Alice est étudiante en 2° année de l'École supérieure de l'image (Angoulême et Poitiers), dédiée aux arts et technologies numériques. Qu'est-ce qui l'amène à Angoulême ?

TÉMOIGNAGE D’UNE ÉTUDIANTE À L’ÉCOLE DE L’IMAGE D’ANGOULÊME
On me demande pourquoi j’ai debarqué ici a Angoulême, moi, petite jurassienne??
Bon... je crois qu il faudrait remonter assez loin. Aux « contes de la rue Mouffetard » qui m’avaient fait rêver, il y a plus de 10 ans, au « roi et l’oiseau », à toutes ces histoires et ces images merveilleuses qui ouvrent sur le monde et qui plaisent tant aux enfants.
Et puis, comme ça, je me suis mise à dessiner, dans les marges des cahiers, sur les enveloppes, d'abord des princesses et des sirènes, puis des choses sorties de mon imagination, et, miracle! ça marchait !
J'ai continué comme ça en grandissant et en m’intéressant à l’art, et cela m’a emmenée à Lyon où je suis restée étudier 2 ans le dessin et l’illustration.
Et puis ce besoin de rêve m’a repris, ce besoin d’ailleurs, cette envie de rencontrer des gens tout différents. J’ai passé 7 mois dans le nord du Mexique, dans un but social et spirituel.
Mais ou qu'on aille, qu'on traverse 18 mers et 14 continents, quand on a une passion, on ne la sème pas en route! Finalement j'ai continué à dessiner. On m’a acceptée en auditeur libre dans deux écoles pour du modèle vivant et de la gravure.
J’ai aussi voyagé dans d’autres pays, notamment au Burkina Faso, et tous ces voyages m’ont donné matière à raconter. Et voila comment j’en arrive a la bande dessinée, qui n’est autre chose que raconter avec des dessins.
Ensuite, entre bande dessinée et Angoulême...je n ai pas besoin de vous expliquer pourquoi! alors voila, cette année je suis aux Beaux-Arts, et pourvu que ça dure!!
Alice BOSSUT
Cliquez sur le lien ci-dessous pour voir en vrac quelques photos du Festival de la Bande Dessinée d'Angoulême
(patientez quelques instants pour que le diaporama se charge)
album photos FIBD 2006
Interview de Dominique BRECHOTEAU
Président de l’équipe du festival de la Bande Dessinée d’Angoulême
Propos recueillis par Patrick Braud pour "Angoulême Ensemble"
PB : Depuis quand faites-vous partie de l’équipe du festival ?
DB : Depuis la 2° édition, en 1975.
PB : Quels étaient les objectifs ?
L’idée de départ était de faire connaître la BD au grand public (et pas seulement une manifestation pour les professionnels); la BD en général : pas seulement franco-belge (il y a eu dès le départ des américains, des italiens, des espagnols…).
Au fur et à mesure, un objectif s’est rajouté : faire d’Angoulême la capitale internationale de la BD (titre que le Petit Robert lui reconnaît aujourd’hui !). Environ 150 manifestations ont lieu chaque année autour de la BD (en France, Suisse, Belgique), mais Angoulême demeure la référence incontestable, reconnue partout à l'étranger.
PB : Quel est votre rôle au sein de l’équipe du Festival ?
DB : Comme je suis professeur d’arts appliqués, je me suis tout de suite occupé du monde des jeunes, avec la création d’un prix de la BD scolaire dès 1975. On reçoit actuellement 10 000 planches par an (soit 1,2 tonne de papier !), pour décerner des prix régionaux, 40 « écureuils d’or », 3 prix (dessin / scénario / humour), et un Grand Prix de la BD scolaire. Viennent d’être créés deux autres prix « BD enfant », pour les 7-8 ans et les 9-12 ans. Ces prix permettent de sensibiliser les enseignants et leurs élèves à la BD (et donc de provoquer une éducation à la lecture de la BD), et aussi de susciter une création BD en milieu scolaire.
PB : Que révèlent les productions des enfants et des jeunes en matière de BD ?
DB : C’est un formidable révélateur de ce que devient notre humanité ! Beaucoup de jeunes ne peuvent s’exprimer par oral ou par écrit ; par la BD, ils font sortir d’eux-mêmes, dans une démarche quasi-thérapeutique, les grandes préoccupations de l’homme aujourd’hui. On y retrouve les questions sociales, les débats internationaux (écologie, guerres…), comme les questions les plus intimes (relations enfants-adultes, la famille, la violence, le sens de la vie…). C’est un vrai travail sur soi… Qui veut connaître les états d’âme de la jeunesse doit s’intéresser à cette production, et écouter ce qu’ils ont à nous dire sur la vie ensemble aujourd’hui !
PB : Comment est perçue la BD chrétienne dans l’univers du Festival ?
DB : C’est tellement varié ! Elle ne suscite aucun intérêt pour certains. Mais de la curiosité pour beaucoup. Je suis surpris de voir ou d’entendre des athées faire le détour chaque année par les expos de la Cathédrale ou d’ailleurs : ils reconnaissent le travail professionnel de qualité fait dans ce domaine de la BD chrétienne. J’en ai des échos surprenants, et plutôt positifs…
PB : Quels sont selon vus les défis pour l’avenir du Festival ?
DB : J’en vois au moins 3 :
Conserver l’équilibre actuel entre le culturel et le commercial.
Garder des expos pour tout le monde, pour tous les âges.
Continuer à découvrir des créations d’autres pays.
PB : Et le numérique ?
DB : Le 9° art reste très lié au papier. Et notre mentalité de collectionneurs en Europe fait que cet aspect ne disparaîtra pas de sitôt ! (cf. les 3700 titres de BD parus en 2005 en France !).
Après, il y a l’animation, qui est un autre domaine. Pourtant, il y a déjà des convergences chez les auteurs entre papier / écran / cinéma, et peut-être Internet dans l’avenir… Cela changera sans doute quelques manières de produire et de diffuser… À suivre !
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