi dire au Seigneur, bien qu'il le sache déjà car lui seul sait lire dans le coeur des hommes, qui tu étais

Papa tu étais amour : même si tu ne pouvais pas le dire avec des mots, tu nous as aimé par tes actes, une attention permanente, une infinie patience, tu as partagé ton savoir, tes compétences, abandonné pour nous ton confort ;

Papa tu étais réconfort : tu savais par des mots justes, par ta maîtrise de toutes les situations redonner force et courage à ceux qui les avaient perdues ;

Papa tu étais gentillesse et bonté. Tu savais, par ta disponibilité permanente, si bien partager, regarder et te préoccuper des autres sans jamais les juger.

Papa tu étais famille. Tu étais le trait d'union, le lien, le centre parce qu' avec toi on se sentait protégé, plus fort.

Voilà qui était mon papa, Seigneur ; ce n'était pas un Saint bien sûr, mais je sais que tu nous aimes comme nous sommes et que tu as même de la joie à nous aimer. Maintenant que c'est fini, toi seul peut encore lui dire cet amour qui déborde de mon coeur, cet amour que je n'ai pas assez su lui dire. Je ne peux que lui murmurer ma tendresse et lui souffler des ‘je t'aime’ qu'il ne peut plus respirer.

Papa, laisse moi prier Jésus, Marie et Thérèse de venir te chercher, de te prendre la main et de t'emmener au Père.
Papa, parce qu'il n'y a qu'un seul amour, laisse les t'entraîner de notre amour à son Amour. »

par Un paroissien publié dans : Actualités
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Samedi 11 février 2006
DIEU EST AMOUR
ou  CE QUI EST SACRE POUR LES CHRETIENS

 
Le respect des religions dans un monde violent
            Le prophète Mahomet a été caricaturé par un journal danois en Septembre 2005. Une vague de protestations se lève dans les pays musulmans, du Maroc à l’Indonésie. Des Etats arabes protestent. Des foules manifestent dans la rue. Des drapeaux sont brûlés. L’Occident est mis en accusation. Et le monde entier est comme pris dans un piège toujours menaçant, où se mêlent la recherche des coupables et le procès intenté aux religions. La guerre terrible des images redouble ce piège.
            Puisqu’il y a du mal dans le monde, il faut des coupables : d’un côté, on désigne la violence du terrorisme islamiste, de l’autre, on dénonce l’impiété des occidentaux.
            Et ces fronts opposés semblent justifier le prophétie terrible du choc des civilisations : d’un côté, l’Orient musulman, de l’autre l’Occident sécularisé. A moins qu’ici ou là, on ne rêve d’une sainte alliance soit contre les religions supposées toutes violentes, soit contre la culture moderne supposée irreligieuse.
            Quel gâchis ou quelle mise en scène ! Qui donc nous apprendra à rester raisonnables au milieu de cette exacerbation des passions religieuses et politiques ?
            A cette question, on peut répondre : notre pape Benoît XVI, si l’on prend le temps de lire sa première encyclique et de la recevoir pour ce qu’elle est, non pas du tout un discours-programme, mais une méditation sur l’essentiel, sur l’Amour de Dieu révélé à travers le cœur humain et à travers la Bible, et sur la charité en tant que mission primordiale de l’Eglise.
 
Eros, agapê et révélation de Dieu
un texte qui pétille de culture et d'intelligence...            Le premier grand message de Benoît XVI au monde n’est donc pas un message de morale. C’est un message d’amour, qui se réfère d’abord au cœur de l’homme et de la femme. En notre cœur, deux forces ou deux pulsions se manifestent : l’amour qui désire (eros) et l’amour qui se donne (agapê).
            Benoît XVI connaît bien les philosophes allemands, NIETZCHE, en particulier, qui a accusé le christianisme d’avoir empoisonné l’eros, en faisant de cette force vitale une force perverse. Mais l’eros, affirme Benoît XVI, n’est pas pervers : ce sont les perversions de l’eros qui sont perverses, quand l’autre est réduit à un objet. Mais l’eros fait partie intégrante de l’expérience de l’amour, car l’amour est
« sortie de soi », « extase », « non pas dans le sens d’un moment d’ivresse, mais comme « exode » permanent qui va du « moi » enfermé en lui-même au don de soi et à la découverte de Dieu » (n. 6).
            Cette perception unitaire de l’amour, avec ses deux dimensions constitutives d’amour qui désire et d’amour qui se donne, se déploie de façon étonnante dans la Révélation biblique. Dieu est à l’origine du monde et il est tourné vers les hommes,
« Le Dieu unique auquel Israël croit aime personnellement. Son amour est un amour d’élection :parmi tous les peuples, il choisit Israël et il l’aime, avec le dessein de guérir par là toute l’humanité. Il aime, et son amour peut être qualifié comme eros, qui toutefois et en même temps est totalement agapê. » (n° 9).
            Et cet amour est si grand qu’il va jusqu’au pardon.
« Il retourne Dieu contre lui-même, son amour contre sa justice. » (n. 10). Cet amour passionné de Dieu a pris chair pour toujours en Jésus Christ, son Fils, et cette révélation-là est le cœur de notre foi : « Nous avons reconnu et nous avons cru que l’amour de Dieu est parmi nous » (1 Jn. 4, 16). De sorte qu’à la source du christianisme, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec une personne. Car « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, afin que tout être humain qui croit en Lui ne soit pas perdu, mais qu’il ait la vie éternelle. » (Jean 3, 16). Voilà ce qui est sacré et pour les chrétiens : l’engagement amoureux de Dieu pour nous et au milieu de nous, et notre engagement à nous aimer les uns les autres !
 
Justice et charité, Etat et Eglise
           
Toute la seconde partie de l’encyclique est consacrée au
« service de la charité », qui est la mission primordiale de l’Eglise dans le monde.
            Que l’on n’attende pas du pape des recettes ou un programme d’action ! Benoît XVI est fidèle à lui-même : il va à l’essentiel, il montre que, dès la première génération chrétienne, ce « service de la charité » prend une forme communautaire avec l’institution des sept (Act. 6, 5-6) et que ce service est inséparablement spirituel et social : il manifeste l’amour de Dieu et il va au devant des besoins de tous. Au passage, Joseph RATZINGER critique MARX et le marxisme, quand ils accusent les chrétiens de faire de la charité un alibi, qui dispenserait de lutter contre les injustices sociales. Il développe alors la conception chrétienne des rapports entre la justice et la charité, et en même temps entre l’Eglise et l’Etat.
            Le devoir essentiel de la politique et de l’Etat, c’est la justice, l’ordre juste de la société. Mais
« il n’y a aucun ordre juste de l’Etat qui puisse rendre superflu le service de l’amour »(n. 28), qui est la mission spécifique de l’Eglise. « Nous n’avons pas besoin d’un Etat qui régente et domine tout », mais qui reconnaisse et soutienne les initiatives qui naissent des diverses forces sociales, pour le bien de la société. « L’Eglise est une de ces forces vives : en elle vit la dynamique de l’amour suscité par l’Esprit du Christ » (n. 28).
            Et Benoît XVI soulignera aussi les traits caractéristiques des activités caritatives de l’Eglise : oser répondre à des urgences, à des besoins immédiats, être réellement indépendantes des partis politiques et des idéologies, ne pas se  livrer au prosélytisme religieux, sous prétexte de charité.
« Le chrétien sait quand le temps est venu de parler de Dieu et quand il est juste de le taire et de ne laisser parler que l’amour. Il sait que Dieu est amour et qu’il se rend présen t précisément dans les moments où rien d’autre n’est fait sinon qu’aimer. » (n.31).
         
Je serai heureux de présenter moi-même  cette première encyclique de Benoît XVI à la Maison diocésaine le JEUDI 23 FEVRIER à 20h30. Qu’on se le dise, et surtout que  l’on lise et que l’on fasse lire cette grande méditation qui manifeste les intentions profondes de notre pape : nous conduire à l’essentiel de la foi, c’est-à-dire à la vérité de l’Amour de Dieu que nous sommes appelés à connaître et à mettre en pratique dans le monde.

                                          Claude DAGENS, évêque d’Angoulême, le 6 Février 2006
par Mgr. Claude Dagens publié dans : Actualités
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