L’Ancre et la Page :
l’évangile au coeur de la ville
À la question : « comment évangéliser la ville ? », une piste s’est ouverte au cœur même
d’Angoulême. En gestation depuis de nombreuses années, elle a profité du dynamisme du synode pour éclore en plein mois d’Octobre, quand certains mammifères s’enfouissent pour hiberner afin de
renaître à la vie dés le printemps...
Loin d’enfouir les orientations données par notre évêque, une mosaïque de personnes a répondu à l’appel : à son appel,
à l’appel de l’église, à l’APPEL, reprenant ses propres paroles (Mgr Dagens) : « Voilà que l’Esprit Saint et nous-mêmes avons
décidé :
- d’aller au cœur du mystère de Dieu
- de vaincre nos peurs pour annoncer l’Évangile
- de tenir notre place dans notre société »
Parce que l’Ancre et la Page est composée d’une mosaïque de personnes et que sa mission est multiple (librairie, boutique de cadeaux, Centre d’écoute et d’accueil, lieu de débats,
galerie d’art), son fonctionnement est celui d’un kaléidoscope. Définir son rôle demande à déterminer sa place ou son angle de vue mais cela tombe bien puisque la bonne parole ne donnant aucune
recette, c’est le parti pris du dialogue qui fait fructifier la foi qui a été privilégié (que ce soit dans un tête à tête ou autour d’une table ronde).
Les 4 doyennés du grand Angoulême soutiennent financièrement cette aventure, ainsi que l’ADERA (Service diocésain de la
catéchèse) : sans ce soutien logistique et financier, rien ne serait possible !
Le témoignage de l’Ancre et la
Page choisit de se focaliser sur une parole du Christ : « aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimé. Si vous vous aimez les uns les autres, alors tous sauront que vous êtes mes
disciples »(Jean 13, 34 )
Aimer et faire don de soi
Le lieu fonctionne grâce à une dizaine de bénévoles dont l’engagement au quotidien est réel. Faire don de soi, c’est
écouter, accueillir, ‘lâcher prise’ pour mieux recevoir les
personnes en attente de dialogue, d’échange ; qu’elles viennent le coeur lourd ou léger, avec des attentes précises ou non,de la tendresse ou de l’agressivité, dans la joie ou la
peine. « Je crois que c’est simple de regarder l’autre et de sourire » (Marie France).
Une jeune femme entrée en pleurs et repartie en disant : « merci, j’ai pu poser mon fardeau »avait elle aussi un sourire aux lèvres
même s’il était mouillé.
Avoir confiance
C’est la puissance de l’Amour de Dieu qui nous la donne ( aimer et se savoir aimer).
« La toute puissance doit céder la place à la confiance pour qu’il puisse y avoir une circulation d’amour
» dit le Père Daniel Duigou dans son livre : « journaliste, psychanalyste et prêtre. » Cette confiance
qui nous aide à vaincre nos tiédeurs ne passe par aucune vérité établie. « Évangéliser, c’est ouvrir l’autre à son
chemin, le sien qui est unique »(Odile). Le choix d’un objet à offrir en cadeau ou d’un livre pour accompagner un jeune
dans son cheminement spirituel peut être aussi l’occasion de prendre conscience de ce qu’on désire transmettre.
Être témoin
Deux jeunes filles sont assises et racontent leur démarche bouddhiste qui démarre le matin avec une contemplation. Elles
échangent avec Odile qui leur fait part de l’action de grâce qu’elle adresse au Seigneur tous les matins. « Évangéliser,
c’est aussi témoigner de sa propre vie ». C’est
par cette échange de point de vues ou de confidences que se fait jour le projet de Dieu pour l’homme et le dialogue ne passe pas nécessairement par la parole. « Un regard peut être le signe d’un échange silencieux et respectueux ». (Martine G)
Par ses expositions permanentes d’œuvres d’art où chacun, sans aucune hiérarchie, amateur, professionnel, association,
école, peut exposer ses créations, l’Ancre et la Page donne à certains un prétexte pour passer dans ce lieu informel ou parfois on peut parler de Dieu et où dans tous les cas le beau aide à se confier.
« En retour nous recevons tellement des autres dans nos échanges que parfois je me demande si ce n’est pas eux qui nous évangélisent » (Martine L).
Depuis sa création il y a un an et demi , la piste est devenue sillon. L’Ancre et la Page creuse son sillon particulier dans le réseau commercial qui
l’entoure à l’image de Christian de Chergé qui creusait son puits avec ses amis musulmans. « Tu sais ce qu’on trouve au fond du puits ? » demandait –il à son ami
Mohammed. « De l’eau musulmane ou de l’eau chrétienne ? » Réponse de l’ami. « Au fond de ce puits on trouve de l’eau de Dieu. »
Martine Isern.
Permanente de l’Ancre et la Page,
9 rue Fanfrelin, Angoulême.
Horaires :
Mardi, Jeudi, Vendredi : 10h / 12h30-15h / 19h
Mercredi : 10h/19h
Samedi : 15h/18h
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