De quoi y laisser
sa peau…
Homélie du 8° dimanche ordinaire – Année B / Dimanche 27 Février 2006
Imaginez un serpent, charmante bestiole
qui rampe dans nos broussailles…
« Lorsque le serpent
remarque qu’il commence à vieillir, à se rider et à sentir mauvais, il cherche un passage étroit entre 2 pierres voisines, et il s’y faufile, en les serrant de si près qu’il perd sa vieille
peau ; et par-dessous une nouvelle peau s’est déjà formée. L’homme doit faire de même avec sa vieille peau ; que cela soit donc décapé par le passage entre les 2 pierres qui sont l’une
à côté de l’autre. »
(Tauler, mystique allemand du XIV° siècle)
Dieu peut faire du neuf dans nos
vies.
À chaque âge, pour chaque période traversée.
Voilà une espérance fantastique qui nous est donnée dans cet évangile : à
vin nouveau, outres neuves ; à vie nouvelle, vêtements neufs.
Autrement dit : ce qui nous
semble quelques fois être des situations catastrophiques (des anciens habits qui se déchirent, des outres qui éclatent…) peuvent se révéler en fait des situations de renouveau en profondeur,
qui sont en train de produire des fruits inattendus, encore largement invisibles.
Un Évangile pour temps de crise en quelque sorte, qui nous aide à déchiffrer les difficultés actuelles en terme de renouveau.
La nouveauté qu’apporte le Christ fait craquer dans un premier temps nos vieilles habitudes, mais c’est pour revêtir dans un deuxième temps le vêtement toujours neuf de notre baptême et de notre
confirmation.
La crise comprise comme œuvre
de la grâce ;
le déchirement d’avec l’ancien comme le lieu d’une rencontre avec Dieu, d’une intense expérience de Dieu.
Avouons-le, cette image de vieux vêtements, qu’il faut bien remplacer parce qu’ils craquent de partout, convient bien aux temps qui sont les nôtres.
Dans la vie sociale et économique, il suffit d’évoquer la mondialisation qui de manière
inhumaine et impersonnelle vient d’abord tout près de chez nous faire s’écrouler les entreprises et des activités qu’on croyait là pour toujours.
Avons-nous assez de courage et d’intelligence pour faire de la nouvelle économie qui remplace l’ancienne autre chose qu’une machine à utiliser le personnel comme on utilise des choses et de
l’argent ? Partout il y a des opportunités à saisir dans les nouvelles activités qui se développent. Cette nouveauté-là, à nous aussi de l’humaniser, de l’évangéliser même, en suscitant des
acteurs économiques capables d’initiations et de solidarité, n’ayant peur des temps nouveaux, mais pour les mettre au service de l’homme.
Dans
la vie personnelle de chacun d’entre nous aussi, la nouveauté peut ressembler au début à une épreuve à la suite d’une séparation ou d’un deuil ; lorsque l’adolescence vous
projette vers les enfants dans un univers inconnu, et vos parents avec vous ; lorsque vient l’âge de quitter la maison familiale pour les études ; lorsque la vieillesse fait entrer dans
un autre rythme de vie et de relations… Nous n’en finissons pas d’évoquer tous les moments de notre vie où ce qui est nouveau est d’abord ce qui nous fait souffrir. Et pourtant, ces moments-là
sont des passages : vers plus d’autonomie, vers plus de maturité, vers plus de sagesse, vers un autre bonheur, autrement…
À un moment donné, il faut avoir le courage de consentir à la nouveauté, de franchir le passage, même si on perd sa vieille peau, son vieux vêtement, même si on récolte des plaies et des
écorchures. Sinon, commet être renouvelé par le Christ ? Il faut que nos vieux vêtements nous soient enlevés afin que, jour après jour, notre humanité intérieure devienne nouvelle.
Ce qui est vrai dans la vie économique et personnelle l’est aussi dans la vie de notre Église
Nous sentons bien que des vieux vêtements, d’anciens, manière de dire ou de faire, ne conviennent plus. Comme le serpent de Tauler, notre Église en Charente et en France traverse une mue, une
mutation profonde. Parfois cela nous fait peur ; par moments cela nous enthousiasme. Mais la nouveauté du Christ fait apparaître des visages d’Église inédits et imprévisibles.
Qui aurait pensé il y a 50 ans que nous pourrions - comme nous le faisons aujourd’hui - accueillir ensemble, prêtres et laïcs, les familles pour un
baptême, un deuil ou un mariage ?
Qui aurait imaginé la figure des relais paroissiaux qui vont permettre de garder des liens visibles et proches au nom de l’Église avec nos villages et nos quartiers ?
Qui aurait imaginé la figure des Équipes d’Animation Pastorale (EAP) où prêtres et laïcs portent ensemble le souci de l’ensemble de la vie paroissiale ?
Qui aurait pensé que l’esprit de clocher reculerait assez pour que nos 6 églises (St André, St Ausone, St Martial, Cathédrale, Obezine et Beaulieu) se sentent vraiment solidaires et unies dans la
mission commune sur la paroisse ?
Qui aurait pu envisager le Jubilé du 28 Novembre 1999 avec les enfants à Bel Air, la fête synodale du stade Chanzy en Mai 2005, ou bien les JMJ débordantes de joie à Paris ou à Rome, à Cologne
avec la jeunesse du monde entier ? etc.…etc.…
C’est vrai, il y a des figures anciennes de l’Église qui s’effacent.
C’est vrai, nous commençons à peine une certaine traversée du désert évoquée par la pauvreté numérique, la dispersion et la faiblesse de nos ressources humaines.
Mais nous commençons aussi à peine un profond renouveau qui fera et fait déjà émerger de nouveaux visages d’Église : la prière, la lecture de la Bible, l’œcuménisme avec protestants et
orthodoxes (cf. la BD chrétienne !), le courage de la proposition de la foi dans la société actuelle, et tant d’initiatives avec les plus pauvres, un réel partage des responsabilités… tout
cela finira par porter du fruit, même si nous ne savons pas où ni quand, ni comment.
Le Christ ne cesse de dépouiller l’Église qu’il aime, pour la revêtir d’habits neufs, mieux adaptés à la période qu’elle traverse. Dans la force de son Esprit, déchiffrons les crises qui sont les
nôtres comme autant d’invitations à nous ouvrir à la nouveauté de Évangile, aujourd’hui, demain.
« À vin nouveau, outres neuves »
Amen.
Père Patrick Braud
X
Evangile
de Jésus Christ selon saint Marc
2, 18-22
Comme les disciples de Jean Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vient demander à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas, comme les disciples de Jean et ceux des
pharisiens ? » Jésus répond : « Les invités de la noce pourraient-ils donc jeûner, pendant que l’Epoux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Epoux avec eux, ils ne peuvent pas
jeûner. Mais un temps viendra où l’Epoux leur sera enlevé : ce jour-là ils jeûneront. Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve ; autrement la pièce neuve
tire sur le vieux tissu et le déchire davantage. Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres, autrement la fermentation fait éclater les outres, et l’on perd à la fois le
vin et les outres. A vin nouveau, outres neuves. »
Angoulême (Charente)
regroupant les
églises suivantes:
Mais quels sont les « oui » qui
marquent, jalonnent notre parcours ?
- Vient alors le oui à soi-même
Seul le christianisme, parce qu’il est trinitaire, articule ces trois
C'est
aujourd'hui la Journée de prière pour les Malades tout près de la fête de Notre Dame de Lourdes le 11 février, que tant de malades viennent implorer en pèlerinage : 5 à 6 millions de pèlerins
chaque année à Lourdes !
« En cette circonstance, l'Église désire se pencher avec
une sollicitude particulière sur les personnes qui souffrent, en rappelant l'attention de l'opinion publique sur les problèmes liés aux maladies mentales, qui frappe désormais un cinquième de
l'humanité et qui constitue une véritable urgence médico-sociale. En rappelant l'attention que mon vénéré prédécesseur Jean-Paul II réservait à cette célébration annuelle, moi aussi, chers
frères et soeurs, je voudrais me rendre spirituellement présent à la Journée mondiale du
Mais
Écoutons le témoignage de l’une d’entre elles :





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