Homélie du 5° Dimanche de Pâques / Année A
20/04/08
La galerie aux 500 artistes...
C'était le titre d'un article de la Charente libre en 1996 : on y racontait l'histoire d'une galerie d'art qui a marqué la vie culturelle de notre ville d'Angoulême et au-delà pendant 50 ans : la galerie Lubin. Nous avons célébré les obsèques de M. Claude Lubin Mardi dernier à Saint Martial, presque en voisin puisque sa galerie d'art était rue de Périgueux. Il s'était arrêté là en 1950 pour se mettre à l'abri d'un orage dans un local inoccupé ; il a racheté ce local, et il y est resté 50 ans ! jusqu'à l'an 2000, accueillant dans sa galerie des artistes alors inconnus du grand public : Louis Toffoli, Bernard Buffet et bien d'autres noms... Ses vernissages étaient de véritables événements. Il savait repérer les talents, les valoriser et donner à chacun la place qui le mettait en valeur : maîtres verriers, peintres sculpteurs... En valorisant ainsi chaque artiste selon son génie propre il aidait les angoumoisins à découvrir de nouveaux horizons, à s'ouvrir sur d'autres expressions culturelles, à croire en la beauté du monde...
La galerie aux 500 artistes...
Et si la « maison du Père » dont parle Jésus dans cet évangile était à l'image de cette galerie Lubin rue de Périgueux à Angoulême ? Car « beaucoup peuvent y trouver leur demeure » dans cette « maison du Père » et les oeuvres qui accompagnent les habitants de cette maison sont comme des oeuvres d'art, plus grandes encore que celle de leurs maîtres.
Dieu se révèle ainsi galeriste, chercheur de talents, passionné de mettre en valeur le génie de chacun, accueillant les expressions les plus variés de la recherche de la vérité avec un goût aussi éclectique et sûr que M. Lublin cherchant des artistes pour sa galerie de la rue de Périgueux.
« Il y a beaucoup de
demeures dans la maison de mon Père ».
Il y a beaucoup de recherches humaines qui pourront être accueillies, valorisées, transfigurées en Paradis. Voilà pourquoi sans doute cet évangile du chapitre 14 de Saint-Jean est si souvent choisi pour les obsèques : les familles sentent confusément que la part de vérité qu'a essayée de vivre leur proche lui vaut maintenant d'être près du Père.
Après tout beaucoup de nos contemporains sont comme Thomas : ils ne savent pas trop où tout cela conduit, ils ignorent encore plus le chemin qui mène à Dieu.
« Je suis le chemin la vérité et la vie »...
Mais il suffit qu'ils empruntent - même un court instant - le chemin qu’est le Christ, le plus souvent sans le savoir, pour qu'ils aient leur place préparée par le Christ dans la ‘galerie aux 500 artistes’.
Il suffit qu'ils aient soif de vérité, authentiquement, pour que le Christ qui est la vérité leur ouvre les portes de la demeure. Il suffit qu'ils aient éprouvé au moins une fois ce que c'est que de vivre en plénitude, de vivre intensément, pour que la vie éternelle promise par le Christ leur soit offerte.
Voilà de quoi en effet ne pas être bouleversé par la mort d'un proche, mais rempli d'espérance et même de joie pour lui !
La galerie aux 500 artistes...
Et si notre rôle de disciples du Christ était d’anticiper cette « maison du Père » parle Jésus où chacun est valorisé et montré sous son vrai jour d'artiste ?
- Plutôt que de critiquer sans cesse, faire ressortir ce que l'autre sait réussir.
- Plutôt que de chercher sans cesse à être reconnu des autres, reconnaître en eux leur vrai talent et le faire savoir.
- Plutôt que de se décourager ou décourager notre entourage en répétant que rien de nouveau ne plus surgir, se laisser surprendre puis émerveiller par les oeuvres d'art créées par d'autres, inattendues et déroutantes, magnifiques et enthousiasmantes.
Nous croisons bien plus de 500 artistes anonymes tout au long de notre existence :
- quelle galerie d'art aurez-vous monté avec les oeuvres de ses compagnons de route ?
- valorisez-vous ce que vos proches sont capables de créer ? Où exposez-vous ces merveilles d'autrui ?
- à qui présentez-vous ces réussites ignorées et cachées ?
- à qui présentez-vous ces visages sur lesquels si peu de gens voient du génie ?...
- comme un galeriste qui fait connaître de nouveaux artistes, qui initiez-vous à cette autre beauté des êtres qui se révèle ainsi ?
Il y a eu récemment une exposition à « l’Ancre et la Page » des réalisations des ateliers de poésie et
de peinture de « la Colombière ». Cela valait le
détour ! et plus encore la rencontre avec ces personnes, accueillies à « la Colombière » et exposant dans notre galerie d'art à nous
qu’est « l’Ancre et la Page » rue Fanfrelin).
On les dit blessées par la vie - et c'est vrai - mais elles peignent !
On les croit sans parole, et elles font sortir d'elle-même des textes qui forcent le respect !
Promouvoir la beauté qui existe dans chaque être, c'est annoncer et anticiper la
« maison du Père » où beaucoup peuvent trouver leur demeure. C'est proclamer que chacun a sa place
dans ce monde, quel qu'il soit, comme chacun peut avoir sa place préparée par le Christ dans l'autre monde.
Si nous voulons être fidèles à l'avenir qui nous attend, trouvons une place pour chacun.
Si nous voulons être cohérents avec notre espérance, montrons dès maintenant que la « maison du Père » est une galerie en 1000 artistes.
Que nos communautés chrétiennes, nos familles, notre société se laissent transformer par la promesse du Christ : « dans la maison de mon Père, beaucoup peuvent trouver leur demeure ».
Amen.
Père Patrick BRAUD
Jn 14, 1-12
A l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Ne soyez donc pas bouleversés : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.
Dans la maison de mon Père, beaucoup peuvent trouver leur demeure ; sinon, est-ce que je vous aurais dit : Je pars vous préparer une place ? Quand je serai allé vous la préparer, je reviendrai
vous prendre avec moi ; et là où je suis, vous y serez aussi. Pour aller où je m'en vais, vous savez le chemin. »
Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas ; comment pourrions-nous savoir le chemin ? »
Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous
le connaissez, et vous l'avez vu. »
Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m'a vu a vu
le Père. Comment peux-tu dire : 'Montre-nous le Père' ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi !
« Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; mais c'est le Père qui demeure en moi, et qui accomplit ses propres oeuvres. Croyez ce que je vous dis : je suis dans le Père, et le
Père est en moi ; si vous ne croyez pas ma parole, croyez au moins à cause des oeuvres. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi accomplira les mêmes oeuvres que moi. Il en accomplira
même de plus grandes, puisque je pars vers le Père. »
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Angoulême (Charente) 
Idem lorsque Nicolas Sarkozy rappelle
avec insistance les «racines chrétiennes de la France» lors d'un discours devant le pape en décembre dernier. Claude Dagens ne critique pas directement le discours mais refuse de voir
l'Église «traitée comme un groupe de pression ou une force politique d'appoint».





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