Il y a
environ 10 ans, le dernier film de Stanley KUBRIK s’appelait : « eyes wide
shut » = en français : « les yeux grands fermés ».
‘Pas vu pas
pris’ : ce raisonnement aveugle de notre enfance continue - hélas ! - à faire des ravages. Le risque existe réellement de devenir peu à peu
aveugles sur nos propres comportements. À force de fermer les yeux sur de petites choses, on ne les ouvre plus sur les grandes
À l'inverse, l’aveugle-né, lui, suit un chemin étonnant.
Ne serait- ce pas d'ailleurs une originalité chrétienne que de lier ces deux questions de société ? (à cause de la notion de personne humaine)
Vous avez sûrement entendu les 3 arrêts de la Cour de Cassation,
qui a récemment autorisé une maman à donner un prénom et inscrire sur le registre de l'état civil un foetus né avant terme. C’'est la fameuse expression : ‘né sans vie’... Né sans vie,
l'amas de cellules qui finit à l'hôpital comme déchet hospitalier lors d'un avortement est ici reconnu comme un être humain, avec un nom et un prénom. La contradiction de la loi française devient
difficilement supportable !
le statut des immigrés, réfugiés, clandestins
Loin de moi l'idée de trancher trop simplement un débat complexe. Entre les positions irréalistes de ceux qui voudraient régulariser tous les sans-papiers, et les
positions apeurées de ceux qui refuseraient toute immigration, il y a place pour une conscience éveillée et lucide, ouvrant les yeux sur les situations inhumaines de tant de réfugiés politiques
fuyant la violence, ou de travailleurs cherchant à s'intégrer avec droiture.
Évangile selon Saint Jean (IX 1-41).
En sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme qui était aveugle
de naissance[1]. Ses disciples l'interrogèrent :
« Rabbi, pourquoi cet homme est-il né aveugle ? Est-ce lui qui a péché ou bien ses parents ? » Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents. Mais
l'action de Dieu devait se manifester en lui[2]. Il nous faut réaliser l'action de celui qui m'a envoyé, pendant qu'il fait encore jour ; déjà la nuit approche, et personne ne pourra plus agir. Tant
que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » Cela dit, il cracha sur le sol et avec la salive[3] il fit de la boue qu'il appliqua sur les yeux de l'aveugle[4], et il lui dit :« Va te laver à la piscine de
Siloé[5] » (ce nom signifie
“ envoyé ”). L'aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait[6].
Ses voisins, et ceux qui étaient habitués à le rencontrer - car il était mendiant - dirent alors : « N'est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? » Les uns disaient : « C'est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c'est quelqu'un qui lui ressemble. » Mais lui affirmait : « C'est bien moi. » Et on lui demandait : « Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? » Il répondit : « L'homme qu'on appelle Jésus a fait de la boue, il m'en a frotté les yeux et il m'a dit : Va te laver à la piscine de Siloé. J'y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j'ai vu[7]. » Ils lui dirent : « Et lui, où est-il ? » Il répondit : « Je ne sais pas. »
On amène aux pharisiens cet homme qui avait été aveugle. Or, c'était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. A leur tour, les pharisiens lui demandèrent : « Comment se fait-il que tu voies ? » Il leur répondit : « Il m'a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et maintenant je vois. » Certains pharisiens disaient : « Celui-là ne vient pas de Dieu, puisqu'il n'observe pas le repos du sabbat. » D'autres répliquaient : « Comment un homme pécheur pourrait-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés[8]. Alors ils s'adressent de nouveau à l'aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu'il t'a ouvert les yeux ? » Il dit : « C'est un prophète. »
Les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme, qui maintenant voyait, avait été aveugle. C'est pourquoi ils convoquèrent ses parents[9] et leur demandèrent : « Cet homme est bien votre fils, et vous dites qu'il est né aveugle ? Comment se fait-il qu'il voie maintenant ? » Les parents répondirent : « Nous savons que c'est bien notre fils, et qu'il est né aveugle. Mais comment il peut voir à présent, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas non plus. Interrogez-le, il est assez grand pour s'expliquer. » Ses parents parlaient ainsi parce qu'ils avaient peur des Juifs. En effet les Juifs s'étaient déjà mis d'accord pour exclure de la synagogue tous ceux qui déclareraient que Jésus est le Messie. Voilà pourquoi les parents avaient dit : « Il est assez grand, interrogez-le ! »
Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l'homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur[10]. » Il répondit : « Est-ce un pécheur ? Je n'en sais rien ; mais il y a une chose que je sais : j'étais aveugle, et maintenant je vois. »
Ils lui dirent alors : « Comment a-t-il fait pour t'ouvrir les yeux ? » Il leur répondit : « Je vous l'ai déjà dit, et vous n'avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous m'entendre encore une fois ? Serait-ce que vous aussi vous voulez devenir ses disciples ? » Ils se mirent à l'injurier : « C'est toi qui es son disciple ; nous, c'est de Moïse que nous sommes les disciples. Moïse, nous savons que Dieu lui a parlé ; quant à celui-là, nous ne savons pas d'où il est. » L'homme leur répondit : « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d'où il est, et pourtant il m'a ouvert les yeux. Comme chacun sait, Dieu n'exauce pas les pécheurs, mais si quelqu'un l'honore et fait sa volonté, il l'exauce. Jamais encore on n'avait entendu dire qu'un homme ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si cet homme-là ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » Ils répliquèrent : « Tu es tout entier plongé dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors[11].
Jésus apprit qu'ils l'avaient expulsé. Alors il vint le trouver et lui dit : « Crois-tu au Fils de l'homme[12] ? » Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu le vois, et c'est lui qui te parle. » Il dit : « Je crois, Seigneur », et il se prosterna devant lui. Jésus dit alors : « Je suis venu en ce monde pour un jugement : pour que ceux qui ne voient pas puisent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles [13]. » Des pharisiens qui se trouvaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : « Serions-nous des aveugles, nous aussi ? » Jésus leur répondit : « Si vous étiez des aveugles, vous n'auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : Nous voyons ! votre péché demeure[14]."
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Angoulême (Charente) 
Cet appel étonné et joyeux de la femme de
Samarie croisée au bord du puits n'en finit pas de raisonner dans l'église, encore aujourd'hui ! Pourquoi est-ce si libérateur de rencontrer quelqu'un qui nous aide ainsi à faire la vérité
sur notre vie ? Car ce n'est pas joli joli ce qu'elle a fait cette brave Samaritaine ! Elle a consommé les hommes comment on consomme des tranquillisants, et elle en est rendue à son
cinquième ! Quand elle avoue à Jésus :
C'est quelque chose qui ressemble à ce que l'on cherche, qui en a la forme, la couleur, parfois le goût, mais qui
n'est pas ce que l'on cherche en vérité. Le ‘Canada dry’ du désir en quelque sorte... Le problème avec un leurre, c'est que quand on l’a mangé,
quand on a mis la main dessus on n'est pas rassasié pour autant. Au contraire la frustration de voir s'évanouir entre nos mains l'illusion qui ressemblait à l'objet cherché nous fait repartir à
la chasse d'autres leurres, tout aussi décevants etc. etc. Ainsi, de leurre en leurre, de répétition en répétitions, notre liberté devient piégée dans cette course au mensonge.
La cruche dans
l'Orient ancien est symbole de féminité. Elle est par essence celle qui reçoit ; dont les formes mêmes sont féminines.
Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de
l'eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. »
Souvenez-vous de Mitislav Rostropovitch jouant les suites de Bach sur son violoncelle
près des premières ruines du mur de Berlin en 1989. Son visage rayonnait d’une telle joie, sa musique sonnait si juste près de ce Mur détruit, qu’il en était tout entier transfiguré, et nous avec
lui.
« Par cette transfiguration, Jésus voulait avant tout prémunir ses disciples contre le scandale
de la croix et, en leur révélant toute la grandeur de sa dignité cachée, empêcher que les abaissements de sa passion volontaire ne bouleversent leur foi.
Souvent nous aussi nous ne voyons pas la beauté secrète, incandescente, des êtres qui nous entourent. Et puis parfois il y a ces moments de
révélation où des écailles tombent de nos yeux, et nous contemplons enfin le visage de l’autre tel qu’il est réellement, dans la lumière de son intimité divine. Et si la transfiguration des
autres résidait d’abord dans notre regard sur eux ?...
« Laisse-toi transfigurer par un amour plus grand que
toi »
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