les bienheureux du purgatoire sur la façade de la cathédrale d'Angoulême (12° siècle)regroupant les églises suivantes:
St Pierre (cathédrale) / St Ausone / St André / St Martial
et Notre Dame d'Obezine / chapelle de Beaulieu
(plan de la ville)

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Visites ‘spirituelles’ de la Cathédrale d'Angoulême par P. Braud ou R. Houdusse : Mercredi-Jeudi-Vendredi à 18h en Juillet-Août
Mardi 13 mai 2008

Compte Rendu appel téléphonique à KOUDOUGOU

04 mai 2008

 

Ce dimanche, nous nous retrouvons à six membres de la Fraternité de notre Doyenné Angoulême Ville chez Yves et Annie M.

Youpi ! A Koudougou nous avons la liaison du premier coup : le Père Marcel, Evelyne et Robert sont présents et nous saluent…

 

I.               NOUVELLES de KOUDOUGOU :

 

-        Il fait « très très chaud au Burkina »… Les températures atteignent 42° ou 45° et une touriste allemande est décédée : elle a été enterrée cet après-midi. La pluie s’annonce  cependant et, avec la chaleur, les orages menacent.

 

 

-         Avec les problème de sécheresse la vie est devenue très chère : les projets en court sont menacés car, par rapport aux devis, les prix ont été multipliés par deux.

A Bobo, à Ouaga, à Koudougou, et dans d’autres villes du Burkina, des manifestations ont eu lieu, ainsi que dans d’autres villes ou pays de par le monde. 

Une aide a été demandée à l’Etat qui a  indiqué qu’il faisait son possible pour que les prix baissent… Cependant, les prix affichés dans les boutiques ne correspondent pas aux prix annoncés officiellement… Chacun a conscience que la difficulté est « que la crise est réelle partout dans le monde et que les Français connaissent aussi des difficultés économiques ».

-         Cette période compte de nombreuses célébrations de baptêmes, 1ère communion et confirmation sur les paroisses.

 Aujourd’hui à la paroisse Notre Dame de la Réconciliation de Burkina plusieurs centaines d’enfants des écoles primaires ont reçu les sacrements du Baptême (100 environ) , de la Première Communion (environ 300 enfants)  et de la Confirmation (300 également).

 

Pour les Aumôneries de Lycée et des Universités ces « S.I.C » : Sacrements de l’Initiation Chrétienne seront célébrés le 18 mai. 

Pour la Paroisse Cathédrale St Augustin les enfants des écoles primaires recevront ces sacrements les 24 et 25 mai. 

-         Le projet du mur clôturant et sécurisant l’espace autour de la cathédrale St Augustin avance : les relevés topographiques ont été faits et des arbres ont été déracinés afin de permettre son édification.

Du côté des écoles primaires « St Augustin B » les travaux avancent afin de protéger les enfants des nombreux passages de véhicules et éviter les accidents ; la mairie soutient le projet.

-         Hier a eu lieu la messe de funérailles de la maman du Père Emmanuel BAÏLY à  Kwardié.

-         L’école des Catéchistes d’Imasgho fête ses 60 ans d’existence les 9 et 10 mai ! Des festivités sont prévues qui rassembleront beaucoup de monde : le vendredi soir veillée de prière et messe à 9h00 le samedi matin. Tout le diocèse sera présent : plus de 15 000 personnes sont attendues (les catéchistes et leurs familles seront déjà très nombreux…).

-         Le séminaire a fêté aujourd’hui la fête de son « Saint Patron » : Notre Dame d’Afrique : la fête était prévue hier mais, avec les funérailles, elle a été différée à aujourd’hui.

Le Père Marcel n’a pu y être présent car il célébrait les messes du dimanche : à 6h30 pour la cathédrale St Augustin et à 9h00 au Centre de Brousse de Saria.

-         Les colis sont bien arrivés via le conteneur : merci beaucoup ! Toutes ces choses sont très utiles et le mégaphone a déjà été utilisé. C’est formidable !!!

 

II.          NOUVELLES du Doyenné Angoulême Ville :

 

1/ Côté diocésain :

 

-         Nous avons la joie qu’une nouvelle ordination diaconale ait été célébrée cet après midi ! Xavier RICHARD vient d’être ordonné diacre permanent.
Depuis le mois de décembre c’est la 5ème ordination diaconale (3 ordinations presbytérales sont en vue –comme vous le savez, Romain sera ordonné prêtre en juin- et 2 diacres permanents).

-         Pèlerinage des Scouts et Guides d’Europe à Marcillac-Lanville le week end dernier. 5 itinéraires convergeant vers l’abbaye étaient proposés avec différents niveaux de réflexion sur le thème « Etre appelé à la liberté » (parcours adaptés aux parents, aux ados, aux enfants) ? Chacun a ainsi pu prier, réfléchir et échanger… Une messe a clôturé cette journée.

-         Notre évêque est « Immortel » : il a récemment été élu à l’Académie Française ! C’est une joie pour nous tous et un événement hors du commun ! (Nos frères de Koudougou nous indiquent que cette nouvelle est parvenue jusqu’à eux : ils partagent cette joie).

 

2/ Les infos de notre Doyenné « Angoulême Ville » :

 

-         Un Conseil Pastoral de Doyenné élargi aura lieu le 7 mai autour de la « Pastorale des Jeunes ». L’idée est de rassembler les différents acteurs de cette Pastorale afin de mieux se connaître et voir comment des liens pourraient se tisser ou être développés entre les uns et les autres.

-         Le 08 mai : journée de préparation à la Première Communion  pour les enfants catéchisés sur nos paroisses du Doyenné.

3/ Les infos de nos paroisses :

 

-         St Jacques de l’Houmeau / Ste Bernadette : ce dimanche 4 mai le Sacrement de l’Onction des Malades a été célébré en l’ église St Jacques de l’Houmeau : 12 personnes ont reçu ce sacrement (une autre n’a pu être présente du fait de son état de santé).

-         Paroisse Centre Ville :

. Nous préparons activement l’ordination presbytérale de Romain. Cette préparation est à la fois spirituelle et… matérielle bien sûr. Côté spirituel, un livret sera proposé dès le 8 juin (avec pour chaque jour : un extrait de l’une des lectures, un commentaire de celui-ci, et une prière). Chacun pourra ainsi porter Romain dans la prière.

 

. L’Equipe d’Animation Pastorale et le Conseil Pastoral Paroissial travaillent à deux projets importants : la relance du catéchuménat des adultes et une proposition de « Lectio Divina » accessible à tous.

 

. Ce mois de mai est riche en événements de toutes sortes : après la conférence très instructive sur Girard II dimanche dernier (évêque fondateur de notre cathédrale d’Angoulême) notre paroisse propose une sortie paroissiale le lundi 12 mai (lundi de Pentecôte). Au programme visite au moines de l’Abbaye de Ligugé puis visite d’un parc animalier « La Vallée des singes ».

Du 13 au 17 mai nous fêterons Notre Dame de Fatima avec la communauté portugaise : messes, confessions, chapelet et procession dans les rues du Vieil Angoulême marqueront ce temps fort pour la vie de notre paroisse ! La Communauté Catholique des Africains de Charente s’associe à l’animation des célébrations.

Enfin le 18 mai un repas convivial est proposé à tous les paroissiens de nos églises du Centre Ville : un occasion supplémentaire pour faire connaissance et partager ensemble des moments de convivialité !

 

4/ L’actualité de notre Fraternité :

 

-         Nous préparons activement l’accueil de votre délégation en juin ! Dans la prière bien sûr, mais aussi dans l’action :

 

Le jeudi 1er mai nous avons mobilisé plus de 25 personnes de notre Fraternité et de nos paroisses pour vendre du muguet et tenir un stand de Brocante toute la journée. Nous sommes heureux du résultat car cela va nous permettre de financer une partie des billets d’avion pour vous accueillir !

 

III.     INTENTIONS DE PRIERE :

 

 Intention de prière de notre Eglise-Sœur de Koudougou confiée à notre Doyenné :

Ce dernier trimestre annonce pour beaucoup d’élèves et leurs familles l’arrivée prochaine des examens et un travail soutenu afin de réussir leur C.E.P. (Certificat d’Etudes Primaires), B.E.P.C. ou BAC…

Que Dieu les accompagne et leur envoie l’Esprit Saint afin qu’ils puissent réussir ces épreuves et avoir de la joie dans ce monde,

Prions le Seigneur !

Intention de prière pour notre Doyenné confiée à Koudougou

Seigneur, nous te rendons grâce pour les nombreux événements heureux qui marquent la vie de nos paroisses : ordinations, messes et festivités, temps de réflexion ou de convivialité… Que chacun de ces événements régénère notre vie d’Eglise et nous donne l’audace de proclamer notre Joie, de proclamer notre Foi,

Seigneur, nous te prions ! 

 

PROCHAIN APPEL : Dimanche 1er juin 2008

chez Elisabeth R. à 18h00.

par Fraternité Angoulême-Koudougou publié dans : Fraternité Angoulême-Koudougou communauté : Communauté spirituelle
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Mardi 13 mai 2008

La place du dimanche dans la vie de l’homme

 

Les débats actuels sur le travail dominical et l’importance des enjeux en cause conduisent le Conseil pour les questions familiales et sociales de la Conférence des évêques de France à consacrer un numéro de la revue Documents Episcopat à ce sujet (Février 2008). Ce document, intitulé « Le dimanche au risque de la vie actuelle » a été rédigé par Mgr Jean-Charles Descubes, archevêque de Rouen et président de ce Conseil, Mgr Michel Guyard, évêque du Havre et membre de ce même Conseil, et M. Jacques Arènes, psychanalyste.

 

Ce texte s’organise en trois chapitres : « Le respect du repos du dimanche », « Signification chrétienne du dimanche » et « Précieux loisirs ». Il donne en particulier les raisons théologiques, anthropologiques et sociales qui rendent ce repos hebdomadaire indispensable à tous.

 

L’Eglise souhaite bien sûr que les chrétiens puissent célébrer, chaque dimanche, la résurrection du Seigneur. Ce texte indique également que, grâce au repos dominical, « chacun dispose du temps pour se reposer, vivre en famille, rencontrer les autres, avoir une vie sociale et bénéficier des diverses propositions culturelles, sportives, etc., qui lui sont offertes. Le dimanche laisse à chacun le choix de son emploi du temps (…) : il est en cela un espace de liberté et de détente, au contraire de la semaine. Le dimanche permet de se donner un équilibre de vie souvent mis à mal par le rythme de la semaine. »

Ce document souligne aussi que « l’économie et le travail ne sont pas le dernier mot d’une vie sociale ». Le dimanche est « le temps des retrouvailles entre générations, adultes, jeunes et enfants quelles que soient leurs activités (école, études, entreprises privées ou publiques, etc.). Il permet de libérer un espace pour le jeu et la conversation entre les hommes ».

« D’autre part, préviennent les auteurs, si le dimanche devient un jour comme les autres, on est en droit de penser que des pressions s’exerceront sur le personnel en particulier dans les conditions d’embauche, que les avantages salariaux consentis actuellement disparaîtront progressivement à moins que l’on ait recours à des emplois à temps partiel continuant à renforcer les situations de précarité de bien des familles. »

 

« Dès lors, élargir l’ouverture des magasins le dimanche reviendrait à banaliser ce jour et à faire passer les lois du commerce avant la dimension conviviale, familiale et spirituelle de l’existence. Il n’y aurait plus de jour de congé hebdomadaire commun. Ceci accentuerait l’atomisation de la société française » souligne le Conseil pour les questions familiales et sociales de la Conférence des évêques de France.

par Conférence des Evêques de France publié dans : Actualités communauté : Communauté spirituelle
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Lundi 12 mai 2008

Edito

 

Auteur d’une lente transformation

 

Il est un contraste dont on parle peu, s’agissant de l’Esprit de Dieu. La Bible nous présente l’Esprit comme impossible à saisir et utilise pour en parler des images toutes puisées dans des éléments qui nous fascinent, car échappant à nos prises : l’eau, le feu et le vent. C’est qu’Il est sans visage, l’Esprit ; et même s’il est difficile d’imaginer le Père, Jésus nous affirme : « Qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14, 9).

 

En outre l’action de l’Esprit est elle-même imprévisible, surprenante, parfois soudaine comme ce jour-là à Jérusalem. Si le souffle de Pentecôte inaugure une nouvelle création, comme Celui qui planait sur les eaux lors de la première, s’Il met en route des hommes qui, jusque là étaient paralysés par la peur, Il va les pousser et les accompagner dans la belle aventure de l’annonce de l’Evangile.

Et, là est le contraste : Il va susciter peu à peu, chez ceux qui se fient à Lui, une lente transformation ; c’est celle que nous évoquons quand nous parlons d’un « laisser-faire », d’un  «lâcher-prise ». Récemment quelqu’un me disait son agacement d’entendre ces formules, et me parlait de ses résistances issues de sa volonté d’autonomie.

 

L’enjeu de la transformation que peut opérer l’Esprit n’est rien moins que la naissance à la liberté dont témoignent, après Jésus, ceux et celles qui ont livré leur vie au Souffle de Dieu, au prix de longs combats, au prix fort de ce qui ne s’opère pas en un jour. Oserons-nous nous y risquer ?

Serge Ricaud, curé de Bouliac (Gironde)

Petite séquence de Pentecôte:

Le souffle de Dieu planait sur les eaux

Et l’on s’éveillait à un monde nouveau.

Le vent de l’Esprit fait reprendre vie,

Une force nouvelle nous envahit.
Doux murmure d’une brise dans le silence.

Qui danse en nous comme une espérance.

Chant qui nous invite à la liberté

Et nous incite à plus de charité.

 

Feu dévorant qui habite en nos cœurs

Poussant les apôtres hors de leur torpeur.

Flamme qui nous embrase de Ton Amour,

Qu’il nous faut raviver les mauvais jours.

 

Telle une source d’eau vive jaillissante

Cascade d’eau pure, source apaisante.

Eau qui régénère et nous permet d’Etre

Car c’est d’en-haut qu’il nous faut renaître.

 

Saurons-nous nous ouvrir à cette naissance ?

Car c’est dans la mouvance de l’Esprit

Que l’on s’ouvre à la Vraie Vie.

Myriam ETEVENARD

par Serge RICAUD publié dans : Pour réfléchir communauté : Communauté spirituelle
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Dimanche 11 mai 2008

Homélie de Pentecôte 2008     11/05/08

Pentecôte,

ou la bénédiction de Babel enfin accomplie

 

On présente souvent notre fête de Pentecôte comme un « anti-Babel », c’est-à-dire l’inverse de l’épisode de la tour de Babel. Rappelez-vous ce passage de la Bible où les hommes veulent construire à Babel une tour qui monterait jusqu’au ciel. Dieu les disperse en brouillant leur langage.

Mais ne faudrait-il pas réévaluer Babel ?

On a coutume de présenter cet épisode de la Tour de Babel comme une punition divine. L’humanité aurait été punie  de son orgueil démesuré : vouloir se faire l’égale de Dieu, à travers cette tour immense. Dieu aurait alors multiplié les langues des peuples, pour les empêcher de se comprendre, et ainsi arrêter la folie de la tour.

Dans cette interprétation de Babel, la multiplicité des langues est un châtiment, la ruine de la tour de Babel est un avertissement, pour empêcher l’homme d’atteindre Dieu.

 

Aujourd’hui, en entendant qu'à Pentecôte la multiplicité du don des langues est un don de Dieu fait aux apôtres, ne peut-on pas réinterpréter autrement ce vieux texte de Babel ?

 

§      La bénédiction de Babel

Et si la « malédiction » de Babel était en fait une bénédiction * ? En diversifiant leurs langages, Dieu écartait en fait de l’humanité la menace totalitaire d’une langue unique enfermant par avance les peuples dans une pensée unique. Il nous sauve ainsi de la « tour infernale » du totalitarisme.

On est aujourd’hui plus sensible – à juste titre – au respect des différences entre les cultures, entre les êtres.

Que serait la mondialisation actuelle si elle devenait la domination par exemple de l’anglais sur les autres langues, jusqu’à les faire disparaître ? la domination d’une cuisine (« fast-food » !) sur les autres cuisines ? l’élimination des particularités régionales au profit d’un seul mode de vie unique ?
On peut d'ailleurs interpréter le succès phénoménal (20 millions de spectateurs!) du film "Bienvenue chez les Ch'tis" comme la revendication d'une identité régionale qui ne soit pas noyée dans la mondialisation ambiante...

Du coup il y a dans l’intervention divine à Babel une mesure salutaire : obliger l’homme à accepter les différences, empêcher une langue ou une pensée unique (parce qu’elle serait étouffante), ouvrir chaque culture au dialogue avec les autres, provoquer ainsi au mélange, au métissage culturel, où des peuples différents ne cessent d’engendrer d’autres peuples à nouveau différents.

 

C’est là le génie du monothéisme juif : parce que Dieu est le Tout-Autre, ouvrir l’homme aux autres.

Parce que Dieu est différent, inviter l’homme à dialoguer avec les différents.

Parce que Dieu est unique, et que seul Dieu est Dieu, empêcher une langue , une culture, une pensée de prendre la place de Dieu en se croyant unique...

 

§      Pentecôte, ou la promesse de Babel enfin accomplie

Le récit de Pentecôte apparaît alors, non pas comme l’anti-Babel, mais au contraire comme la réalisation de la promesse faite à Babel : l’Esprit de Pentecôte réalise en plénitude le lien et le respect entre les différences suscitées à Babel.

La multiplicité du don des langues de Pentecôte accomplit la multiplicité des langues données par Dieu à l'humanité lors de l'épisode de Babel. 

Chacun entend un même message, mais dans sa propre langue. Tous sont unis, alors que chaque identité culturelle est nommée et respectée.

Remarquez au passage qu'il n'y a pas de "langue sacrée" en christianisme à cause de la Pentecôte; alors que l'arabe par exemple reste la langue sacrée de l'islam dans le Coran (qui ne peut être psalmodié que dans cette langue unique, car les mots seraient sortis de la bouche de Dieu même en arabe, sacralisant ainsi cette langue). 

C’est là le génie de la révélation trinitaire chrétienne : parce que l’Esprit manifeste que Dieu est communion d’amour des trois personnes divines, il donne en même temps à l’humanité de conjuguer, comme Dieu, unité et diversité, communion et différence, identité et relation.

 

§      Conséquences sur la mondialisation

Pentecôte-Babel est donc un modèle de communication entre les peuples, qui permet notamment de penser la mondialisation autrement.

La rencontre entre les peuples peut tourner à la communion plus qu’à l’affrontement : l’Église en est témoin, et acteur, tout au long de son histoire (des premiers conciles jusqu’aux récentes JMJ...).

L’Évangile a fait naître des génies artistiques, littéraires, extraordinairement variés : pensez par exemple à l’invention de l’alphabet cyrillique par Cyrille et Méthode et vous comprendrez tout ce que l’Europe politique doit à cette approche « catholique », faisant justement le pari de l’unité dans la diversité.

 

Impossible de réduire la mondialisation à l’uniformisation du monde !

 

Voilà pourquoi il faut valoriser le « savoir-faire » de l’Église en matière de mondialisation depuis Pentecôte. Nul besoin de se mettre à la remorque d'idéologies étrangères... 

« L'Église, « experte en humanité », disait le Concile Vatican II, est aussi experte en mondialisation.

D'abord parce qu'elle l’a pratiquée sans le savoir depuis la Pentecôte, où Pierre à la tête des douze comprend immédiatement qu'il doit annoncer la Résurrection du Christ non pas à un groupe, mais à tous les groupes: Romains, Grecs, Juifs de Palestine et Juifs hellénisés, habitants de l'actuelle Turquie, de l'actuelle Roumanie, de l'actuel Maghreb, etc... La différence des langues ne fit pas obstacle à la mondialisation de l’annonce. D'emblée, l'Évangile s'est donné, de droit, universellement.

Et, à mesure que les siècles ont passé, de fait il a été reçu universellement.

Mais cette universalité de l'annonce n'a jamais mis en cause les identités particulières de ceux qui l'entendaient : les langues liturgiques se sont multipliées d'emblée, comme les traductions de la Bible (traductions qui dans de très nombreux cas ont fixé pour la première fois par écrit des dialectes jusqu'alors seulement parlés) ; les Églises locales se sont appuyées le plus vite possible sur un clergé autochtone, s'enracinant par acculturation dans les cultures les plus différentes, malgré les tentations de pouvoir hégémonique.

L'Église exerce sa mission, qu'elle ne peut ni partager avec d'autres instances ni bien sûr leur imposer. Mais, en exerçant sa mission, elle produit un modèle de communion universelle respectant l’individualité de tous.

L'Église en un sens a réussi la mondialisation, un type de mondialisation.

Ce modèle pourrait être pris au sérieux par ceux qu'intéressent la mondialisation profane et qui parfois s'en inquiètent. » (Mgr. Lustiger, La Croix, 4/11/1999)

 

Même les Jeux Olympiques qui se préparent en Chine n’échappent pas à ce dilemme : imposer une mondialisation « à la chinoise » ou « à l’occidentale » ?

 

§      Conséquences sur l’immigration

Dans ce métissage culturel, ce n’est pas d’abord la peur de l’autre qui domine, mais la relation de communion à construire avec chacun.

Surtout lorsqu’il est différent, l’autre me parle de Dieu. S’il est étranger, il peut m’empêcher de me refermer sur une identité trop petite. Tout en restant raisonnables sur la capacité réelle d’accueil et d’intégration en France, les Églises et les associations chrétiennes refusent de diaboliser l’immigration. L’Esprit de Pentecôte ne renferme pas les peuples sur leur identité, mais il leur donne de communiquer, d’échanger, d’expérimenter ce que Dieu vit en lui-même : communion et diversité...

À l’heure du Festival des Musiques Métisses qui se prépare à Angoulême, la Pentecôte représente un « Festival de métissage spirituel » en somme !

 

Dans notre paroisse, les fêtes de N.D. de Fatima à Angoulême les 17-18 Mai prochains seront également comme une petite Pentecôte !

La communauté franco-portugaise réussit chaque année son pari : manifester son attachement à ses racines culturelles et spirituelles, tout en affirmant sa profonde unité avec l’identité française.

La réussite est double lorsque la communauté chrétienne africaine d’Angoulême se joint à cet événement, avec ses propres chants à Marie, et sa propre expression (danses...).

Les chrétiens de Saint André sont ainsi témoins chaque année, à travers la foule (400 personnes environ), les danses, la messe et les chants dans plusieurs langues, la procession dans les rues de la vieille ville, que l’Esprit de Pentecôte unit sans renier les particularités.

Le coeur de chacun se réjouit lorsque on s’accepte différents, priant, chantant et même dansant ensemble ! La foi des uns soutient ou même réveille celle des autres !

 

Si Pentecôte est la bénédiction de Babel enfin accomplie, c’est toute notre Église qui en reçoit une mission très actuelle : mettre en œuvre une mondialisation selon l’Esprit de Pentecôte, échanger avec l’étranger selon ce même Esprit.

Puissions-nous entendre ce double appel !

 

Amen.

Père Patrick BRAUD

 

* cf. Fançois MARTY, la Bénédiction de Babel. Vérité et communication, Cerf, Paris, 1990.


Première lecture /Actes des Apôtres 2,1-11

 

Quand arriva la Pentecôte, (le cinquantième jour après Pâques) ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent: toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux. Alors ils furent tous remplis de l'Esprit Saint: ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit.

Or, il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel. Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d'eux les entendait parler sa propre langue. Déconcertés, émerveillés, ils disaient: "Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d'Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Égypte et de la Libye proche de Cyrène, Romains résidant ici, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous, nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu."

par Patrick BRAUD publié dans : Homélies communauté : Communauté spirituelle
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Vendredi 9 mai 2008

Cathédrale d’Angoulême  12/04/08

Lc 21,1-4

« L’obole de la veuve »

 

Jésus, ayant levé les yeux, vit les riches qui mettaient leur offrande dans le tronc. Il vit aussi une pauvre veuve, qui y mettait deux petites pièces. Et il dit : Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres ; car c’est de leur superflu que tous ceux-là ont mis des offrandes dans le tronc, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu’elle avait pour vivre.

  

Chère Sylvie, cher Jean-François,

 

         On croit qu’on va juste festoyer à la pendaison de crémaillère d’un collège, et là – surprise ! - on tombe sur la femme de sa vie... Comme quoi Jean-François il faut toujours être ouvert aux évènements, à l’imprévu, qui a pris ce jour-là (il y a 3 ans) le visage de Sylvie, le visage de votre rencontre.

 

         Et dès le début, votre relation va être placée sous le signe du don.

Avec humour d’abord : donner à l’autre les clés d’une origine culturelle et d’un tempérament fort différents.

Puis avec profondeur et sérieux, ce qui n’exclut jamais la gaieté ! :

- donner le goût de la Moravie ou de la Corrèze,

- donner le sens du beau (artiste) ou du solide (terrien) …

- donner le charme d’un savant désordre ou le côté pratique d’un caractère presque maniaque…

Plus encore, vous apprenez depuis le début à vous donner l’un à l’autre : livrer les clés de son passé personnel, familial à celui ou celle que l’on aime, c’est comme livrer les clés des remparts d’Angoulême à celui, celle qu’on accueille comme un libérateur…

Je suis témoin que vous avez fait ce travail là lors de la préparation au mariage et que vous le continuerez après.

 

         Voilà pourquoi le choix de cet évangile de la pauvre veuve vous va comme un gant.

Quel rapport en effet entre deux petites pièces déposées dans le tronc du Temple de Jérusalem et votre amour ?

 

- D’abord il y a la qualité du regard.

Jésus lui ne se laisse pas impressionner par le ‘bling-bling’ des pièces d’argent versées ostensiblement et avec grand bruit par les riches. Lui sait discerner celle que personne ne remarque. Ainsi votre regard l’un sur l’autre, Sylvie et Jean-François : vous ne voulez pas courir après ce qui est clinquant, mais après ce qui est vrai. Vous ne voulez pas vous arrêter aux apparences, mais discerner la vraie beauté, la vraie générosité de l’autre.

Cultivez entre vous deux, et avec vos relations, cette qualité de regard du Christ qui sait voir la vérité des personnes, leur vraie attitude du cœur : « levant les yeux, Jésus vit… » : sachez lever les yeux pour voir l’autre en vérité…

les vais regards d'amour sont ceux qui nous espèrent...

- Ensuite il y a ces 2 piécettes.

C’est bien peu, surtout comparées aux autres offrandes. Et pourtant, c’est ce qui a le plus de valeur, car c’est tout ce que possède cette veuve.

Sylvie et Jean-François, ne croyez jamais que vous avez trop peu à donner. Personne n’est jamais si pauvre qu’il ne puisse rien donner… Et si un couple venait à désespérer de sa capacité de donner, le Christ serait là pour dire à chacun : ‘regarde bien, tu as sûrement au fond de ta poche 2 petites pièces que tu peux offrir à ton conjoint’.

Offrir de l’écoute et un sourire, du respect et du dialogue, du pardon reçu et du pardon donné… 

 

- Et bien sûr, il y a la veuve.

Les Pères de l’Église ont vu dans cette pauvre veuve la figure de l’Église, notre Église, c’est-à-dire  nous ! Son époux est apparemment mort, mais elle donne au monde, avec confiance, les 2 pièces de la foi et de la charité. « Une veuve à 2 sous » en quelque sorte, comme il y a des « romans à quatre sous »…

Même lorsque l’amour semble mort, continuer à donner de la confiance et de l’amour, continuer à se donner jusqu’au bout, cela vaut la peine, semble dire le Christ devant cette femme. En tout cas, cette veuve à 2 sous continue de nous émerveiller lorsque, sous les traits d’un couple qui s’aime, elle donne même ce qu’elle a pour vivre. Jusqu’à se donner soi-même, comme le Christ sur la croix.

D’ailleurs, pour observer cette veuve, Jésus a du se placer exprès dans le parvis des femmes. Car au Temple de Jérusalem, les hommes et les femmes ne se mélangeaient pas. Jésus, franchit cet interdit, invitant hommes et femmes à donner ensemble et à recevoir l’un de l’autre. Ainsi, parce qu’il se place du côté des femmes ici, Jésus a pu s’émerveiller de la force du don de cette veuve… Faudrait-il que chacun dans le couple accepte ainsi d’être déplacé, d’aller chez l’autre, à partir de son point de vue, pour s’émerveiller également de la force du don qu’est en train d’accomplir le conjoint ?

Peut-être même Jésus puise-t-il chez cette femme le courage d’aller lui aussi jusqu’au bout du don de lui-même, jusqu’à la Croix ? Il reconnaît en elle une sœur, sa sœur, car elle donne tout ce qu’elle a pour vivre, et c’est ce que Jésus se prépare à accomplir sur la Croix…

 La pauvre euve du Temple (lithographie de Gustave Doré)


Qualité du regard, 2 piécettes, une veuve...

 

Bonne Nouvelle finalement : la manière dont nous donnons est beaucoup plus importante que le don versé ! Jésus ne regarde pas les zéros alignés sur le chèque, ou le nombre de bouteilles de champagne ce soir au festin des noces ; mais il regarde le cœur de celui qui donne (ce qui n’empêche pas le champagne d’ailleurs, mais le remet à sa juste place, seconde…)

Dans le mariage encore plus, la manière dont chacun se donne à l’autre compte infiniment. Le même geste de tendresse sera reçu ou refusé selon qu’il est perçu sincère ou hypocrite. Le même cadeau (du bon petit plat tchèque au bijou corrézien, ou l’inverse…) comblera de joie ou sonnera faux selon l’élan qui l’anime…

 

         Bref, la manière d’aimer compte plus que la somme d’amour. Tout un programme pour devenir mari et femme donnés l’un à l’autre !

 

Cette veuve à 2 sous nous parle donc bien de votre mariage, Sylvie et Jean-François. Elle nous redit que se marier, c’est donner de son nécessaire et pas seulement partager le superficiel, le superflu. Je suis sûr que vous saurez être fidèles à ce désir profond qui est entre vous : donner à l’autre sans faire de réserves, sans se garder des fausses sécurités pour soi tout seul ; se donner en se livrant vraiment, et pas en surface : en profondeur, comme un soc va déposer l’offrande de la graine au plus creux du sillon, comme l’artiste va chercher au plus intime l’inspiration pour composer sa musique, son texte, son œuvre d’art.

 

Que votre mariage encourage chacun de nous à croire en la fécondité de ce don-là, chacun à notre façon.

Que votre amour nous aide à avoir le regard du Christ pour discerner avec émerveillement, au-delà des apparences, la qualité du don de chacun.

Puissions-nous fêter ensemble vos 10 ans, vos 50 ans de mariage et plus !

Alors les troncs du Temple déborderont, car vos 2 piécettes seront devenues un vrai trésor…

Père Patrick BRAUD

par Patrick BRAUD publié dans : Homélies communauté : Communauté spirituelle
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