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Lundi 13 mars 2006

Homélie du 2° dimanche de Carême / 12 Mars 2006
« Le sacrifice interdit »

Dieu serait-il pervers ?
Abraham imaginait un Dieu assoifé de sacrifices humains; la ligature d' Isaac va lui révéler un Dieu différentOn pourrait le croire à une lecture trop rapide du 1er texte d’aujourd’hui : « sacrifie pour moi celui que tu aimes » semble dire Dieu à Abraham dans la traduction  approximative qui nous est proposée.
Quel est le père qui pourrait entendre cela sans broncher ?
Dieu demanderait-il des sacrifices humains ?
Est-il assez pervers, soit pour pousser Abraham vers le désespoir, soit pour demander un meurtre, et le meurtre d’un fils ?

Cette fausse lecture d’un Dieu pervers qui s’amuserait à mettre Abraham à l’épreuve a produit la révolte de générations d’athées, refusant à juste titre cette fausse image d’un Dieu qui dévore ses enfants, comme l’ogre des contes d’enfants dévore ceux qui s’approchent de lui…

Or Dieu est Père, il n’est pas pervers.
(cf. Maurice Bellet : le Dieu pervers, DDB, 1998)
Comment sortir de cette fausse et dangereuse interprétation ?

une psychanayste est quand même bien utile pour écouter le texte, comme Rachi l'avait fait avant elleEn faisant attention au texte (cf. Marie Balmary : le sacrifice interdit, Grasset, 1989 et le moine et la psychanalyste, Albin Michel, 2005).
En effet, le texte dit littéralement à Abraham : « prends ton fils unique, élève-le en élévation », et on pas « offre-le en sacrifice ». Chouraqui traduit en hébreu : « fais-le monter en montée ». Évidemment, c’est moins clair, et Abraham fait comme nous : il croit entendre dans l’appel à faire « monter » son fils un appel au meurtre, un appel au sacrifice humain, comme les dieux païens Moloch l’exigeaient autour de lui dans les religions païennes.
Du coup il fait jouer à Dieu un rôle pervers en lui attribuant une volonté qu’il n’a jamais exprimée. Il interprète : « sacrifie ton fils » là où Dieu lui disait : 
« élève-le ».
Il entend : « immole », là où on lui demandait de « faire monter » son fils.
Il croit qu’il faut égorger celui qu’il aime alors qu’il faut l’élever.

Cela nous arrive à nous aussi de nous tromper dans l’interprétation de la Parole de Dieu, et du coup de l’affubler de nos projections infantiles ou perverses. Pensez aux kamikazes qui se font exploser pour tuer des ennemis au nom d’Allah. Pensez aux jansénistes qui croyaient que Dieu demande l’austérité et la répression de la chair.
Pensez à toutes les caricatures du visage de Dieu que nous autres croyants nous véhiculons parfois, pire encore que les caricatures de libération ou de Charlie Hebdo…
Pensez au Dieu vengeur, au Père Fouettard, au Dieu justicier… qui punit et prend plaisir à faire souffrir…

Un indice de cette 1° erreur d’Abraham, c’est le double nom de Dieu dans le texte.
La 1° fois, quand Abraham croit qu’il faut tuer par obéissance, il croit entendre cela en direct de la bouche d’Elohims, nom hébreu qui est au pluriel, et qui évoque les idoles, les faux dieux des polythéismes ambiants.
La 2° fois, c’est non pas Elohims mais le Messager de YHWH, qui crie vers lui pour arrêter le meurtre.
Non plus Dieu soi-disant en direct, mais une médiation, un ange : un messager. Non plus un Dieu pluriel, mais YHWH, les 4 lettres imprononçables pour un Juif, le tétragramme, qui interdit de mettre la main sur Dieu (justement parce que son nom est imprononçable) qui interdit d’interpréter sa volonté selon nos fantasmes, nos peurs païennes, nos caricatures sur Dieu.

Chagall et l'arrêt du meurtre du fils (l'ange de YHWH arrête le geste d'Abraham)Ce changement de nom sur Dieu est le signe du changement qui s’opère chez Abraham : il sort de l’idolâtrie et découvre  le Tout Autre ; il quitte les faux dieux qui veulent la mort et se tourne vers le Dieu Père qui veut la vie.
Sa foi se purifie pour ne plus obéir à un Dieu imaginaire, mais au vrai Dieu qui était à la source de son amour pour son fils.

Un commentateur juif du Moyen Age, le célèbre Rachi, avait déjà commenté ce texte dans le sens de l’offrande et non de l’holocauste. « Le texte dit littéralement : Fais-le monter. Dieu ne lui dit pas : immole-le. Le Saint, béni soit-il !, ne voulait nullement cela, mais seulement le faire MONTER sur la montagne pour donner à la personne d’Isaac le caractère d’une offrande à Dieu. Et une fois qu’il l’aura fait MONTER, il lui dit : « Fais-le redescendre ».

Vous comprenez alors pourquoi l’Esprit pousse Jésus à monter sur la montagne du mont Thabor ! Jésus désire que sa vie soit une offrande d’amour à son Père, et ce désir d’offrande le transfigure d’une beauté éblouissante.
Le véritable 'sacrifice', c'est de s'offrir soi-même, par amourVous comprenez pourquoi dans la messe on parle de la procession de présentation des offrandes ; et pourquoi le but de la messe est de faire de nous « une vivante offrande à la louange de la gloire du Père » (Prière eucharistique n°4), grâce au Christ qui le premier est monté sur la montagne, mieux encore qu’Isaac, mieux encore qu’Abraham, si lent à comprendre que Dieu ne désire pas un sacrifice qui mutile, mais l’offrande qui élève.

Le chemin de Carême est alors celui de la purification de notre foi.
Croire, ce n’est pas se soumettre aveuglément à un Dieu pervers qui nous enverrait des épreuves, c’est laisser le Christ nous unir à lui dans l’offrande d’amour qu’il fait de sa vie à son Père.
Ça change tout…
En montant au Thabor, comme Isaac est élevé lors de la montée du mont Moriah, Jésus révèle la vraie beauté de l’être humain.
La bouleversante beauté qui transfigure son visage, notre visage, ne vient pas du sacrifice, mais de l’offrande.
Bonne Nouvelle : Dieu ne veut pas d’automutilation, mais la beauté de ses enfants !
Il n’exige pas de sacrifice humain, mais invite au libre dessaisissement de soi par amour.

Dieu est Père, pas pervers !
Que ce Carême purifie nos fausses images idolâtriques de Dieu !
Amen.
                                                                  Père Patrick Braud

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Is’hac aux liens             (Traduction d'André Chouraqui)

Gn 22,1.     Et c’est après ces paroles: l’Elohîms éprouve Abrahâm.
Il lui dit: « Abrahâm ! » Il dit: « Me voici. »
2.     Il dit: « Prends donc ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Is’hac,
va pour toi en terre de Moryah, là, monte-le en montée
sur l’un des monts que je te dirai. »
3.     Abrahâm se lève tôt le matin et bride son âne.
Il prend ses deux adolescents avec lui et Is’hac, son fils.
Il fend des bois de montée.
Il se lève et va vers le lieu que lui dit l’Elohîms.
4.     Le troisième jour, Abrahâm porte ses yeux et voit le lieu de loin.
5.     Abrahâm dit à ses adolescents: « Asseyez-vous ici avec l’âne.
Moi et l’adolescent nous irons jusque-là.
Nous nous prosternerons puis nous retournerons vers vous. »
6.     Abrahâm prend les bois de la montée, il les met sur Is’hac, son fils.
Il prend en sa main le feu et le coutelas.
Ils vont, les deux, unis.
7.     Is’hac dit à Abrahâm, son père, il dit: « Mon père ! »
Il dit: « Me voici, mon fils. »
Il dit: « Voici le feu et les bois. Où est l’agneau de la montée ? »
8.     Abrahâm dit: « Elohîms verra pour lui l’agneau de la montée, mon fils. »
Ils vont, les deux, unis.
9.     Ils viennent au lieu que lui a dit l’Elohîms.
Abrahâm bâtit là l’autel et prépare les bois.
Il ligote Is’hac, son fils, et le met sur l’autel, au-dessus des bois.
10.     Abrahâm lance sa main et saisit le coutelas pour égorger son fils.
11.     Le messager de IHVH-Adonaï crie vers lui des ciels et dit:
« Abrahâm ! Abrahâm ! » Il dit: « Me voici. »
12.     Il dit: « Ne lance pas ta main vers l’adolescent, ne lui fais rien !
Oui, maintenant je sais que, toi, tu frémis d’Elohîms !
Pour moi, tu n’as pas épargné, ton fils, ton unique. »
13.     Abrahâm porte ses yeux et voit,
et voici un bélier, derrière, saisi au hallier.
Abrahâm va et prend le bélier.
Il le monte en montée, au lieu de son fils.
14.     Abrahâm crie le nom de ce lieu: IHVH-Adonaï Iré ­ IHVH-Adonaï verra ­
qui se dit aujourd’hui: Sur le Mont de IHVH-Adonaï il sera vu.
15.     Le messager de IHVH-Adonaï crie à Abrahâm
une deuxième fois des ciels.
16.     Il dit: « Je le jure par moi, harangue de IHVH-Adonaï:
oui, puisque tu as fait cette parole
et que tu n’as pas épargné ton fils, ton unique,
17.     oui, je te bénirai, je te bénirai,
je multiplierai, je multiplierai ta semence,
comme les étoiles des ciels, comme le sable, sur la lèvre de la mer:
ta semence héritera la porte de ses ennemis,
18.     toutes les nations de la terre se bénissent en ta semence,
par suite de ce que tu as entendu ma voix. »

par Patrick BRAUD publié dans : Homélies
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Samedi 11 mars 2006

Homélie du 1° Dimanche de Carême B /   05/06/06
Sablez le Carême !

Fermez les yeux…

Vous êtes allongés sur le sable, la nuit.
le désert de Judée, entre Jérusalem et Jéricho, là ou Jésus est allé après son baptêmePas n'importe
quel sable, le sable du Sahara, ou bien celui du petit désert qui se faufile entre Jérusalem et Jéricho.
Pas n'importe quelle nuit, la nuit du désert sans nuages, où il y a autant d'étoiles que de grains dans le sable…
Alors que le petit vent chaud commence à bercer votre sommeil, vous vous dites:
je suis entre deux infinis.
L'infini du sable qui ondule à Tamanrasset à El Goléa, ou de Jéricho à Jérusalem ;
l'infini du ciel à portée de main tellement il semble envelopper la terre…

C'est le désert tel que je l'ai vécu un mois durant en traversant le Sahara, de retour de Koudougou, (il y a 25 ans déjà !), et lors des pèlerinages en Terre Sainte.
C'est le désert tel que Jésus l'a habité durant 40 jours, dans son combat spirituel pour devenir fidèle au baptême juste reçu dans le Jourdain.
Et moi ? Quels sont les déserts vers lesquels ce Carême me pousse ?

Au Sahara, le choc de l'immersion dans l'infini de l'horizon renvoie à l'infini de mon propre horizon intérieur.
Quel est l'infini qui habite ma vie ?
Qu'y a-t-il de grand et d'immense en moi que je pourrais, que je voudrais prendre le temps de contempler ?
Qu'y a-t-il de grand et d'immense autour de moi qui me presse de m'arrêter et de savourer ? le désert du Hoggar, vu du plateau de l'Assekrem
Comme on savoure l'étendue du Hoggar en haut du plateau de l'Assekrem (où a vécu Charles de Foucauld)
Carême, désert, retour à l'infini, en moi et hors de moi…
 : le Christ, qui est lui-même le point de rencontre entre les deux infinis divins et humains, a du ressentir intensément dans le désert proche de Jérusalem combien grande était sa mission, immense son aventure, infinie son histoire.

Revenez à cet infini-là, celui que la consommation rabaisse aux choses, celui que le bruit de la ville étouffe, celui que les soucis immédiats font perdre de vue à force d'être " le nez dans le guidon… "

Dans le désert, on est ramené à l'essentiel
. Et l’essentiel pour Jésus, dans l’évangile d‘aujourd’hui, c’est de devenir fidèle à son baptême.
Il vient d’être plongé dans les eaux du Jourdain, et il affronte le combat intérieur où Satan cherchera à le détourner de sa vocation filiale.


Qu'est-ce qui a permis à Jésus d
aller jusqu’au bout ?
Où a-t-il trouvé le courage de rester fidèle à son baptême ?
Comment a-t-il fait pour ne pas perdre le nord dans ce désert extérieur et intérieur ?

Le texte nous met sur la piste :
Il est conduit
, « poussé » par l'Esprit, il se laisse conduire, il est rempli d'un autre que lui-même, il est le Christ’ (c’est-à-dire l’Oint de Dieu, celui qui se laisse entièrement façonner par l’Esprit de Dieu) !
Se laisser conduire : ne pas chercher à tout maîtriser, mais écouter Dieu nous parler à travers les évènements, déchiffrer sa Parole qui m'invite à aller ailleurs, plus loin.
Nous laissons-nous conduire ?
Acceptons-nous d'aller là où nous n'avons pas prévu ?
Là où nous n'avons pas envie d'aller ? …

Que ce Carême nous redonne le goût du combat spirituel.
Il y a certes des obstacles à l'Évangile autour de nous et en nous.
Mais l'Esprit nous donne d'affronter ces obstacles avec audace.
Revenez à votre désert intérieur.
Habitez-le, savourez-le avec le Christ.
Amen.

P. Patrick Braud

X Evangile de Jésus Christ selon saint Marc                              1, 12-15
Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt l’Esprit le pousse au désert. Et dans le désert il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient.
Après l’arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le Règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle.

par Patrick BRAUD publié dans : Homélies
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Dimanche 5 mars 2006
Une jeune mère de famille de 32 ans qui se suicide après la naissance de son 3° enfant, c’est un drame dont personne ne sort indemne. Ni moi-même qui ai célébré son mariage il y a 8 ans, ni encore moins bien sûr son mari, ses parents, ses frères et sœurs, ses amis, et ses enfants qui auront bien du mal avec la mémoire de leur maman
Les mots sont trop courts pour exprimer ce que l’on porte en soi dans ces instants, et pourtant il faut bien risquer quelques mots pour que le chagrin sorte, pour que la douleur ne reste pas muette, pour que l’espérance trace son sillon malgré tout à l’intérieur de chacun…
Voici ces mots de rien, en écho aux lourds mots de l’Évangile sur le grain de blé tombé en terre

Homélie pour les obsèques de Maud

fragiles comme un grain de blé, nous sommes pourtant lourds d'une fécondité inimaginableUn grain de blé, ça paraît si petit, si fragile - et ça l’est –
et pourtant de ce presque rien va surgir une vie abondante.

Nous aussi nous nous sentons si petits, si fragiles - et nous le sommes pour une part - ;
et pourtant le Christ nous le promet : ce que nous avons semé avec amour portera en Dieu du fruit en abondance, en plénitude.

Cette espérance vaut pour Maud, comme pour chacun de nous.
Elle s’est donnée, a aimé, a partagé ses rires, ses passions, d’abord avec vous Corinne et François, Benoît, Éric, Édouard et Laure - et nous savons quelle place elle tient dans sa famille, dans le cœur de ses amis charentais -, puis avec toi Laurent et vos trois enfants, avec vos amis de Mayenne, de Périgny récemment, et tant d’autres…

La parabole du grain de blé nous appelle à croire en la fécondité de tout ce qu’elle nous a partagé.
Et puis, Dieu peut faire surgir la vie là où pour nous c’est impossible !
Au moment où le grain de blé tombe en terre, tout paraît fini, absurde même. Notre surprise et notre étonnement seront grands lorsque nous découvrirons la vie nouvelle dont Dieu désire nous revêtir, mieux encore que l’épi ne le fait pour le grain semé…

Cela ne supprime pas la difficulté de vivre.
le mal de vivre peut devenir si fort, pour de multiples raisons...La souffrance intérieure peut devenir si grande que nous ne savons plus comment y échapper.
Le mal de vivre peut s’enraciner à une telle profondeur qu’humainement il peut sembler irrémédiable.
Nous ne savons pas le poids de détresse que porte chacun d’entre nous.
La complexité de l’être humain, est telle que le mystère de l’autre nous échappe toujours, quand ce n’est pas le mystère de notre propre existence…

Et pourtant - le visage radieux de Maud nous le redit - et pourtant la vie vaut la peine d’être vécue.
Et pourtant la vie vaut la peine d’être donnée
 : Maël, Nolan et Noé en témoignent de la part de leurs parents.
Ce n’est pas parce qu’elle est contradictoire que le vie ne serait pas humaine.
C’est lorsque l’on souffre trop, au-delà de nos forces.

Maud est partie, comme on voit disparaître une voile à l’horizon, et déjà elle nous manque.
À vous sa famille, ses proches. À nous ses amis.
Au moment où elle disparaît à nos yeux, où son absence fait mal, d’autres bateaux, de l’autre côté, au-delà de la ligne d’horizon, la voient poindre au loin et s’écrient : « c’est elle ! ».
Le chant de Mannick que vous aviez choisi pour votre mariage ici même dans cette église nous invite à décrypter les alliances qui sont les nôtres comme autant de navigations océanes :
« Je connais des bateaux qui reviennent au port labourés de partout, mais plus graves et plus forts… »

La foi de Maud, dont je suis témoin (avec d’autres) depuis ses années de cheftaine des jeannettes ici à Ste Bernadette, depuis sa préparation au mariage et les moments partagés ensuite, la foi de Maud peut nous aider à voir autrement sa disparition.
Comme un appel à l’espérance.
Ce n’est pas parce que nous sommes pleins de contradictions que nous renonçons à espérer, même contre toute espérance.
Comme un appel à la mémoire.
Maël, Nolan et Noé auront besoin d’une ‘mémoire vive’ de leur maman.
En regardant vers le visage de Maud, chacun devine qu’il a un travail de mémoire à faire pour mesurer ce qui nous lui devons, dans l’affection familiale, conjugale, amicale, pour lui dire merci, pour devenir fidèle à son amour, son affection, son amitié pour nous, pour la confier à Dieu, en faisant mémoire d’elle dans l’eucharistie tout particulièrement…

s'il disparaît à l'horizon, c'est que le voilier apparaît à d'autres, au-delà de cette ligne...« Hissez la voile : le Christ est à bord, et nous sommes à vos côtés, aujourd’hui et demain ».
C’est ce que nous avons dit le jour de votre mariage Laurent.
Nous pouvons, nous devons le redire aujourd’hui : le Christ est à bord de nos fragiles embarcations qui prennent l’eau si souvent.
Parfois il semble dormir au fond de la barque alors que la tempête nous rend malades.
Mais il commande au souffle du vent, et il a autorité sur la mer déchaînée : « silence, tais-toi ».
Parce qu’il sait, lui, que l’aventure humaine demeure indéchiffrable tant qu’on ne la voit pas en Dieu.
Parce qu’il sait lui, qu’au-delà de la ligne d’horizon, la voile n’a pas disparue : elle a changé de cap et d’océan…

Dans l’eucharistie, notre prière va maintenant chercher à s’appuyer sur la prière du Christ à son Père, à travers sa mort et sa résurrection.
Que ce chemin nous garde en communion avec Maud, en priant pour elle, et avec elle…

Père Patrick BRAUD

Év. selon saint Jean Chapitre 12
24 Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit. 25 Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui s'en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle. 26 Si quelqu'un veut me servir, qu'il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, mon Père l'honorera.
par Patrick BRAUD publié dans : Homélies
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