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Visites ‘spirituelles’ de la Cathédrale d'Angoulême par P. Braud ou R. Houdusse : Mercredi-Jeudi-Vendredi à 18h en Juillet-Août
Dimanche 13 juillet 2008

Efficacité de la parole de Dieu

 

Croyez-vous qu'il y a réellement dans la Bible une parole pour vous en ce jour ?

 

C'est bien l'un des fils rouges des lectures de ce dimanche.

Isaïe appelle son peuple à ne pas douter de l'efficacité de la parole qui sort de la bouche de Dieu : elle ne lui reviendra pas sans résultat, aussi sûrement que la pluie qui ne revient pas vers le ciel sans avoir fécondé la terre et l'avoir fait germer. Pourtant à l'époque où Isaïe écrit - comme à notre époque ! – il y avait quelque raison de douter de ces promesses. L'exil à Babylone semblait bien long, et on ne voyait pas poindre à l’horizon le renouveau annoncé par la parole de Dieu...

Mais la parole de Dieu est efficace !

Et Jésus s'inscrit dans la même ligne qu’Isaïe : ‘vous avez l'impression - et c'est vrai - que beaucoup se détournent de la foi, que les persécutions éclaircissent nos rangs, que les ronces étouffent bien vite ceux qui veulent devenir chrétiens. Mais ne regardez pas que cela ! Regardez aussi les grains tombés sur la bonne terre : ils sont peut-être peu nombreux aujourd'hui, mais ils seront 30 ou 60 ou 100 fois plus nombreux demain !’

 

C'est donc que le geste du semeur est finalement efficace. Alors qu’au début on aurait pu le croire bien peu professionnel : semer à tout vent sur tous les terrains alors qu'il n'y a aucune chance pour que cela pousse partout, quel gâchis ! De nos jours on sème scientifiquement : une graine par trou, avec des semis en ligne impeccables et mécanisés... Mais Dieu sait mieux que nous ce qu'est la véritable efficacité de sa parole...

 

« Elle est vivante et efficace, la parole de Dieu » dira Paul dans sa lettre aux Hébreux (He 4,12). Peut-être faudrait-il parler de fécondité dans notre culture afin de la distinguer de la seule efficacité technique à court terme.

Oui : la parole de Dieu est féconde ; elle produit ce qu'elle dit avec puissance !

 

Trois exemples récents pour nous aider à y croire, parmi des milliers d'autres.

 

J'ai accompagné un séminariste qui me racontait l'histoire de sa vocation. Avant, c'était un noceur plein d'argent, mais un noceur insatisfait. Et un jour, sur la plage, un de ses amis surfeurs lui donne une Bible, en lui disant : « tu as l'air de chercher autre chose ; lis, et tu verras bien... » N'y croyant pas, il a pris cette Bible et s'est mise le soir même à la dévorer, alors qu'il n'était pas chrétien et n'y connaissait rien. Nuit après nuit, en lisant la Bible, il se détachait  de son univers de confort facile et a commencé à suivre le Christ, en demandant d'abord la confirmation.

Oui la Bible a en elle-même une force incroyable ! Elle est par elle-même aussi puissante qu'un métal irradié qui transforme à son contact !

Les fiancés à qui je remets un évangile pour le découvrir ensemble en préparation de leur mariage en sont de vivants témoins : des textes de ce livre deviennent pour eux des paroles qui les touchent en plein coeur.

 

Deuxième exemple de l'efficacité de la parole de Dieu : vous avez peut-être entendu témoigner Alain Auderset lors d'un festival de la BD chrétienne d'Angoulême. C'est un jeune auteur (suisse) de bandes dessinées, qui a eu d’ailleurs un prix à ce festival. Il raconte qu'il n'avait jamais entendu parler de Jésus ; il n'était pas baptisé, mais un jour, adolescent, une Bible en bande dessinée lui arrive dans les mains (alors qu'elle devait aller à la poubelle je crois). Curieux, il l'ouvre, et il ne peut plus s'en détacher ! Grâce à cette version bande dessinée de la Bible, il est devenu chrétien et témoigne maintenant dans plusieurs pays grâce a ses propres BD, et grâce au récit de sa conversion...

Oui la Bible est féconde, pour peu qu'on la laisse faire son travail sur la bonne terre d'aujourd'hui...

  dessin de Alain Auderset


Troisième exemple cette fécondité de la parole : Ingrid Betencourt.

Elle n'en finit pas de raconter comment sa foi et sa prière l'ont soutenu tout au long de ces six années de captivité dans la jungle colombienne : « si je n'avais pas eu le Seigneur à mes cotés,  explique-t-elle, je ne pense pas que j'aurais réussi à grandir dans la douleur. Être otage vous place dans une situation de constante humiliation. Vous êtes victime de l'arbitraire complet, vous connaissez le plus vil de l'âme humaine. Face à cela il y a deux chemins : soi on se laisse enlaidir, on devient hargneux, vindicatif, on laisse son coeur se remplir de rancune. Soit on choisit l'autre chemin : celui que Jésus nous a montré dans l'Évangile. Ils nous demande (toujours dans l'Évangile) : « bénis ton ennemi »... C'est difficile ! Pourtant dès que je faisais l'exercice de prononcer : « bénis ton ennemi » - alors que j'avais envie de dire tout le contraire ! - c'était magique ; il y avait comme une espèce de... soulagement ».

Et Ingrid Betancourt, qui dit avoir vécu un dialogue constant avec Dieu à travers l'Évangile, conclut : « je sens qu'il y ait a eu une transformation en moi »...

 

En vous également cette transformation peut se produire, si vous laissez la Bible devenir parole de Dieu pour votre vie.

Cette parole est efficace ; bien plus : elle féconde vos actes, vos pensées, et elle vous fait porter des fruits jusqu'à 100 pour un.

« Celui qui a des oreilles qu'il entende ! »


Père Patrick BRAUD


Mt 13, 1-23
Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord du lac. Une foule immense se rassembla auprès de lui, si bien qu'il monta dans une barque où il s'assit ; toute la foule se tenait sur le rivage.
Il leur dit beaucoup de choses en paraboles : « Voici que le semeur est sorti pour semer. Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger. D'autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n'avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt parce que la terre était peu profonde. Le soleil s'étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché. D'autres grains sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés. D'autres sont tombés sur la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. Celui qui a des oreilles, qu'il entende ! »
 

par Patrick BRAUD publié dans : Homélies communauté : Communauté spirituelle
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Dimanche 6 juillet 2008

Homélie du 16ème Dimanche – Année A    

Dimanche 6 Juillet 2008

 

Le fard au joug

 

Échanger mon fardeau contre le joug du Christ : tel semble être l’un des enjeux de cet évangile.

Vous avez entendu : « venez à moi vous qui peinez sous le poids du fardeau » : on s’attend donc à ce que le Christ nous décharge de tout, pour trouver le repos. Pas du tout : « Prenez sur vous mon joug ! » Le repos promis par le Christ n’est donc pas l’absence de tout travail, c’est le passage de mon fardeau à son joug à lui.

 

Qu’est-ce que cela peut vouloir dire ?

 

Le fardeau, c’était autrefois le ballot, le paquet que l’on chargeait sur le dos d’un chameau. Par extension, c’est devenu le symbole d’une lourde préoccupation qu’on porte seul, et sans l’avoir choisi.

Le joug, c’est fort différent.

C’est la pièce de bois qui permet de lier 2 animaux - 2 bœufs le plus souvent - pour qu’ils tirent ensemble dans la même direction.

Prendre le joug du Christ, c’est donc ne plus être seul, c’est être attelé avec lui à une œuvre commune.

- D’ailleurs en français, le mot joug a donné le verbe con-juguer : conjuguer nos efforts, c’est les orienter dans la même direction grâce au joug qui les réunit.


- Homme et femme deviennent « conjoints » lorsque le mariage, tel un libre joug d’amour, les unit mieux que les bœufs du paysan qui pourtant faisaient déjà un extraordinaire travail de labour en travaillant ensemble sous le même joug…


- Les rugbymen connaissent également un appareil d’entraînement qu’on appelle le joug. Les avants répètent inlassablement l’entrée en mêlée, et la poussée collective : en se mettant ensemble sous ce joug, ils apprennent à se lier et à pousser pour une mêlée puissante. Le joug des rugbymen est ainsi symbole de l’esprit d’équipe des avants.


- Le mot a également donné le verbe : subjuguer. Au mauvais sens, c’est placer quelqu’un sous la dépendance d’un autre. Au meilleur sens du terme, être subjugué par quelqu’un c’est être prêt à travailler avec lui, à m’unir à lui pour une œuvre commune. En ce sens, oui, je n’hésiterai pas à dire que je suis subjugué par le Christ …

 

Ce joug-là est réellement léger et facile à porter, puisqu’il s’agit d’être librement et par amour associé au travail du Christ pour nous, au labour du Christ en notre humanité.

 

Voilà donc la transformation qui nous est proposée en cette eucharistie : déposez vos fardeaux au pied de l’autel, et repartez avec le joug du Christ sur vos épaules.

 

Essayez de visualiser le « fardeau » qui est actuellement le vôtre : dans votre vie familiale, professionnelle, amicale, religieuse, vos problèmes de santé, de relations… ce qui est trop lourd, ce que vous portez seul, trop seul, sans l’avoir choisi…

Essayez maintenant de le confier au Christ, d’accepter de ne plus le porter seul, mais de conjuguer vos efforts avec lui, de le laisser devenir votre « conjoint »…

 

La vieille tentation anti-chrétienne la plus fondamentale est toujours le refrain : « sauve toi toi-même ». Par 3 fois, Jésus a été tenté dans sa Passion par cette petite voix : « qu’il se sauve lui-même … ». Le joug de ce Dimanche est l’antidote à ce poison de l’auto-rédemption : non je ne veux ni ne peux me sauver moi-même. C’est en prenant sur mes épaules le joug du Christ que je trouverai ma liberté, et la force pour bouger avec lui ce qui me semblait inamovible tout seul.

 

A son arrivée sur une base militaire colombienne, juste après sa libération, le 2 juillet. | AP/Fernando VergaraÉcoutez Ingrid Bétancourt qui vient d’être libérée de son fardeau. Qu’est-ce qui lui a permis de tenir bon durant ces 6 années de captivité dans la jungle colombienne ? La Bible qu’elle avait fini par obtenir des FARC à force de les supplier. Le chapelet de chanvre noir qu’elle s’était tissé. C’est avec ce chapelet de fortune enroulé  autour de sa main qu’elle est apparue Mercredi soir sur le tarmac de l’aéroport de Bogotta. Et ses premières paroles ont été pour remercier Dieu et la Vierge. Et elle s’est agenouillée en silence, avec sa mère, dans un beau signe de croix qui a laissé les commentateurs bouche bée, ne sachant comment interpréter cette main gantée de noir ni ces deux femmes à genoux en silenc, ni ce prêtre en aube et étole qui les bénissait (cf. vidéo ci-dessous)... Ingrid a su transformer le fardeau de sa captivitié d'otage en  "joug" porté avec le Christ; et ça change tout! 

 

Regardez l’étole des prêtres (celle que Romain Houdusse a reçue dimanche dernier après l’imposition des mains) : elle n’est pas comme celle des diacres, en diagonale, symbolisant l’aumône. Elle est droite, justement en forme de joug sur les épaules du prêtre. Car par l’ordination, les prêtres prennent place sous le joug du  Christ pour porter avec lui la charge pastorale. Le ministère des prêtres n’est pas un lourd fardeau, c’est se laisser subjuguer par le Christ… !

 

 

Faites cette expérience de porter avec le Christ ce qui vous semble lourd dans votre vie.

Arrêtez de compter sur vos seules forces : c’est épuisant, souvent stérile.

Acceptez de recevoir du Christ (et des autres) par la prière, la lecture de la Bible, la vie en Église… Regardez votre travail, votre vie de famille, comme si le Christ en personne était attelé à vos côtés, épaule contre épaule, sous le même joug. Cherchez alors à faire son œuvre à lui, et non pas la vôtre ; pas même une œuvre pour lui : prenez son joug à lui ; il est léger et facile à porter. Certes "on n'est pas des boeufs": mais le joug du Christ nous est donné pour labourer avec lui. 

 

Si vous laissez ainsi le Christ transformer vos fardeaux en son joug, vous ne verrez plus vos priorités dans le même ordre ; vous relativiserez ce qui vous paraissait important ; vous découvrirez que « la foi déplace les montagnes » mieux encore que 2 bœufs déplacent la plus lourde des charrues lorsqu’ils sont sous le même joug…

 

Laissez le Christ vous subjuguer ; conjuguez vos efforts aux siens, et paradoxalement le vrai repos vous sera donné. Non pas le faux repos du farniente stérile, mais la paix du cœur de celui qui avance paisiblement, au pas du Christ qui est devenu son « conjoint »…

« Prenez sur vous le joug du Christ »…

 Père Patrick BRAUD


Mt 11, 25-30
En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté.
« Tout m'a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.
« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger. »

par Patrick BRAUD publié dans : Homélies communauté : Communauté spirituelle
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Dimanche 29 juin 2008

Homélie du Dimanche 29 Juin 2008

Saint Pierre et Saint Paul

 

Pourquoi le 29 Juin est si cher au coeur des prêtres...

 

     Le 29 Juin est une date connue et aimée d’une multitude de prêtres dans le monde… C’est en ce jour de la fête de Pierre et Paul que l’Église aime en effet ordonner ses prêtres, comme pour les enraciner dans le ministère de ces 2 apôtres.
Ainsi, 23 ans après avoir reçu l’imposition des mains de la part de mon évêque (Mgr. ROL à l’époque) et de tous les prêtres rassemblés à Cognac en l’église St Léger, j’aurai la joie à mon tour en ce Dimanche après-midi d’imposer les mains sur la tête de Romain Houdusse, à la suite de Mgr. Dagens et des prêtres présents.

 

    Pourquoi donc ordonner un 29 Juin ?

 

     La préface de cette fête nous met sur la piste : « Tu nous donnes de fêter en ce jour les deux apôtres Pierre et Paul : celui qui fut le premier à confesser la foi, et celui qui l’a mise en lumière ; Pierre qui constitua l’Église en s’adressant d’abord aux fils d’Israël, et Paul qui fit connaître aux nations l’évangile du salut. L’un et l’autre ont travaillé chacun selon sa grâce, à rassembler l’unique famille du Christ ».

     Vous avez là, dans cette préface, des éléments fondamentaux du ministère des prêtres aujourd’hui encore : rassembler, confesser la foi, la mettre en lumière, constituer l’Église, l’ouvrir aux nations…

 

·         Rassembler l’unique famille du Christ :

C’est bien ce que l’on attend des prêtres : qu’ils soient des rassembleurs !

Au-delà des clivages sociaux qui ne doivent pas avoir cours dans l’Église ; au-delà des légitimes différences de sensibilité de tous ordres, les prêtres inlassablement font retentir l’appel de Dieu à la communion.
Laissez Dieu vous initier à une vie de communion avec lui, avec vos frères, avec l’univers, avec vous-mêmes...
Le geste où culmine cette communion ecclésiale est bien sûr la communion eucharistique. Mais c’est toute la mission des prêtres que de faire en sorte que les gens se parlent, se pardonnent, apprennent à  s’aimer d’avantage…

Rassembler l’unique famille du Christ…

 

·         Confesser la foi : comme Pierre qui se jette à l’eau pour proclamer « Tu es le Messie », alors même qu’il ne saisit pas encore tout ce que cela veut dire, et notamment la Croix.

Les prêtres initient à la foi de l’Église, pour que les baptisés se laissent porter par cette foi, cette confiance en un Dieu communion d’amour, Père Fils et Esprit. Cela passe par la catéchèse, à tout âge de la vie (des petits-enfants aux personnes âgées en passant par les fiancés, les adolescents…).

Confesser la foi de l’Église...

 

·         Mettre cette foi en lumière : comme Paul qui met son immense culture juive et romaine au service de la foi. Paul débat, argumente, explicite, dénonce les dérives dangereuses…

C’est lui qui met en lumière la primauté de la grâce sur les œuvres, de l’Esprit sur la lettre de la loi, de l’amour sur tous les autres charismes.

Mettre en lumière la pertinence de la foi pour aujourd’hui : pour les prêtres cela passe par le ministère de l’homélie du Dimanche, mais aussi par l’écriture de livres, la prédication de retraites, la participation aux débats contemporains dans les médias contemporains (radios, Internet, université, etc…).

 

·         Constituer l’Église : la passion des prêtres, c’est de servir l’engendrement du corps du Christ à travers tout cela.

Tels des sages-femmes (Paul se compare souvent à un accoucheur !), ils guettent les signes d’une nouvelle naissance possible chez chacun, ils accompagnent l’émergence de nouvelles manières de vivre en Église ; ils « constituent » cette Église en célébrant les sacrements, en créant des équipes de chrétiens, en appelant chacun à devenir responsable dans sa communauté.
Constituer l’Église…

 

·         Ouvrir cette Église aux nations : Pierre a admis le centurion romain Corneille au baptême ; il a reconnu que « l’Esprit saint ouvre les portes de la foi aux païens ».

Paul a sillonné la Méditerranée jusqu’à l’Europe, pour maintenir grandes ouvertes ces portes de l’Église à toutes les cultures, langues, peuples et nations.
Ce souci de l’ouverture à l’universel, à la « catholicité » de l’Église, anime toujours le ministère des prêtres. Empêcher une Église locale de se refermer sur elle-même, la mettre en communion avec la grande Église de tous les temps et de toutes les cultures : c’est cela la tradition vivante. Les prêtres y participent, à leur manière, en maintenant ouvertes ces portes que l’Esprit a déverrouillées et par lesquelles il nous donne des catéchumènes venus d’ailleurs…



Rassembler, confesser la foi, la mettre en lumière, constituer l’Église, l’ouvrir aux nations…

Voilà pourquoi le ministère des prêtres nous est si précieux.

Voilà pourquoi il est vital de recevoir le nouveau prêtre ordonné aujourd’hui.

 

Car il s’agit bien de recevoir Romain HOUDUSSE comme prêtre.

Quand l’Église reçoit un prêtre, c’est qu’elle reconnaît en lui un don de Dieu.

Quand elle l’ordonne, c’est pour, à son tour, le donner au monde.

Selon la belle théologie du ministère de Saint Paul : « Et les dons que Dieu a faits aux hommes, ce sont des apôtres, des prophètes, des évangélistes, des pasteurs et catéchètes, afin de mettre les saints en état d'accomplir le ministère pour bâtir le corps du Christ... » (Ep 4,11)

Les ministres ordonnés ne sont donc pas des gens privilégiés ou supérieurs, mais des personnes données à toute l’Église pour qu’elle devienne elle-même.

 

En ordonnant Romain ce 29 Juin, puissions-nous apprendre toujours davantage à nous recevoir les uns les autres, quelque soit notre vocation, comme de vrais cadeaux que Dieu nous fait pour « accomplir le ministère » de l’Église.

 

C’est d’ailleurs l’un des enjeux spirituels des nominations à venir : recevoir sa mission d’un autre, se recevoir ensemble de Celui qui est la source de toute vie.

 

Bienvenue à toi, Romain, dans le grand corps des prêtres diocésains !

 

P. Patrick BRAUD


Mt 16, 13-19
Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe, et il demandait à ses disciples : « Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? » Ils répondirent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou l'un des prophètes. » Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

par Patrick BRAUD publié dans : Homélies communauté : Communauté spirituelle
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