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Visites ‘spirituelles’ de la Cathédrale d'Angoulême par P. Braud ou R. Houdusse : Mercredi-Jeudi-Vendredi à 18h en Juillet-Août
Mardi 27 mai 2008
Ce Mardi 20 Mai 2008, le diocèse fêtait non pas les 40 ans de Mai 68, mais les 68 ans de Mai 40 ! En pleine guerre naissait en effet notre évêque, le P. Dagens, et nous étions plus de 200 personnes à l’entourer de notre amitié, de notre affection et de notre prière pour fêter à la fois son anniversaire, la parution de son denier livre, et son élection à l’Académie Française.

Voici le discours prononcé par le Père Laurent Maurin, secrétaire du Conseil Presbytéral, à cette occasion.


Cher Père Dagens,

Nous ne sommes pas ici à votre réception sous la coupole. De coupole, il n’y a guère que celle du ciel lumineux de Charente… Mais nous sommes ici nombreux pour fêter votre accession à l’Académie Française.

En étant élu à l’Académie, le 17 avril dernier, c’est un peu de votre diocèse, de cette Eglise qui est en Charente, de ce peuple de Dieu que vous conduisez qui y entre, … un peu de nous par la même occasion…

Comme secrétaire du conseil presbytéral, le « sénat de l’évêque », pour reprendre l’expression du droit canon – qui termine ce soir l’une de ses sessions de travail - je vous adresse nos félicitations et nos vœux pour cette nouvelle mission… Car je crois que, pour vous, il s’agit bien d’une mission. Nous l’avons compris, loin de délaisser notre diocèse, vous voulez l’enrichir de ces aller- retours entre Paris et Angoulême, entre le monde des idées et des mots et notre réalité humaine, sociale et religieuse de Charente.

Désormais la Charente va « encadrer » l’Académie, puisque vous êtes au siège numéro 1 et que le dernier, le 40°, est celui de l’écrivain Pierre-Jean Rémi, né à Angoulême. Vous serez ainsi à vous deux, un peu l’alpha et l’oméga de cette assemblée ! Vous pourrez peut-être avec lui, évoquer la cathédrale d’Angoulême, dont il écrit les souvenirs des vêpres de son enfance au détour de ses livres…

A quelques mois près vous ne rencontrerez pas un autre Charentais d’adoption, le professeur Jean Bernard, qui venait souvent à Aizecq, village du nord Charente où est né sa femme, et qui nous est cher par le témoignage de saint Pierre Aumaître. Vous allez surtout vous inscrire dans une histoire où émerge, toujours pour nous Charentais, la figure de Jean-Louis Guez de Balzac. Ce qui est intéressant, c’est de voir que si son souvenir est toujours présent à Angoulême, outre le fait qu’il ait donné son nom au lycée, c’est plus par sa foi chrétienne qui l’a conduit à donner ses biens aux plus pauvres de la ville, que par ses écrits. On ne se souvient d’aucune de ses lignes, lui qui passait pour le restaurateur de la prose française, mais ici l’on se souvient de sa foi qui se faisait active, avec les franciscains d’Angoulême.

Deux autres académiciens sont nés dans l’actuel département : Jean Baptiste Vivien de Chateaubrun, auteur dramatique au XVIII° siècle et André Chevrillon, critique littéraire, neveu d’Hippolyte Taine, entré à l’Académie en 1920.

Mais c’est vers le Maine-Giraud, dans la campagne de Blanzac que nous aimons regarder pour lire encore les vers, romantiques, stoïques et inspirés d’Alfred de Vigny. Ce n’est pas à Paris ou à l’Académie, après une élection difficile, qu’il trouvait son inspiration, mais sur ses terres de Charente. Il comprenait, lui aussi, que les épreuves de la vie, étaient aussi transcendées si l’on savait les abandonner, et s’abandonner soi-même…

Vous allez donc occuper le siège numéro 1 de l’Académie. Celui de notre cher René Rémond. C’est sur René Rémond que je voudrais m’arrêter davantage.

René Rémond, votre prédécesseur, est venu plusieurs fois en Charente.

D’abord pour remettre la légion d’honneur à son ancien élève de Sciences-Po devenu curé de la cathédrale d’Angoulême et vicaire épiscopal, Jean-Pierre Gault.

Puis, je me souviens de lui en 1989, salle synodale, pour nous expliquer la Révolution Française, dans une démarche de réconciliation, où Christianisme et idéaux de 1789 pouvaient se reconnaître dans une proximité réelle et maintenir le dialogue.

Il était avec vous en 2003, pour fêter les 125 ans de l’école Saint Paul d’Angoulême. Une institution de formation qui a traversée le siècle, ce XX° siècle, dont René Rémond était un des historiens les plus reconnus ; l’école Saint-Paul quand à elle, s’est trouvée à plusieurs reprises l’illustration vivante des liens entre éducation, nation française et foi chrétienne.

Le 3 mars 2006 à Jarnac, il était encore avec nous pour une conférence « la République, des religions », à l’invitation du groupe œcuménique de Jarnac. Il y avait développé sa thèse, simple et essentielle, comme toujours avec lui : l’article 1er de la loi de Séparation de 1905, stipule : « la République garantit le libre exercice des cultes ». Comme pour toute loi, ce premier article donne le principe. A lui d’insister : s’il y a « garantie », c’est qu’il y a des liens, une connaissance mutuelle et une protection. Certes l’article 2, nuance et limite le principe, mais cela n’altère en rien une loi qui peut être positive pour les religions. C’en était sa lecture riche et stimulante. C’est cette lecture que vous partagez, je crois, qui est en toile de fonds de la plus part de vos travaux, jusque dans la dernière « méditation sur l’Eglise ».

Si j’insiste ainsi sur votre prédécesseur, ce n’est pas pour vous donner des idées pour votre discours d’installation à l’Académie, où vous lui rendrez hommage, vous n’en avez pas besoin. Et si vous n’en avez pas besoin, c’est à cause justement votre concordance de vues, sur bien des points, entre vous et lui. Vous l’évêque, et lui le laïc catholique.

Concordance sur la conciliation toujours possible entre notre société et l’Eglise. Pourquoi ? Parce qu’elle est cette société de la République Française qui, au cours de plus de deux siècles, s’est nourrie à une matrice commune, parfois dans des tensions et incompréhensions. Cette matrice commune, à quelque chose à voir, et de près, avec l’Evangile. Cette Parole humaine, profondément humaine, mais qui dit Dieu et qui dérange.

Vous, comme lui, vous l’avez saisi et vous l’avez montré.

Vous, comme lui, vous êtes passé par l’acte même de la vérification historique : faire de l’histoire, dans la recherche et dans l’enseignement.

Dans votre thèse sur le pape Grégoire Ier (Grégoire le Grand), en 1975, vous montrez comment, à une époque de déliquescence de la société, des institutions et des structures, celles de l’Empire romain, l’Eglise va trouver un nouveau dynamisme parce qu’elle puise au cœur du mystère de Dieu et sait s’adresser à des consciences libres.

C’est cette leçon, tirée de l’histoire que vous avez vous-même exhumée et mise en perspective à partir de ce passage de l’Antiquité romaine au Moyen-âge, qui vous inspire aujourd’hui, à la fois dans votre ministère d’évêque et dans celui de théologien et d’observateur à l’occasion du passage de la modernité à la post-modernité, qui est le passage que nous vivons : voir ce qui a de l’avenir, et pour vous, bien sûr, Dieu a de l’avenir !

C’est cet état d’esprit qui guide votre dernier livre : « Méditation sur l’Eglise catholique en France : libre et présente », c’est le même qui guidait, peu de temps après Mai 68, votre article publié dans le journal « Le Monde » : « revenir à l’essentiel ». C’est le même qui vous faisait commenter dès 1971, le concile Vatican II, dans « Éloge de notre faiblesse », au cœur de la crise catholique. C’est le même état d’esprit toujours, en 1982, qui vous faisait ouvrir des possibles avec « le maître de l’impossible ». C’est le même encore qui a conduit le projet et le fil conducteur des rapports « Proposer la foi dans la société actuelle » en 1994- 95 et de la « Lettre aux catholiques de France » qui a suivi.

Comme René Rémond encore, vous aimez observer et commenter notre actualité et plus particulièrement notre actualité politique.

Vos anciens élèves du séminaire de Bordeaux ou de la catho de Toulouse se souviennent des cours les lendemains d’élection qui étaient entièrement consacrés à l’analyse des résultats de la veille… comme René Rémond le faisait sur les antennes de la télévision. Encore dans bien des assemblées de notre diocèse… au conseil presbytéral, par exemple… des moments sont consacrés à ce regard lucide sur notre société, ses orientations politiques et les souffrances et espoirs des hommes et des femmes qu’elles portent, dans chaque canton, dans chaque quartier…

J’ajouterai que vous avez été aussi confrontés au refus de Dieu, dès votre formation.

Là encore elle passe, pour l’un comme pour l’autre, par la rue d’Ulm, l’Ecole Normale Supérieure.

Pour René Rémond, la Seconde guerre mondiale fut le catalyseur, je crois, de la réponse qu’il a voulu donner au refus de Dieu ; pour vous ce fut les théoriciens des années cinquante, le nihilisme et le structuralisme, jusque dans l’explosion de mai 68.

Ce que vous avez défendu, l’un comme président du centre catholique des intellectuels français, l’autre comme doyen d’une catho puis comme évêque engagé, est commun :

c’est dans cette société héritée des Lumières et de la Révolution, que nous avons toujours à dire la Bonne Nouvelle du Christ. Cela, par l’exigence de la pensée, de la parole et de l’écrit.

Avant de terminer un souvenir : en 2006, j’ai eu l’occasion de dîner avec René Rémond chez ces amis de Réparsac, Jacques et Marie-Annick Blois. Nous y avons parlé, entre autre du diocèse d’Angoulême, de sa situation, de son dernier synode… et de son évêque.

Le lendemain d’ailleurs il vous a rencontré, je crois, ici même à Angoulême. Sorte de passation de pouvoir virtuelle.

Enfin je n’oublie pas l’anniversaire ! Comme le dit le plus jeune prêtre du diocèse, aujourd’hui nous fêtons « Mai 68 », c’est-à-dire le mai de vos 68 ans. Précisément en ce jour du 20 Mai. A travers cette fête ce sont ces lignes de la prière du 14 décembre qui clôt votre dernier livre, la « méditation sur l’Eglise » que je voudrais citer, parce qu’elle peut être la nôtre à chacun :

« Serviteur fidèle et courageux, viens et comprends que le Royaume de Dieu passe aussi par tes faiblesses et tes colères, par tes luttes et tes indignations ! Parce que le Royaume de Dieu est comme les semailles : Il n’en finit pas de commencer, de disparaître sous terre et de germer ! Réjouis-toi parce que ta vie a été semée en terre humaine, Et qu’elle porte du fruit, bien au-delà de ce que tu avais toi-même imaginé ! »

Merci Père Dagens de nous conduire pour ces semailles ! Ne le voyez-vous pas autour de vous, les grains commencent à lever ! Merci pour tout !

P. Laurent Maurin, secrétaire du Conseil Presbytéral

Angoulême, 20 mai 2008
par Diocèse publié dans : Actualités communauté : Communauté spirituelle
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Samedi 24 mai 2008

Charente

 

Cyclone Birmanie
&

Séisme Chine

 

 

A une semaine d’intervalle, la Birmanie et la Chine ont subi chacune une catastrophe naturelle provoquant plusieurs dizaines de milliers de morts, de blessés et de sans abri.

En Birmanie, où près de deux semaines après la catastrophe les militaires au pouvoir refusent toujours l’entrée des personnels humanitaires et surveillent les produits envoyés de l’étranger, le réseau Caritas peut compter sur l’Église catholique locale pour acheminer son aide. 

En Chine, où tous les moyens techniques et humains ont été déployés et où l’aide financière internationale a été acceptée par le gouvernement, l’Église dispose de partenaires fiables pour venir en aide aux victimes du séisme. 

1-    La situation en Birmanie

Le sud de la Birmanie, douze jours après le passage du cyclone Nargis, attend l’aide internationale que lui refuse la junte militaire au pouvoir. Alors que la région est sous la menace d’épidémies, d’autres cyclones ou de graves précipitations, la famine s’installe sur ces terres que la population était sur le point de moissonner et où tous les stocks de riz ont été détruits par les eaux.

Le nombre de morts et de disparus avoisine les 100 000 et deux millions de personnes sinistrées vivent, depuis la catastrophe, démunies de tout.

Les étrangers ne sont pas les bienvenus dans les zones dévastées. Des barrages empêchent les experts de vérifier les dégâts et d’évaluer les besoins.

2 – La situation en Chine

Le tremblement de terre de magnitude 7,9 qui a dévasté la province du Sichuan a provoqué de très nombreux morts et blessés.

Contrairement à ce qui se passe en Birmanie, la catastrophe a largement été médiatisée et le gouvernement chinois a immédiatement réagi en envoyant sur place 100 000 militaires et en planifiant des parachutages de vivres et de médicaments sur les régions devenues inaccessibles par route.


3 - Les réponses du Secours Catholique

§         En Birmanie, l’Église s’est rapidement mobilisée et un nombre impressionnant de volontaires catholiques se sont organisés, les congrégations se sont coordonnées et une structure nouvelle (MDRC pour Myanmar Disaster Relief Committee) a été créée pour répondre à la catastrophe. Cette nouvelle structure de l’Église, appuyée par les expatriés déjà présents en Birmanie avant la catastrophe et membres de diverses Caritas, travaille directement avec les paroisses et les congrégations religieuses des deux provinces touchées par le cyclone.

Une distribution de vivres (riz, pois, huile, légumes, épices, sel,…) et de biens de première nécessité (abris d’urgence, kits de cuisine, moustiquaires, couvertures, habits, fuel, seaux, purificateurs d’eau, etc.) a été faite auprès de 16 000 personnes et devraient être étendue dans les jours qui viennent à 50 000 personnes.

Cette même structure apporte un soutien psychologique et une aide médicale aux populations affectées et assure la protection des enfants dans les camps et les communautés.

Le Conseil d’administration du Secours Catholique a immédiatement débloqué 100 000 euros.

 

§         En Chine, pays qui n’entretient pas encore de relations diplomatiques avec le Vatican, le réseau Caritas n’existe qu’au travers de la Caritas de Hong-Kong, devenue chinoise en 1997.

Sur le terrain, la Caritas Allemagne et le Secours Catholique travaillent avec leur partenaire local Jinde Charities, une des deux plus importantes ONG catholiques chinoises. Cette organisation s’apprête à acheminer du personnel médical et des médicaments dans la province touchée par le séisme.

Le Secours Catholique a déjà débloqué une première aide d’urgence de 50 000 euros et lance un appel aux dons.

Pour soutenir ces actions, le Secours Catholique-Caritas France lance un appel aux dons :

Secours Catholique – Caritas France

DELEGATION DE LA CHARENTE

40 rue du Lieutenant Archambault  -  BP 1203

16006 ANGOULEME CEDEX

 

Mention « Cyclone Birmanie »
Mention « Séisme Chine »
par Secours Catholique publié dans : Actualités
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Vendredi 23 mai 2008
par Diocèse publié dans : Actualités communauté : Communauté spirituelle
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