les bienheureux du purgatoire sur la façade de la cathédrale d'Angoulême (12° siècle)regroupant les églises suivantes:
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et Notre Dame d'Obezine / chapelle de Beaulieu
(plan de la ville)

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Visites ‘spirituelles’ de la Cathédrale d'Angoulême par P. Braud ou R. Houdusse : Mercredi-Jeudi-Vendredi à 18h en Juillet-Août
Vendredi 3 mars 2006

De quoi y laisser sa peau…
Homélie du 8° dimanche ordinaire – Année B / Dimanche 27 Février 2006

Imaginez un serpent, charmante bestiole qui rampe dans nos broussailles…

laisser nos vieilles peaux derrière nous...« Lorsque le serpent remarque qu’il commence à vieillir, à se rider et à sentir mauvais, il cherche un passage étroit entre 2 pierres voisines, et il s’y faufile, en les serrant de si près qu’il perd sa vieille peau ; et par-dessous une nouvelle peau s’est déjà formée. L’homme doit faire de même avec sa vieille peau ; que cela soit donc décapé par le passage entre les 2 pierres qui sont l’une à côté de l’autre. »
(Tauler, mystique allemand du XIV° siècle)

Dieu peut faire du neuf dans nos vies.
À chaque âge, pour chaque période traversée.
Voilà une espérance fantastique qui nous est donnée dans cet évangile :
à vin nouveau, outres neuves ; à vie nouvelle, vêtements neufs.
Autrement dit : ce qui nous semble quelques fois être des situations catastrophiques (des anciens habits qui se déchirent, des outres qui éclatent…) peuvent se révéler en fait des situations de renouveau en profondeur, qui sont en train de produire des fruits inattendus, encore largement invisibles.
Un Évangile pour temps de crise en quelque sorte, qui nous aide à déchiffrer les difficultés actuelles en terme de renouveau.
La nouveauté qu’apporte le Christ fait craquer dans un premier temps nos vieilles habitudes, mais c’est pour revêtir dans un deuxième temps le vêtement toujours neuf de notre baptême et de notre confirmation.

La crise comprise comme œuvre de la grâce ;
le déchirement d’avec l’ancien comme le lieu d’une rencontre avec Dieu, d’une intense expérience de Dieu.

Avouons-le, cette image de vieux vêtements, qu’il faut bien remplacer parce qu’ils craquent de partout, convient bien aux temps qui sont les nôtres.

Dans la vie sociale et économique
, il suffit d’évoquer la mondialisation qui de manière inhumaine et impersonnelle vient d’abord tout près de chez nous faire s’écrouler les entreprises et des activités qu’on croyait là pour toujours.
Avons-nous assez de courage et d’intelligence pour faire de la nouvelle économie qui remplace l’ancienne autre chose qu’une machine à utiliser le personnel comme on utilise des choses et de l’argent ? Partout il y a des opportunités à saisir dans les nouvelles activités qui se développent. Cette nouveauté-là, à nous aussi de l’humaniser, de l’évangéliser même, en suscitant des acteurs économiques capables d’initiations et de solidarité, n’ayant peur des temps nouveaux, mais pour les mettre au service de l’homme.

vieilles outres, à remplacer pour le vin nouveauDans la vie personnelle
de chacun d’entre nous aussi, la nouveauté peut ressembler au début à une épreuve à la suite d’une séparation ou d’un deuil ; lorsque l’adolescence vous projette vers les enfants dans un univers inconnu, et vos parents avec vous ; lorsque vient l’âge de quitter la maison familiale pour les études ; lorsque la vieillesse fait entrer dans un autre rythme de vie et de relations… Nous n’en finissons pas d’évoquer tous les moments de notre vie où ce qui est nouveau est d’abord ce qui nous fait souffrir. Et pourtant, ces moments-là sont des passages : vers plus d’autonomie, vers plus de maturité, vers plus de sagesse, vers un autre bonheur, autrement…

À un moment donné, il faut avoir le courage de consentir à la nouveauté, de franchir le passage, même si on perd sa vieille peau, son vieux vêtement, même si on récolte des plaies et des écorchures. Sinon, commet être renouvelé par le Christ ? Il faut que nos vieux vêtements nous soient enlevés afin que, jour après jour, notre humanité intérieure devienne nouvelle.

Ce qui est vrai dans la vie économique et personnelle l’est aussi dans la vie de notre Église
Nous sentons bien que des vieux vêtements, d’anciens, manière de dire ou de faire, ne conviennent plus. Comme le serpent de Tauler, notre Église en Charente et en France traverse une mue, une mutation profonde. Parfois cela nous fait peur ; par moments cela nous enthousiasme. Mais la nouveauté du Christ fait apparaître des visages d’Église inédits et imprévisibles.
Qui aurait pensé il y a 50 ans que nous pourrions -  comme nous le faisons aujourd’hui - accueillir ensemble, prêtres et laïcs, les familles pour un baptême, un deuil ou un mariage ?
Qui aurait imaginé la figure des relais paroissiaux qui vont permettre de garder des liens visibles et proches au nom de l’Église avec nos villages et nos quartiers ?
Qui aurait imaginé la figure des Équipes d’Animation Pastorale (EAP) où prêtres et laïcs portent ensemble le souci de l’ensemble de la vie paroissiale ?
Qui aurait pensé que l’esprit de clocher reculerait assez pour que nos 6 églises (St André, St Ausone, St Martial, Cathédrale, Obezine et Beaulieu) se sentent vraiment solidaires et unies dans la mission commune sur la paroisse ?
Qui aurait pu envisager le Jubilé du 28 Novembre 1999 avec les enfants à Bel Air, la fête synodale du stade Chanzy en Mai 2005, ou bien les JMJ débordantes de joie à Paris ou à Rome, à Cologne avec la jeunesse du monde entier ? etc.…etc.…

C’est vrai, il y a des figures anciennes de l’Église qui s’effacent.
C’est vrai, nous commençons à peine une certaine traversée du désert évoquée par la pauvreté numérique, la dispersion et la faiblesse de nos ressources humaines.
Mais nous commençons aussi à peine un profond renouveau qui fera et fait déjà émerger de nouveaux visages d’Église : la prière, la lecture de la Bible, l’œcuménisme avec protestants et orthodoxes (cf. la BD chrétienne !), le courage de la proposition de la foi dans la société actuelle, et tant d’initiatives avec les plus pauvres, un réel partage des responsabilités… tout cela finira par porter du fruit, même si nous ne savons pas où ni quand, ni comment.

Le Christ ne cesse de dépouiller l’Église qu’il aime, pour la revêtir d’habits neufs, mieux adaptés à la période qu’elle traverse. Dans la force de son Esprit, déchiffrons les crises qui sont les nôtres comme autant d’invitations à nous ouvrir à la nouveauté de Évangile, aujourd’hui, demain.
« À vin nouveau, outres neuves »
Amen.
                                                                                                           Père Patrick Braud

X  Evangile de Jésus Christ selon saint Marc                             2, 18-22
Comme les disciples de Jean Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vient demander à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas, comme les disciples de Jean et ceux des pharisiens ? » Jésus répond : « Les invités de la noce pourraient-ils donc jeûner, pendant que l’Epoux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Epoux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais un temps viendra où l’Epoux leur sera enlevé : ce jour-là ils jeûneront. Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve ; autrement la pièce neuve tire sur le vieux tissu et le déchire davantage. Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres, autrement la fermentation fait éclater les outres, et l’on perd à la fois le vin et les outres. A vin nouveau, outres neuves. »

par Patrick BRAUD publié dans : Homélies
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Jeudi 23 février 2006

Homélie du 7ème Dimanche – Année B / 19 Février 2006

Quels sont les « oui » qui ont structuré votre existence ?
Quels « oui » avez-vous prononcé qui vous aident toujours à vivre ?
C’est la deuxième lecture d’aujourd’hui qui nous invite à faire cet exercice : « Le Christ Jésus n’a jamais été que ‘oui’, proclame Paul : c’est par lui que nous disons ‘amen’, notre ‘oui’ pour la gloire de Dieu ».

3 lettres qui engagent parfois toute une vie...Mais quels sont les « oui » qui marquent, jalonnent notre parcours ?
Les plus anciens parmi nous penseront peut-être au oui de leur vie de couple, qu’il a fallu si souvent réactualiser, dans des périodes heureuses ou difficiles…
Mais il y a également les « oui » des aventures professionnelles successives, des engagements associatifs, ecclésiaux…
Les plus jeunes penseront aux « oui » de l’amitié, à l’envie de vivre, ou les « oui » du scoutisme, de l’aumônerie, de la prière…

Faites également mémoire des « oui » que vous n’avez pu tenir, de ceux qui vous sont impossibles à honorer aujourd’hui.
Après une séparation, conjugale ou amicale, après un drame familial, après des infidélités diverses - et qui peut se prétendre fidèle à 100 % ? - il nous faut honnêtement réexaminer nos engagements, et soupeser le poids réel de notre parole donnée…

Les « oui » qui vous structurent, les « oui » que vous n’avez pas pu tneir :
Si vous faites cet exercice de mémoire, vous mesurerez l’enjeu de cette phrase de Paul : « C’est par le Christ que nous disons oui ».

Quelle folie en effet de croire que nous pourrions tenir parole par nos seules forces ?
Quel orgueil que de ne s’engager que lorsqu’on est sûr de soi !
Quelle tristesse de renier sa parole dès que la difficulté de la tenir nous fait douter de nos seules forces… !
Pourquoi ne pas s’appuyer sur un Autre que nous-même, pour nos « oui » soient plus solides et plus vrais ?

Il y a trois dimensions de ce « oui au Christ » que je voudrais explorer avec vous, de manière à nous aider à tenir parole.

- C’est d’abord le oui aux autres
Cette 1° dimension est la plus facile à percevoir et à comprendre. Dans l’évangile d’aujourd’hui par exemple, Jésus dit oui à la foi des porteurs du paralysé. Il n’avait pas prévu cette guérison qui le dérange, mais il écoute le désir vrai de ceux qui viennent à lui ; il y obéit, par amour. C’est la dimension horizontale des oui que nous prononçons les uns envers les autres. C’est le oui fraternel.

la largeur, la hauteur, la profondeur... de nos oui (cela vous rappellera quelques exos de maths!)- Vient alors le oui à soi-même
Cette dimension du oui est plus subtile. Quand on voit Jésus par exemple, dans la synagogue de Capharnaüm, se lancer dans l’aventure prophétique en s’appropriant la lecture d’Isaïe devant tout le monde. « Aujourd’hui, cette parole s’accomplit », on se dit que ce jour-là il est vraiment devenu adulte, il a pris son destin en mains, il a dit « oui » au désir le plus profond qui le projetait sur les routes de Galilée et l’exposait à la face du monde.
Découvrir ce qui m’habite en vérité, et consentir à moi-même, en allant le plus loin possible dans la poursuite de non désir le plus personnel, le plus vrai.
« Désire et ne cède pas sur ton désir » (Lacan).
C’est la dimension intérieure du oui que nous nous devons à nous-mêmes.
C’est le oui spirituel.

- Comme une clé de voûte, on peut alors (re)découvrir le oui à Dieu
Cette 3° dimension du oui n’est pas la résignation passive, ni la fatalité. Ce n’est pas « dire amen » à l’incompréhensible, c’est entrer activement dans le projet d’amour de Dieu pour le monde.
Regardez Jésus : il est « l’Amen de Dieu », comme l’écrit Paul, il ne cesse d’écouter la Parole de son Père pour la mettre activement en pratique.
Le plus spectaculaire de ce oui du Christ à Dieu est sans doute la Croix : dire oui à cette exclusion, à cette infâmie qu’est la Croix pour un Juif, c’est dire oui au projet du Père qui veut aller chercher et sauver ceux qui sont exclus, ceux qui sont abandonnés, en s’unissant à eux à travers le Fils livré…
C’est la dimension verticale, transcendante, des oui que nous prononçons devant Dieu.
C’est le oui filial.

L’originalité du christianisme, c’est de lier ensemble, de façon trinitaire, ces trois dimensions du « oui » qui sont autrement éparpillées, fragmentaires, dans les autres religions.              
          - L’humanisme athée veut promouvoir le « oui » aux autres.
          - Les sagesses orientales développent le oui intérieur à soi-même.
          - Le judaïsme et l’islam rappellent avec force la transcendance du oui  à Dieu.
Un oui en 3D, ça a quand même plus de relief...!Seul le christianisme, parce qu’il est trinitaire, articule ces trois  oui en un seul : devenir frères et sœurs en Jésus-Christ (le oui aux autres), devenir le Temple de l’Esprit (le oui spirituel à soi-même), devenir enfants du Père (le oui filial à Dieu).
L’horizon fraternel, le spirituel intérieur, le vertical transcendant : c’est un oui en 3D
(3 dimensions) que le Christ nous donne de prononcer !

Dans les jours qui viennent, réexaminons les oui qui sont les nôtres, ou qui devraient être les nôtres.
Comment les rechoisir, les habiter en s’appuyant sur le Christ ?
Qu’il nous aide, lui « l’Amen de Dieu », lui qui n’a jamais été que oui, qu’il nous aide à habiter ce petit mot hébreu que nous prononçons si souvent à la messe : « Amen »
Père Patrick BRAUD

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens           1, 18-22

Frères, j’en prends à témoins le Dieu fidèle : le langage que nous vous parlons n’est pas à la fois « oui » et « non ». Le Fils de Dieu, le Christ Jésus, que nous avons annoncé parmi vous, Silvain, Timothée et moi, n’a pas été à la fois « oui » et « non » ; il n’a jamais été que « oui ». Et toutes les promesses de Dieu ont trouvé leur « oui » dans sa personne. Aussi est-ce par le Christ que nous disons « amen », notre « oui » pour la gloire de Dieu. Celui qui nous rend solides pour le Christ dans nos relations avec vous, celui qui nous a consacrés, c’est Dieu ; il a mis sa marque sur nous, et il nous a fait une première avance sur ses dons : l’Esprit qui habite nos cœurs.

par Patrick BRAUD publié dans : Homélies
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Jeudi 16 février 2006

Homélie du 12 Février 2006 / Journée des malades

c'est pas beau la lèpre physique... la lèpre psychologique non plus...C'est aujourd'hui la Journée de prière pour les Malades tout près de la fête de Notre Dame de Lourdes le 11 février, que tant de malades viennent implorer en pèlerinage : 5 à 6 millions de pèlerins chaque année à Lourdes !
Et voici que le lépreux de l'Évangile vient nous rejoindre dans la prière.
S'il y avait une maladie terrible et terrifiante à l'époque (comme hélas en Afrique encore), c'était bien la lèpre. Elle met le corps en lambeaux, au sens le plus physique du terme. Avec la lèpre, la vie fout le camp par petits bouts : plus de phalanges, plus d'yeux, plus d’orteils, plus de dignité, un corps qui ressemble à un oignon qu'on pèle, en bien plus laid.
Pensez aux phases terminales d'un cancer, aux stades ultimes d'un sida, et vous aurez une idée de la déchéance physique que produit la lèpre.
Quelles sont les lèpres d’aujourd’hui ?

Parmi les maladies qui font souffrir tant de gens autour de nous, le Pape Benoît XVI attire particulièrement notre attention cette année sur les maladies psychiques et mentales.

 

film génial, mais diagnostic terrible sur l'enfermement psychiatrique...« En cette circonstance, l'Église désire se pencher avec une sollicitude particulière sur les personnes qui souffrent, en rappelant l'attention de l'opinion publique sur les problèmes liés aux maladies mentales, qui frappe désormais un cinquième de l'humanité et qui constitue une véritable urgence médico-sociale. En rappelant l'attention que mon vénéré prédécesseur Jean-Paul II réservait à cette célébration annuelle, moi aussi, chers frères et soeurs, je voudrais me rendre spirituellement présent à la Journée mondiale du

 

 

X Evangile de Jésus Christ selon saint  Marc                             1, 40-45
Un lépreux vient trouver Jésus ; il tombe à ses genoux et le supplie : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » A l’instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié. Aussitôt Jésus le renvoya avec cet avertissement sévère ! « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne pour ta purification ce que Moïse prescrit dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte qu’il n’était plus possible à Jésus d’entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d’éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui.

Malade, pour m'arrêter et réfléchir, en communion avec les participants, sur la situation des malades mentaux dans le monde et pour solliciter l'engagement des communautés ecclésiales en vue de témoigner à ces derniers de la tendre miséricorde du Seigneur.
Cette Journée mondiale du Malade représente une occasion opportune d'exprimer la solidarité aux familles qui doivent s'occuper des personnes atteintes de maladies mentales.
Je souhaite que se développe et se diffuse [à l’égard des malades mentaux] la culture de l'accueil et du partage, grâce également à des lois adaptées et à des politiques de santé qui prévoient des ressources suffisantes pour leur application concrète. Combien sont importantes la formation et la mise à jour du personnel qui oeuvre dans un secteur si délicat de la société. Chaque chrétien, selon ses propres devoirs et sa propre responsabilité, est appelé à apporter sa contribution afin que soit reconnue, respectée et promue la dignité de nos frères et soeurs. »
C’est devenu une véritable question de société chez nous.
Dans quelle famille n’y a-t-il pas eu une dépression, en hospitalisation, en CHS ?
Le ‘mal de vivre’ que chantait Barbara, ce mal de vivre qui repeint tout en noir et qui passe parfois jusqu’à la tentative de suicide. Chaque année en France, 160 000 personnes tentent de mettre fin à leur jour. 12 000 y parviennent, hélas. Le suicide est plus meurtrier que les accidents de la route. Premières victimes : les femmes, les personnes séparées, les chômeurs…
        
ça commence par l'impression de se noyer, sans pouvoir trouver d'aide...Mais le ‘mal de vivre’ est plus général encore : les adolescents y sont particulièrement vulnérables, et chacun de nous peut connaître une période de sa vie où il a l’impression que son existence part en lambeaux, comme le lépreux de l’Évangile. Et comme les lépreux d’autrefois, c’est très difficile d’en parler à d’autres, de se confier, de trouver un soutien. C’est presque honteux, et du coup cela isole ceux que la souffrance psychologique pousse déjà à l’isolement ou au repli sur soi. Je connais une femme, dépressive, qui me confiait : ‘Quand je sens que ça ne va pas, je ferme mes volets, et je reste là, toute seule, dans l’obscurité, sans oser sortir, ni téléphoner à personne’.
‘Impur, impur’ criaient les lépreux du temps de Moïse… Ceux qui sont dans nos hôpitaux psychiatriques  semblent hélas crier la même souffrance d’exclusion…
        
Et nous continuons de mettre à l’écart ceux qui nous troublent ainsi par leur comportement « anormal ». Si vous êtes allée rendre visite à des amis hospitalisés au CHS de Breuty, Camille Claudel, vous avez sûrement été marqué par la détresse de cet univers, comme par la grande soif d’être reconnu dans leur humanité que manifestent ces personnes.
L’aumônier du CHS nous lançant un appel lors de notre dernier Conseil Paroissial, et « Église d’Angoulême » a publié cet appel :
« Nos communautés chrétiennes n'auraient-elles rien à attendre des personnes atteintes de fragilité psychique (ou d'autres) ?
N’ont-elles rien à apprendre de ce dépressif effaré devant le bilan d’une vie qu’il pensait réussie – chacun la disait brillante ! - et qu’à l’âge de la retraite il découvre inconsistante : « ce serait à refaire, je ferais dans l’humanitaire… » ? 
De ces patients chroniques qui portent dans la prière quotidienne toutes les misères du monde comme une affaire personnelle… ?
De cet homme qui vient consoler un compagnon en pleurs… ?

Il est vital pour tous que chacun se fasse proche des personnes en souffrance psychique :
1 – par la prière dans le cadre d’une chaîne, passerelle entre deux mondes qui se méconnaissent.
2 – en relayant dans la préparation liturgique la quête insatiable et la richesse des personnes fragiles, authentiques reflets du visage du Christ.
Pour y aider, rejoignez les amis de l’aumônerie Camille Claudel autour d’un triple engagement :
            - se tenir informé de ce qui se vit en psychiatrie : l’équipe d’aumônerie s'engage à nourrir la réflexion par une lettre d'information annuelle.
            - porter dans sa prière quotidienne le souci des personnes soignées en psychiatrie.
- verser une contribution financière (facultatif !) pour le fonctionnement, l’organisation des pèlerinages et la formation des accompagnants. Les personnes suivies et parfois très démunies (environ 50 personnes) sont invitées à apporter 1 euro à chaque réunion mensuelle. Une participation volontaire à même hauteur des amis de l’aumônerie apporterait un souffle de créativité : soit 12 euros par an ! »
 (Gilles VIGOUR)

Saurons-nous entendre cet appel ?
Avec la vingtaine de personnes qui recevront le sacrement des malades ce Dimanche à 11h à la Cathédrale, acceptons que la force du Christ puisse se déployer dans notre faiblesse.
                                                                               Père Patrick Braud

L'onction d'huile sur les mains du malade (Van der Weyden 15° siècle)Écoutons le témoignage de l’une d’entre elles :

Pourquoi, je viens recevoir le sacrement des malades
            J’en ai à vrai dire une certaine expérience. Déjà en 1991, je me suis trouvée en face de grandes difficultés : découverte d’un cancer, perspective d’une intervention chirurgicale, d’un traitement long et sans certitude de guérison.
            A la maison, une mamie de 91 ans se noyait dans la maladie d’Alzheimer.
            Devant cela, je me suis sentie sans force et sans espoir.
            Dans ma Foi, tournée vers le Seigneur, j’ai pensé au sacrement des malades. Mamie et moi l’avons reçu et retrouvé Paix et force.
           
Aujourd’hui d’autres difficultés se présentent à moi la vieillesse, la solitude, l’inaction, les douleurs physiques avec l’inévitable retour sur soi même ; il y a des conséquences de mes actes, les souvenirs, les regrets de la peine faite aux autres, qui créent un dur passage qu’une grande lassitude n’aide pas à combattre.

            C’est pour cela que je suis là, pour demander à Dieu de m’aider à retrouver la Paix, la force de chasser les tristesses enfin de croire en sa miséricorde et à son amour, enfin de pouvoir prier confiante et reconnaissante de tant de grâces reçues et si souvent oubliées. Faire enfin dans l’humilité sa sainte volonté.

par Patrick BRAUD publié dans : Homélies
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