Cathédrale Angoulême

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Dimanche 30 mars 2008

Homélie du 2ème Dimanche de Pâques – Année A

Dimanche 30 Mars 2008

 

Thomas, Didyme, abîme...

 

« Tu es bien comme St Thomas, toi : tu ne crois que ce que tu vois ! »

Notre évangile d’aujourd’hui est ainsi passé dans la sagesse populaire grâce à ce brave Thomas qui incarne nos doutes, notre difficulté à croire sans voir.

Pourtant ce personnage est beaucoup plus intéressant que cette seule figure du doute.

Je vous propose d’en explorer quelques facettes, pour éclairer notre propre chemin de foi d’aujourd’hui.

  L'incrédulité de Thomazs (Le Caravage)

1) D’abord c’est l’un des Douze, choisis par Jésus pour être auprès de lui.

Dans la liste des Douze que dressent les évangélistes, Thomas est cité en 7ème position (Mt 10, 3) ou en 8ème position (Mc 3, 18 ; Lc 6, 15). Comme s’il était entre le 7ème et le 8ème.

D’ailleurs notre épisode en St Jean se situe le soir du premier jour de la semaine juive, c'est-à-dire le 8ème jour : c’est là, le Dimanche soir, que Thomas va accéder à la foi.

Pour nous également, l’enjeu est bien de passer symboliquement du 7ème au 8ème jour, du Samedi Saint au Dimanche de Pâques, du tombeau silencieux au tombeau vide.

 

2) Le nom hébreu de Thomas signifie : « Jumeau », en grec Didyme (charmant prénom qui pourrait revenir à la mode !).

Certains ont même cru que ce serait un frère jumeau à Jésus ! Jean prend bien soin de préciser que ce n’est qu’un surnom. Mais ce surnom prend tout son sens lorsqu’on se souvient que Thomas a désiré partager le même destin que Jésus. « Allons nous aussi, et nous mourrons avec lui ! » avait-il dit aux autres disciples (Jn 11, 16) lorsque Jésus partit voir son ami Lazare au tombeau. Sans le savoir Thomas exprimait ainsi son désir d’être associé à la Pâque du Christ. Et il le sera réellement. On dit qu’après avoir évangélisé la côte sud-ouest de l’Inde (les îles Malabar notamment), il y est mort martyr. « Le disciple sera pareil à son Maître » avait prévenu Jésus (Lc 6, 40), comme un jumeau est pareil à son frère.

Thomas le jumeau nous invite nous aussi à vivre la Pâque du Christ, chacun à sa manière devenant le jumeau du Fils unique !

 

3) Le nom de Thomas pourrait également signifier « abîme ».

C’est un autre St Thomas (d’Aquin) qui rappelle cette autre étymologie : « Thomas mérite à la fois le nom d’abîme et de Didyme, car plus ses doutes se prolongèrent, plus aussi furent profondes et sa foi dans les effets de la Passion du Seigneur et la connaissance qu’il eut de sa divinité ; ce qu’il prouva en s’écriant : ‘Mon Seigneur et mon Dieu’ ! » (St Thomas d’Aquin, catena aurea 3935 Ch X vv 1-4).

L’abîme de la profession de foi de Didyme devient ainsi l’appel à une plus grande profondeur de notre foi.

Une foi superficielle ou rituelle n’est pas la foi de St Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Ce cri d’adoration jaillit des profondeurs de son être, pas d’une formule apprise poliment.

Et nous ?...

 

4) Si le nom de Thomas-Didyme évoque un double, une paire, c’est peut être encore parce qu’il s’y est pris à 2 fois pour croire au Ressuscité !

La 1ère fois, c’était sur le témoignage des autres ; mais il était absent ce 1er dimanche (tiens donc ! être absent de l’assemblée du dimanche peut nous priver de la manifestation du Ressuscité...).

La 2ème fois, il est présent dans l’église (l’assemblée dominicale), et là il croit.

Un peu comme Marie Madeleine devant le tombeau vide : il faut qu’elle se retourne par 2 fois (Jn 20, 11-16) pour finalement reconnaître Jésus.

Un peu comme l’aveugle avec qui Jésus s’y est pris à 2 fois avant de le guérir complètement (Mc 8, 22-36).

Bien souvent, ce n’est pas en une seule fois que nous pouvons nous convertir vers le Ressuscité et croire en lui. Il faut des étapes, des doutes, des périodes d’éloignement, d’hésitation, de rapprochement… Il faut relire sa vie, encore et encore…

Thomas Didyme nous dit la patience du Ressuscité pour se faire reconnaître de nous : patience ! Rencontre après rencontre, célébration après célébration, l’élan succédant au doute nous ouvre peu à peu les yeux…

 

5) Enfin Thomas touche ce corps crucifié et glorieux à la fois.

Il touche la main de son doigt, il enfonce sa main dans le côté transpercé par la lance.

Thomas est donc celui qui physiquement touche les plaies glorieuses du corps transfiguré.

Et c’est cela qui fait de lui un homme de foi.

Aujourd’hui encore nous pouvons comme Thomas toucher le Corps du Christ dans ses blessures. À travers les pauvres de ce temps qui constituent son Église.

À travers la miséricorde qui est offerte à tous comme une huile versée sur les blessures.

À travers le témoignage de tant de saints ordinaires qui rayonnent d’une joie profonde, d’une beauté paradoxale dans les blessures mêmes qu’ils soignent, qu’ils habitent.

 

Thomas est l’apôtre du toucher.

Que peut on toucher du corps du Christ à travers la vie de notre Église, de nos équipes, de notre paroisse ? S’il n’y a rien à expérimenter concrètement ensemble, s’il n’y a rien à « toucher » au sens de St Thomas, ne vous étonnez pas que la foi au Christ ressuscité n’intéresse guère les occasionnels… ! Voilà pourquoi les repas, les voyages, les échanges, les amitiés paroissiales etc… sont si importants : ce sont les mains et le côtés du Christ pour les Thomas d’aujourd’hui !

Souvenez vous de la phrase écrite sur les murs du mouroir de Mère Térésa à Calcutta, dans cette Inde évangélisée par St Thomas : « Ici, vous touchez le corps du Christ ».

le christianisme passe égaqlement par le toucher, comme pour Thomas ! 

Thomas, Didyme, jumeau, abîme... St Thomas : inspire-nous un chemin de foi qui nous conduise au même cri jailli du plus profond de nous-mêmes : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Père Patrick BRAUD

Jn 20, 19-31
C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine, les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »
Or, l'un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) n'était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d'eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d'être incrédule, sois croyant. » Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il y a encore beaucoup d'autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre. Mais ceux-là y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom.

par Patrick BRAUD publié dans : Homélies communauté : Communauté spirituelle
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Dimanche 30 mars 2008

Edito

 

Dimanche de la miséricorde

 

« Il faut transmettre au monde le feu de la miséricorde » disait Paul VI ; c’est l’espérance qu’il faut annoncer.


Du 2 au 4 avril se tient à Rome le premier congrès mondial de la miséricorde, en vue de stimuler une prise de conscience de son importance pour aujourd’hui.

C’est le pape Jean-Paul II qui en est à l’origine tant le message de la miséricorde est présent dans ses écrits : « la miséricorde embrasse la totalité du mystère du Christ dans son œuvre de salut jusque et y compris Pâques. Parce que l’incarnation, c’est la miséricorde incarnée, et la rédemption, c’est la miséricorde qui a imposé sa limite au mal » (in Mémoire et identité).

 

Il ne s’agit pas de sensiblerie ou de bons sentiments, mais d’un accomplissement et d’un au-delà de la justice, de la réparation du pardon. « Dans aucun passage du message évangélique, ni le pardon, ni la divine miséricorde qui en est la source ne signifie indulgence envers le mal, envers le scandale, envers le tort causé ou les offenses » (in Mémoire et identité).

 

La miséricorde est le plus haut attribut de Dieu, et en même temps, elle rejoint la pastorale des gens les plus simples, des petits, par son message de confiance, écrivait sœur Faustine canonisée par Jean-Paul II. Elle est au cœur du message chrétien, chantée par saint Thomas d’Aquin comme la plus haute des vertus et la clé des œuvres de Dieu.

 

Ces jours derniers qui ont précédé les fêtes pascales, les prêtres ont exercé ce ministère où Dieu se révèle riche en grâce et miséricorde dans le sacrement de réconciliation : que de merveilles accomplies par son Esprit dans des cœurs simples qui l’accueillent, et cela sans bruit, sans que personne n’en parle ou n’en fasse la une de journaux !

ourtant, on est là au cœur du mystère du salut et le monde en est élevé même s’il ne le sait pas.

 

Osons nous demander en vérité chacun, chacune : « quelle est la place de la miséricorde reçue et offerte dans ma vie ? »

Serge Ricaud, curé de Bouliac (Gironde)

par Serge RICAUD publié dans : Pour réfléchir communauté : Communauté spirituelle
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Vendredi 28 mars 2008

LE COIN LECTURE (Mars 2008)

Marie-Thérèse GÉRARD, permanente pastorale à la maison du Doyenné de Cognac : « L’Escale », nous fait profiter de sa revue des livres qui viennent de sortir en librairie.
De quoi sortir son porte-monnaie pour aller les acheter à Cognac (l’Escale 91, rue Aristide Briand à Cognac Tel : 05 45 82 06 05  Fax : 05 45 82 06 22), Angoulême (L’Ancre et la Page ou la Maison Diocésaine, ou ailleurs !)

 « Vivre avec une personne malade »

Nicolle Caré et Hubert Paris, l’Atelier, 206 p.   18.00 €

Comment accompagner la maladie de nos proches ? Comment ne pas enfermer l’autre, comment traverser  ensemble l’épreuve ? Ce guide sera très utile aux familles, aux conjoints, aux soignants. Les choses y sont dites avec pudeur, mais en vérité. On y trouve de vraies pistes pour vivre ensemble l’épreuve .  

 








 
« Redécouvrir la messe »  

Michel Scouarnec   Edit : de l’Atelier  235 p.  19.90. €.

A l’heure du débat sur la messe en latin, il n’est pas inutile de se plonger dans le trésor symbolique de la messe pour mieux comprendre les rites. Avec talent, le Père Scouarnec nous aide à « comprendre » la messe. A lire pour savoir défendre si besoin la messe de Vatican II, qui n’a pas « bradé » la tradition !

 









« Jardins intérieurs »  

 Philippe Barbarin et Fabrice Hadjadj Edit : Parole et Silence, 190 p. 30 €

Dans cette lettre aux artistes, le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, dit combien l’art se conjugue avec sa foi. Avec  les œuvres d’une douzaine d’artistes contemporains et la réflexion sensible du philosophe Fabrice Hadjadj, ces «  jardins intérieurs » proposent au lecteur un vrai dialogue entre la foi et l’art. Langage universel, l’expression artistique devient un espace de rencontre et de découverte.

 








 

 « La transmission, un défi impossible ?  » 

Jean Noël Bezançon, Pierre Chalvidan, Frédéric Mounie , Edit: DDB,  98 p.   14.00 €

Allons-nous  vers une société sans racines ? Un théologien curé de paroisse, un universitaire, un journaliste, donnent leur point de vue de chrétiens, suggèrent des attitudes adaptées à l’époque.

  















 

 « MOI J’Y CROIS ! 100% ADO »   

Guillaume Riffaud,  Edit :Bayard Jeunesse, 144 p.  12.90 €

Croire en l’amitié, en la science, en Dieu, en l’amour, au bonheur…Dans un style concret, l’auteur propose une réflexion pour aider le lecteur à se faire une opinion et, si possible, à se mettre en action !

 

 









 
«  SCOUTS :  Naître à la parole »   

Jean Marie Mallet GUY,  Edit : Presses d’Ile de France, 144 p.  18.00 €

«  Le scoutisme n’a pas perdu l’ambition d’une proposition de la foi », annonce en préface Mijo Beccaria. Alors que 2007 marque le centenaire du scoutisme, le père Jean Marie Mallet-Guy, aumônier général des Scouts de France, développe les grands principes éducatifs du mouvement et donne des pistes pratiques, utilisables par tous. Une proposition pédagogique qui s’appuie sur la Bonne Nouvelle, l’Evangile.  

par Marie-Thérèse Gérard publié dans : Actualités communauté : Communauté spirituelle
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Jeudi 27 mars 2008

Retrouvez ici les compositions florales de notre équipe "Fleurir en liturgie" de la Cathédrale d'Angoulême, pour la Semaine Sainte 2008: bravo les artistes !



par Paroisse publié dans : Actualités communauté : Communauté spirituelle
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