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Mardi 15 janvier 2008
Homélie du Baptême du Seigneur   13/01/08
Jésus nous fait son cinéma... !
 
Voici de quoi faire un film Hollywoodien.
Il y a des effets spéciaux, des acteurs de genres. Si on voulait faire une affiche, pour ce film, je mettrais Jésus en premier plan, avec Jean l'évangile comme un scène de tournage d'un film...Baptiste en fondu, avec en arrière plan un mélange de vie et de mort, c'est-à-dire entre désert et oasis. Je mettrais sans doute une colombe qui traverse. D’ailleurs si on voulait faire une affiche pour un film d’Évangile, je ferais un peu pareil : Jésus en acteur principal, les douze, Marie, et Marie Madeleine en actrice secondaire avec peut-être Jean Baptiste. Dans la catégorie jeune espoir, je mettrais l’Esprit Saint. Il apparaît tout de même plusieurs fois : au baptême, à la remise de l’esprit ou encore à la Pentecôte, des rôles d’avenir pour la vie de l’Église.
Puis il y aurait tous les figurants. C’est d’ailleurs peut être dans les figurants que je mettrais le Père ! Avez-vous remarquez que si Jésus s’adresse souvent à lui, dans tout le scénario, le Père n’a qu’une seule phrase : « celui-ci est mon fils bien aimé en qui j’ai mis tout mon amour ». Oui le Fils nous dévoile le Père entièrement dans l’Évangile, par petit bout, par parabole. Mais tout ce que le Père trouve à dire de lui-même pour dire ce qu’il a au fond de lui, ce qui fait de lui qu’il existe : c’est cette paternité totale et entière : « celui-ci est mon fils bien aimé en qui j’ai mis tout mon amour ». Jésus dira : « vous n’avez pas d’autre Père que celui qui est aux cieux ». Pour nous qui avons un Père, pour vous qui êtes père ou qui allez le devenir, enfin j’espère, (ce que je dis de la paternité peut d’ailleurs aussi s’entendre à sa manière pour la maternité, même s’il faudrait dire d’autre choses, peut-être plus intérieures ou intimes, de la féminité), pour nous qui avons un père ce constat peut manquer de saveur. Un père qui comme beaucoup d’autres ne dit pas grand-chose, un père qui comme d’autres peut sembler absent.
 
Et pourtant, tout est différent pour le Père et le Fils. Le Père dans toute la Bible, pour dire qui il est, ne dira pas : je suis le créateur, je suis le tout puissant, je suis celui de qui tout vient, je suis celui qui aime….il dira cette simple phrase : « celui-ci est mon fils bien aimé en qui j’ai mis tout mon amour ». Voilà ce qui suffit à dire le Père. Il est père parce qu’il a un fils et parce qu’à ce fils il donne tout son amour. Sans le Fils, le Père ne pourrait être lui-même. Mais avec l’expérience que nous avons comme enfants ou comme parents, nous trouvons peut être bien faible que le Père se contente d’aimer son fils pour dire tout ce qu’il est. Peut être parce que nous allons à l’envers. Ce n’est pas notre expérience qui doit nous dire comment est le Père. C’est la manière qu’a Dieu d’être Père qui devrait nous dire comment nous devrions être Père.
 
devenir père: tout un apprentissage...Être parent c’est toute un vie d’apprentissage. Apprendre à découvrir ce que l’on veut transmettre, mais aussi à laisser partir, à laisser libre. Un père ou une mère qui refuserait de lâcher le vélo de son enfant, comment voulez vous que celui-ci apprenne à maîtriser son équilibre ! Or toute notre vie est cette recherche d’équilibre. Comprenons nous alors qu’être parents c’est aimer. « Aime et fais ce que tu veux » disait saint Augustin ; et si être parents c’était : « aime et il fera ce que tu voudras » ? C’est parce que le Père a mis tout ce qu’il était dans son enfant, parce qu’il l’a aimé jusqu’à refuser de se garder une petit parcelle d’amour pour lui que le Fils a ensuite accompli la volonté du Père. Bien sur nous aimons nos enfants, bien sur vous aimerez vos enfants, mais ne gardons-nous pas un peu d’amour pour nous même ? « Attends, il ne faut pas que mes enfants me prennent tout mon temps! ». « Oh puis qu’il fasse ce qu’il veut, je ne vais pas me fatiguer à me battre avec lui ! ». Ne serait-ce pas là des expressions qui trahiraient un peu d’amour retenu ? Et si justement grandir en paternité c’était apprendre à aimer davantage, à mettre dans nos enfants tout notre amour. Ne gagnerions-nous pas alors la patience, le juste jugement, la paix ?
 
Pour que son Fils puisse grandir, le Père a aimé. Mais il n’a pas aimé sans parole, il n’a pas aimé sans geste, celui de la colombe comme une main qui se tend ou se pose sur l’épaule de l’enfant. Il n’a pas aimé sans regard ni présence, ceux que laisse deviner cet Évangile que nous venons d’entendre. Nous tenons notre paternité de Dieu, c’est ainsi que l’on peut entendre et comprendre : « vous n’avez pas d’autre père que celui qui est aux cieux ». Car c’est comme le Père est Père que se trouve la vraie paternité et c’est ainsi que l’on peut vraiment être fils. Ce que notre baptême a fait de nous, c’est de devenir enfant de Dieu, un enfant vers qui le Père se penche pour dire, « en toi j’ai mis tout mon amour ». Ce que la vie éternelle nous réserve, c’est de nous montrer que Dieu nous aime jusque là.
Romain HOUDUSSE, diacre



Mt 3, 13-17
Jésus, arrivant de Galilée, paraît sur les bords du Jourdain, et il vient à Jean pour se faire baptiser par lui.
Jean voulait l'en empêcher et disait : « C'est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c'est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit : « Pour le moment, laisse-moi faire ; c'est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste. » Alors Jean le laisse faire.
Dès que Jésus fut baptisé, il sortit de l'eau ; voici que les cieux s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j'ai mis tout mon amour. »
par Romain Houdusse publié dans : Homélies communauté : Communauté spirituelle
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Dimanche 13 janvier 2008

 

Homélie du Dimanche 13 Janvier 2008 – Année A                        

Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié
Baptême du Seigneur
 
       « Si les fourmis se rassemblent, elles peuvent soulever un éléphant ! »
         Ce proverbe africain, venu du Burkina-Faso, convient bien à notre rassemblement eucharistique de ce matin : fourmis wallisiennes, africaines, portugaises et charentaises s’unissent pour soulever ensemble les tonnes éléphantesques de préjugés que nous pouvons avoir les uns sur les autres !
 
         La Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié résonne cette année encore des chants, des danses, des recettes culinaires de chaque pays partagés hier à la Maison Diocésaine. Plus encore, le thème de la table ronde nous invitait à « soulever d’autres éléphants » : la peur, le sentiment de danger en face de l’autre...
La peur vient de ce que je perçois l’autre comme un danger potentiel ; la confiance - la foi c’est le même mot - vient de ce que je connais assez l’autre et sa culture pour le percevoir comme une chance. Et cela marche aussi bien dans un sens que dans un autre : français vis-à-vis d’africains venus récemment en France, Wallisiens - portugais ou africains - portugais, etc…
 
         Notre expérience en Église, depuis 2000 ans, c’est qu’il existe une autre mondialisation, basée sur l’enrichissement mutuel.
Il existe une autre citoyenneté, basée sur l’égalité de tous devant Dieu.
Les dangers viendraient d’un non-respect mutuel : aussi bien des migrants ne respectant pas la culture, la laïcité, l’histoire ou la sagesse du pays qui les accueille, que des habitants ne respectant pas les besoins de protection, de reconnaissance, de fraternité ou de diversité exprimés par les réfugiés et les migrants accueillis.
 
         À l’inverse, c’est une vraie chance de pouvoir apprendre à se connaître, s’estimer, et ainsi briser les ghettos où chacun a tendance à instinctivement s’enfermer…
« Si les fourmis se rassemblent, elles peuvent soulever un éléphant ! »
Ici sur la paroisse centre ville, on le découvre à chaque fête de Notre Dame de Fatima. Et depuis qu’on fête Notre Dame de Fatima avec la paroisse, la communauté d’origine portugaise et la communauté africaine de Charente, on découvre une joie et une ferveur qui font du bien à chacun. Quelle chance que de pouvoir chanter en portugais : « Boa noite Maria » en agitant les mouchoirs, après avoir chanté et dansé : « Mariam songo » sur des rythmes africains !
Plus encore, quelle chance d’échanger avec d’autres pays sur nos raisons de croire, d’espérer, sur nos combats pour l’homme au nom de notre foi, sur nos manières de prier, de célébrer, d’évangéliser…
« La vérité est symphonique » disait un grand théologien (Urs van Balthasar) : la symphonie des cultures doit couvrir le bruit angoissé de la peur de l’autre.
 
Sr Emmanuelle a suivi le Christ dans ce plongeon dans les déchetteries d'aujourd'hui...D’ailleurs, que fêtons-nous en cette Journée Mondiale du Migrant ?
Et bien nous fêtons en même temps le dimanche du Baptême du Christ !
Nous fêtons un Dieu qui n’a pas eu peur de rencontrer l’homme, de le rejoindre même au plus bas de son humanité. La file des pécheurs du Jourdain a sous doute commis tout ce que vous avez rêvé de faire sans oser l’accomplir : adultères, vols, meurtres, corruption, délation… C’est à la déchetterie de l’humanité que Jésus se rend en allant au Jourdain à l’endroit où Jean baptise. Pourtant il n’a pas peur d’aller nous rejoindre là, au plus bas, au plus sale.
descends de ton âne si tu veux avec le Christ être baptisé en humanité..!
Un autre proverbe burkinabé dit : « Celui qui voyage sur un âne ne sait pas que le sol est brûlant ».
Dans son baptême, le Christ descend des hauteurs pour éprouver lui-même la brûlure du péché de l’homme. La croix sera plus tard la brûlure absolue, l’immersion la plus complète dans l’enfer de la solitude et de la déchéance humaine.
         Du baptême à la croix, Paul dira de Jésus qu’il a été, pour nous, identifié au péché. « Christ a été fait péché » pour nous, afin que nul pécheur ne désespère d’être trop loin de Dieu pour pouvoir être aimé.
Christ est aujourd’hui plongé dans le Jourdain pour que plus personne ne soit noyé, submergé par le mal commis ou subit.
Christ remonte aujourd’hui des eaux du Jourdain pour que l’énergie de la résurrection soit offerte à tous les peuples, langues, nations, cultures…
 
« Celui qui voyage sur un âne ne sait pas que le sol est brûlant ».
Aujourd’hui le Christ ‘descend de son âne’, et plonge dans nos brûlures les plus secrètes.
Comment pourrions-nous fêter le Baptême du Seigneur sans nous aussi ‘descendre de notre âne’ ? 
Sans embrasser l’autre même s’il nous fait peur au début ?
Sans goûter avec lui la grande espérance du corps du Christ sortant vainqueur des eaux de mort ?
 
         Africains, portugais, charentais ou de toute autre origine, nous avons la chance devant le Christ de nous reconnaître tous renés des eaux du baptême. Que cette eucharistie nous donne le courage de vaincre nos peurs, nos appréhensions, nos préjugés, pour mieux vivre ensemble, ici à Angoulême comme ailleurs, migrant ou habitant là depuis toujours, réfugié ou venu d’autres régions de France. Traduisons cela en actes dans nos relations sociales, nos choix de société, nos paroles dans la rue…
Amen !
Père Patrick BRAUD
par Patrick BRAUD publié dans : Homélies communauté : Communauté spirituelle
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Samedi 12 janvier 2008
Lors des messes de l'Épiphanie, les diacres permanents du diocèse ont prêché dans toutes les églises du doyenné, pour nous préparer aux ordinations à venir.
Voici  la 4° de ces homélies diaconales (amusez-vous à les comparer!)
 
Homélie du dimanche de l’Épiphanie 2008                 
par Eddie Lepreux, diacre permanent du diocèse d’Angoulême

Aujourd’hui, nous célébrons l’EPIPHANIE, c'est-à-dire
           
LA MANIFESTATION DE DIEU AUX HOMMES,
 
et plus précisément aujourd’hui la venue dans le monde de Jésus-Christ.
Cette venue de Jésus-Christ dans le monde, cette manifestation de Dieu aux hommes, nous est racontée à travers cet épisode de la visite des rois mages.  
 
Ensemble regardons ces rois mages qui, selon la tradition, seraient, pour Melchior, blanc, Gaspard, jaune et Balthazar, noir et viendraient donc d’horizons, de continents différents, pour trouver ce roi des juifs et se prosterner devant lui.
Ils sont guidés, ces astrologues ou devins, par une étoile.
Lorsqu’ils ont trouvé celui qu’ils cherchent, après être passés par Jérusalem, rappelant ainsi symboliquement que le salut vient des juifs, ils lui offrent leurs présents :

 L'or pour sa royauté, l'encens pour sa divinité, la myrrhe, parfum utilisé pour embaumer les défunts, pour annoncer sa mort.
et ils vont repartir, mais avertis en songe ils repartent par un autre chemin.
 
Après avoir regardé un peu sommairement le contexte traditionnel rapporté par Matthieu et avec un peu d’imagination, mettons-nous dans la peau de ces trois personnages, des païens, qui se prosternent devant ce Roi des juifs qui, entre nous soit dit, a dû les surprendre, à la fois par le cadre et le contexte de sa naissance !
Cette visite, racontée par le seul Matthieu, me conduit dans la foi à me poser, à nous poser, la question essentielle pour ma foi, pour notre foi :
Quelle est l’étoile qui me guide ?
Est-ce la Lumière de mon baptême ?
Qui est-ce que je cherche ?
 
Un roi capable de délivrer l’humanité par la force et le fracas des armes ou de sa puissance ?
Et au bout de la route, est-ce que c’est ce Dieu puissant annoncé par Isaïe ?
Cette visite des rois mages nous plonge (et c’est souvent, voire toujours, le cas dans l’Ecriture) au cœur de notre foi, sachant de plus que ce sont les païens (les mages) qui nous montrent le Dieu Sauveur annoncé !

 
Oui, le voilà, ce roi langé dans une mangeoire et qui n’affirme qu’une seule et unique puissance : celle de l’enfant qui attend tout de nous et qui se remet entièrement entre nos mains.
Le voilà, ce roi dont la toute-puissance réside uniquement dans l’amour qu’il appelle et dont il a besoin de façon vitale.
Tout à l’heure nous allons, nous aussi, et de nouveau, prendre le chemin pour le rencontrer, ce roi…le rencontrer au travers du partage du pain eucharistique. ..(quand je dis rencontrer de nouveau, c’est que déjà nous le rencontrons à travers et par le partage de la Parole)
Et quand nous l’aurons écouté, reçu, partagé, conserverons-nous le même chemin ou, au contraire, changerons-nous de route pour mieux suivre l’étoile qui nous a conduit jusqu’à lui ?
par Eddie Lepreux publié dans : Homélies communauté : Communauté spirituelle
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