Cathédrale Angoulême

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Fêtes de N.D. de Fatima les 17-18 Mai à St André / repas paroissial à l’école de l’Enfant Jésus Dimanche 18 mai à 12h
Jeudi 20 mars 2008

Homélie du Jeudi Saint
Jeudi 20 mars 2008 – Année A

 

L’eucharistie, c’est le pied...

 

Que venons-nous de vivre ?

À quoi nous engage ce geste de l’eau versée sur les pieds des 6 premiers disciples, puis des 6 autres derrière ensuite ?

Nous avons accompli ce geste pour faire mémoire de celui qui s’est fait le serviteur.

Impossible donc de célébrer l’eucharistie sans nous impliquer au maximum dans le service des autres.

Impossible de dissocier le culte de l’éthique.

Impossible de dissocier la liturgie de la transformation du monde vers plus de fraternité.

Avez-nous remarqué que Saint Jean ne raconte pas l’institution de l’Eucharistie ? Comment ! Lui, l’une des Douze, celui que Jésus aimait tout particulièrement, il n’a pas raconté ce dernier repas avec le geste sur le pain et le vin !? À la place, il a mis le lavement des pieds. Geste étonnant, qui pour Saint Jean est lié à l’eucharistie donc, où Jésus inverse les rôles :

-    Le geste de dépendance propre au serviteur, au domestique, c’est Lui - le Maître et le Seigneur - qui l’accomplit.

-    Le geste d’affection des enfants juifs envers leurs parents, c’est lui - l’image du Père - qui s’y soumet.

-    Le geste de vénération des disciples envers leur maître, leur rabbin, c’est lui - le Maître - qui l’accomplit.

Dans ce geste d’humilité, Jésus manifeste que la puissance d’amour de Dieu, c’est de se ranger du côté des petits et des exclus de la vie.

Dans ce geste d’affection, Jésus manifeste que le chemin pour retourner à Dieu, c’est le service fraternel.

Dans ce geste de vénération envers ces disciples, Jésus manifeste que Dieu s’incline devant l’homme pécheur, pour le servir et lui révéler sa véritable dignité.

 

-    Normalement, ce sont ses ennemis  que Dieu mettra sous les pieds du Messie (Mt 22, 44). Ne dit-on pas « au pied !» à l’animal dressé qui doit obéir ?

Ce soir, c’est le Messie qui est aux pieds de ses amis.

-    Dans l’Évangile, les pauvres ne cessent de se jeter aux pieds de Jésus pour lui demander la guérison, lui avouer la vérité (Mc 3, 11 ; 5, 22 ; 7, 25…).

Ce soir c’est Jésus qui se jette aux pieds de ses disciples pour leur donner le goût du service.

-    Une femme avait versé des larmes sur les pieds de Jésus (Lc 7,38). Une autre avait répandu un ½  litre de parfum précieux sur ses pieds (Jn 12) et les essuyait avec ses cheveux…

Ce soir, c’est Jésus qui verse sur les pieds de ses amis une eau pure et précieuse, plus que les

larmes et le parfum : l’eau du baptême à venir, pour les purifier, pour leur donner de mourir et ressusciter avec Lui…


Associer le lavement des pieds à l’eucharistie en ce Jeudi Saint, c’est proclamer que la pratique religieuse ne sert à rien si elle ne débouche pas sur un véritable service des autres.

C’est proclamer aussi, en sens inverse, que la simple action humanitaire trop « horizontale » ou même athée risque fort de devenir inhumaine si elle se coupe d’une certaine transcendance humaine que seul Dieu peut donner à l’homme.

 

Pas de culte sans éthique (Cf. Rwanda hélas...).

Pas d’éthique sans culte (Cf. les idéologies à l’Est avant 1989, ou les « dérives démocratiques » - comme disait Jean-Paul II - actuelles).

 

Les Pères de l’Église osaient dire qu’il y a 2 sacrements dans l’Eucharistie : le sacrement de l’autel et le sacrement du frère, et tous deux ne font qu’un.

 

Et Saint Augustin prenait cette image pour avertir les chrétiens de ne jamais les séparer :

« Imaginez que quelqu’un veuille embrasser et vénérer le visage du Christ, mais que pour cela il lui monte sur les pieds avec de gros souliers ferrés. En vérité - écrit Saint Augustin - la tête criera plus fort pour les pieds qu’on écrase que pour elle qu’on adore ».

Et il écrit ailleurs :

« Ce pain que vous voyez sur l’autel, une fois sanctifié par la parole de Dieu, est le corps du Christ. Cette coupe, ou plutôt le breuvage qu’elle contient, une fois sanctifiée par la parole de Dieu, est le sang du Christ. Si vous l’avez bien reçu, vous êtes vous-même ce que vous avez reçu. Car vous êtes le corps du Christ et ses membres et c’est votre propre symbole qui repose sur la table du Seigneur. C’est votre propre symbole que vous recevez. Soyez donc ce que vous voyez, et recevez ce que vous êtes. »

 

Il y a donc un lien indissoluble entre le corps du Christ dans l’Eucharistie, et le corps du Christ dans l’Église, c'est-à-dire dans l’assemblée que nous formons.

Un lien indissoluble entre le fait de communier et l’engagement à servir nos frères.

Un lien indissoluble entre le Christ prêtre et le Christ diacre, ce mot qui veut dire serviteur.

Et il est heureux que le Concile Vatican II soit revenu à l’ancienne tradition de l’Église en rétablissant parmi nous des diacres permanents : par leur simple présence à l’autel, ils nous rappellent que l’on ne peut dissocier le service fraternel de la communion au Corps du Christ.

 

Ce soir, nous fêtons le don merveilleux de l’Eucharistie, où nous reconnaissons la réelle présence du Christ mort et ressuscité pour nous. En venant communier avec plus d’intensité encore en ce Jeudi Saint, puissions-nous  ne pas oublier le geste du Christ Serviteur.

L’amour ne peut pas rester théorique et abstrait : il lui faut des gestes concrets  pour se dire et se transmettre. À notre tour de trouver les gestes d’amour que nous pourrons poser pour manifester ce que nous avons reçu.

Soyons ce que nous voyons sur la table du Seigneur, et devenons ce que nous recevons.

Qu’en venant adorer la tête, nous ne l’entendions pas crier de douleur pour ses pieds qu’on écrase….

Père Patrick BRAUD

 

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13,1-15.

Avant la fête de la Pâque, sachant que l'heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout.
Au cours du repas, alors que le démon a déjà inspiré à Judas Iscariote, fils de Simon, l'intention de le livrer,
Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu'il est venu de Dieu et qu'il retourne à Dieu,
se lève de table, quitte son vêtement, et prend un linge qu'il se noue à la ceinture ;
puis il verse de l'eau dans un bassin, il se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu'il avait à la ceinture.
Il arrive ainsi devant Simon-Pierre. Et Pierre lui dit : « Toi, Seigneur, tu veux me laver les pieds ! »
Jésus lui déclara : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. »
Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n'auras point de part avec moi. »
Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! »
Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n'a pas besoin de se laver : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, ... mais non pas tous. »
Il savait bien qui allait le livrer ; et c'est pourquoi il disait : « Vous n'êtes pas tous purs. »
Après leur avoir lavé les pieds, il reprit son vêtement et se remit à table. Il leur dit alors : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ?
Vous m'appelez 'Maître' et 'Seigneur', et vous avez raison, car vraiment je le suis.
Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
C'est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j'ai fait pour vous.

par Patrick BRAUD publié dans : Homélies communauté : Communauté spirituelle
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Dimanche 16 mars 2008
Homélie des Rameaux 16/03/08
 
Rameau, d’où viens-tu ?
 
Le magnifique hymne de la 2° lecture de ce jour (Ph 2,6-11) nous donne la clé de la Passion que nous entendons chaque dimanche des Rameaux comme aujourd'hui.
Le Christ, par amour, va au plus bas de l'humanité souffrante, de l'humanité qui se croit maudite, éloignée de Dieu. Il descend au plus bas, jusque dans nos enfers, pour que nul ne désespère, pour que nul ne se croit trop loin de Dieu, pour que nul ne se croit maudit de Dieu...
Dans la passion du Christ chacun de nous est rejoint par Lui au plus bas, au plus intime de sa souffrance, pour être élevé avec Lui. En Jésus Dieu se montre si passionnément humain que notre espérance devient immense !
 
Le geste que nous faisons ce dimanche des Rameaux nous le dit d'ailleurs : que tenons-nous à la main ?
* Des talismans qui nous protègeraient du malheur ? Mais l'homme que nous acclamons avec ces rameaux n'a pas été protégé du supplice de la croix...
* Des objets mystérieux réservés aux initiés ? Mais quoi de plus simple qu'une branche de buis prise sur un buisson ?
* Des choses qu'il faut ramener chaque année à la maison parce que c'est la coutume ? Mais la coutume se perd lorsqu'on ne sait plus pourquoi, lorsqu'on ne peut plus en expliquer le sens à ses enfants...
 
Non : ces rameaux qui acclament Jésus - humble Messie entrant dans Jérusalem, monté sur un âne - ces rameaux sont avant tous les signes d'une espérance extraordinaire ! 
 




 
* C'est avec un rameau frais d’olivier dans son bec que la colombe revint annoncer à Noé que les déluges sont terminés pour toujours. (Gn 8,11)
Acclamer le Christ avec les rameaux, c'est nous aussi proclamer que rien désormais ne pourra plus nous submerger. Unis au Christ, ni la solitude, ni les séparations, ni les difficultés financières, aucun déluge moderne - pas même la mort - ne pourront jamais nous séparer de l'amour de Dieu...








 
Le rameau d'Aaron, bourgeonnant la nuit (La Haye, 1450)* C'est encore avec un rameau que Moïse autrefois a laissé Dieu désigner celui qu'il avait choisi
Moïse avait donné 12 rameaux aux 12 patriarches d'Israël, puis les déposa devant Dieu (Nb 17, 16-26 ; He 9,4). Un seul a bourgeonné cette nuit-là : celui d'Aaron le grand prêtre choisi.
Nos rameaux qui viennent juste de bourgeonner et de refleurir avec le printemps qui revient, ces rameaux que nous avons cueillis parce qu'ils sont verts et frais, dégoulinant de vie, eh bien ces rameaux désignent Jésus comme celui que Dieu a choisi pour nous unir à lui. Nous sommes, rameaux à la main, un peuple d'élus !! Non pas au sens des élections municipales d'aujourd'hui, mais au sens où Dieu en Jésus-Christ élit,  choisit chacun de nous comme son enfant bien-aimé...  
Vous n'étiez pas candidats, vous n'aviez pas deprogramme électoral, mais vous voici élus  !

Le rameau de la colombe, le rameau d'Aaron...
* Ces branchages que nous élevons en chantant « Hosanna ! » sont également liés à la joie du peuple.
En effet lors de la fête des tentes chaque année le peuple juif va couper des rameaux d'olivier pour faire des huttes, y manger, y vivre une semaine comme au désert pendant l'exode. C'est donc comme un renouvellement de l'alliance que le peuple acclame en brandissant ces rameaux. C'est comme si Dieu venait à nouveau se fiancer à son Église : nouvelle alliance, la Passion de Jésus nous invite à croire qu'un nouveau départ est toujours possible ! Dans nos amitiés, nos amours, nos engagements...
 
En ce jour d’élections, à ceux qui seront battus nous avons aussi envie de dire cela : ne baissez pas les bras, continuez de vous battre pour le bien commun selon vos convictions, en vérité. À ceux qui gagneront, nous avons également envie de dire : si la foule vous acclame ce soir, souvenez-vous des rameaux, de la versatilité des foules,  et restez concentrés sur le service qui vous est maintenant confié...
 
une "soukka", cabane formée de rameaux, pour la fête de "soukkot" (des tentes)* Enfin ces rameaux ont été choisis parce qu'ils sont verts, pleins de vie, et qu'ils le resteront longtemps !
Rapporter des rameaux bénis dans sa maison, c’est croire que la vie offerte en Jésus-Christ sera plus forte que tout, plus forte que la mort...
Accrocher une branche de buis sur les murs d'une pièce, c'est espérer que l'amour de Dieu triomphe de tous les hivers.
 
undefinedVous connaissez ce geste que nous aimons accomplir lorsque l'un de nos proches meurt : nous décrochons la branche de rameau bénie du crucifix où nous l'avions déposé aujourd'hui, et nous bénissons le corps de l'être aimé avec ces rameaux trempés dans un peu d'eau. Ce geste de bénédiction et d'espérance s'enracine dans la grande lecture de la Passion de ce dimanche des Rameaux : puisque le Christ nous a passionnément aimé jusqu'à en mourir, la mort elle-même est maintenant changée et n'est plus un mur un non-sens...
 
Que ces rameaux dans nos chambres, dans nos lieux d'accueil, deviennent de vrais signes de vie ; qu'ils nous aident à demeurer unis au Christ quoiqu'il arrive !
Dans la passion de Jésus, Dieu se montre passionnément humain : qu'il en soit de même pour nous.
Amen !
 
Père Patrick BRAUD

Ph 2, 6-11
Le Christ Jésus, lui qui était dans la condition de Dieu, n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix. C'est pourquoi Dieu l'a élevé au-dessus de tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms, afin qu'au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l'abîme, tout être vivant tombe à genoux, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est le Seigneur », pour la gloire de Dieu le Père.
par Patrick BRAUD publié dans : Homélies communauté : Communauté spirituelle
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Vendredi 14 mars 2008
Homélie du 5éme dimanche de Carême, année A, 8 mars 2008.


"Déliez-le, et laissez-le aller" 

 

Au début de notre récit Jésus avertit ses disciples, « cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu ». Si elle ne conduit pas à la mort, elle ne mène pas non plus à la résurrection des fins dernières. Si elle conduit à la gloire de Dieu, alors c’est qu’elle conduit l’homme à la vie. Saint Irénée dira : « la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant ». Ce récit doit donc conduire Lazare et tous ceux qui assistent à ce miracle à la vie. Les juifs viennent de se dire : « Lui qui a ouvert les Yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ». Ces paroles révèlent qu’ils n’ont pas encore compris.

 

Lorsque Jésus ouvre les yeux de l’aveugle, il ne lui rend pas seulement la vue, il lui donne une vie nouvelle. Il fait habiter en lui la lumière qui fait dire à ce nouveau voyant : « Je crois » ; et il se prosterna devant Lui.

Lorsque Jésus aide la Samaritaine à faire la lumière sur sa vie, elle repart  pleine de vie, à tel point qu’elle se fait « première apôtre ».

Lorsque Pierre, Jacques et Jean assistent à la transfiguration, ce qu’ils vivent bouleverse leur vie.

 

Que se passe-t-il, pour Lazare ?

Lorsque Jésus arrive à Béthanie quatre nouveaux jours se sont écoulés. Ce qui se passe n’est pas encore la réalisation de la promesse que nous aurons après la résurrection de Jésus. Ressuscitant le huitième jour, Jésus donnera naissance à une nouvelle création. Pour Lazare, tout se passe le quatrième jour, le chiffre biblique de l’univers. Ce n’est donc pas un nouveau Lazare qui sort du tombeau, c’est un Lazare que l’on va délivrer de ses bandelettes. Jésus donne à Lazare d’être délivré de ce qui l’entrave. Il n’est plus sous l’emprise de la chair, il est maintenant habité par l’Esprit qui l’a fait sortir du tombeau.

 

Saint Paul nous a dit les choses très clairement dans sa lettre aux Romains : « votre corps est voué à la mort, parce qu’il est soumis au péché, mais une fois que vous-même êtes sous l’emprise de l’Esprit vous êtes tout entier voué à la vie et à la vie éternelle ». 

Qu’est ce que cela semble avoir changé dans la vie de Lazare ? Peut-être pas grand-chose, puisqu’on ne reparlera pas de lui dans la suite de l’Evangile. Mais d’ailleurs on ne reparle ni de la Samaritaine, ni de l’aveugle-né.

Et pourtant, la Samaritaine a laissé sa cruche, c’est-à-dire son ancienne vie, faite de séduction et de mensonge.

L’aveugle-né a laissé son ancienne vie, alors qu’il mendiait, cherchant à aller vers un lendemain, aujourd’hui il a trouvé le sens de sa vie.

Quant à Lazare, il est défait de ses entraves et on le laisse aller, c'est-à-dire être toujours plus vivant. Il n’est plus retenu par le péché.

Tous trois ont fait l’expérience de la rencontre avec le Christ et se laissent maintenant habité pas son Esprit.

 

Nous allons entrer dans la cinquième semaine de carême, nous approchant des rameaux où nous chanterons : « hosanna au roi des rois ».

Mais quelles sont les bandelettes qui nous masquent encore la vue, qui entravent nos mouvements ?

Avons-nous été attentifs ces semaines à ce qui chez nous, ressemblait à la possession des apôtres ? Rappelez vous, ils veulent dresser trois tentes, une pour Elie, une pour Moïse et une pour Jésus. Ainsi ils pourront garder leur Dieu à demeure et lui demander ce qu’ils veulent, quand ils veulent. Avons-nous pris le temps de nous laisser surprendre par Dieu, de faire que ce soit lui le maître de nos vies ? Comme la Samaritaine, avons-nous laissé nos séductions au placard ? Au travail, dans notre vie de famille, avons-nous joué, manipulé, sommes nous revenu à la charge avec un gentil sourire, quelques flatteries ? Comme les parents de l’aveugle-né, avons-nous refusé nos responsabilités, avons-nous tuent la vérité ? Si nous découvrons que durant ces semaines nous avons encore laissé de la place à toutes ces choses, ou à d’autres, et bien faisons comme Lazare, laissons-nous délier.

  Giotto: la résurrection de Lazare

Ces gens qui sur l’ordre de Jésus délient Lazare trouvent aujourd’hui leur successeur chez le Prêtre. C’est lui qui aujourd’hui peut nous délier. Si nous entendons le Christ nous appeler, laissons son Esprit entrer et habiter en nous. Laissons-le maintenant dire à un prêtre : « Délie-le et laisse-le aller ».

Cette semaine tâchons donc de faire pénétrer dans notre corps l’Esprit du Ressuscité. Relisons les textes de ce carême et ne cherchons pas à leur faire dire ce que l’on veut mais laissons les nous habiter, que ce soit l’Esprit du Christ Ressuscité qui nous envahisse.

Ensuite nos yeux s’ouvriront derrière nos bandelettes, nous pourrons alors trouver un prêtre pour nous entendre dire : « va et ne pèche plus ». 

Alors à la lumière de l’Esprit, nous découvrirons que, remis dans le Christ, notre péché ne conduit plus à la mort, mais à la gloire de Dieu.

 

Romain Houdusse, diacre

Jn 11, 1-45
Un homme était tombé malade. C’était Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de sa soeur Marthe.
(Marie est celle qui versa du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. Lazare, le malade, était son frère.) Donc, les deux soeurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » Jésus aimait Marthe et sa soeur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura pourtant deux jours à l'endroit où il se trouvait ; alors seulement il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs cherchaient à te lapider, et tu retournes là-bas ? » Jésus répondit : « Ne fait-il pas jour pendant douze heures ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu'il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n'est pas en lui. » Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s'est endormi ; mais je m'en vais le tirer de ce sommeil. »
Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s'il s'est endormi, il sera sauvé. » Car ils pensaient que Jésus voulait parler du sommeil, tandis qu'il parlait de la mort.
Alors il leur dit clairement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n'avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) dit aux autres disciples : « Allons-y nous aussi, pour mourir avec lui ! »
Quand Jésus arriva, il trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem - à une demi-heure de marche environ - beaucoup de Juifs étaient venus manifester leur sympathie à Marthe et à Marie, dans leur deuil. Lorsque Marthe apprit l'arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. Mais je sais que, maintenant encore, Dieu t'accordera tout ce que tu lui demanderas. »
Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu'il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. »
Ayant dit cela, elle s'en alla appeler sa soeur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t'appelle. »
Marie, dès qu'elle l'entendit, se leva aussitôt et partit rejoindre Jésus. Il n'était pas encore entré dans le village ; il se trouvait toujours à l'endroit où Marthe l'avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie, et lui manifestaient leur sympathie, quand ils la virent se lever et sortir si vite, la suivirent, pensant qu'elle allait au tombeau pour y pleurer. Elle arriva à l'endroit où se trouvait Jésus ; dès qu'elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. » Quand il vit qu'elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus fut bouleversé d'une émotion profonde.
Il demanda : « Où l'avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Viens voir, Seigneur. » Alors Jésus pleura. Les Juifs se dirent : « Voyez comme il l'aimait ! »
Mais certains d'entre eux disaient : « Lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? » Jésus, repris par l'émotion, arriva au tombeau. C'était une grotte fermée par une pierre.
Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la soeur du mort, lui dit : « Mais, Seigneur, il sent déjà ; voilà quatre jours qu'il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l'ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
On enleva donc la pierre.
Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m'as exaucé. Je savais bien, moi, que tu m'exauces toujours ; mais si j'ai parlé, c'est pour cette foule qui est autour de moi, afin qu'ils croient que tu m'as envoyé. » Après cela, il cria d'une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains attachés, le visage enveloppé d'un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. »
Les nombreux Juifs, qui étaient venus entourer Marie et avaient donc vu ce que faisait Jésus, crurent en lui.

par Romain HOUDUSSE publié dans : Homélies communauté : Communauté spirituelle
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